COURRIER "Philosophes et intellectuels"

Le 21 octobre 2009


Objet :

« Le choix du "Mal" ! »

                                        

                              
Monsieur Antoine Compagnon

Aux bons soins de France Culture

Direction et Rédaction

116, avenue du Président Kennedy

75016 PARIS

                                                                                   

[A l'attention d'Alain Finkielkraut, Abdelwahab Meddeb, Alain-Gérard Slama, Alexandre Adler, Ali Baddou, Anthony Bellanger, Caroline Fourest, Clémentine Autain, Corinne Lepage, Marc Kravetz, Marcel Gauchet, Mireille Delmas-Marty, Olivier Duhamel, Pierre Rosanvallon et Ruth Stegassy]

 

Monsieur,

 

Je ne peux laisser passer sans réagir très vivement votre intervention du 16 courant sur France Culture, visant à présenter votre livre « Le cas Bernard Faÿ » en revenant sur des faits remontant bientôt à soixante-dix ans, mais qui n’en témoignent pas moins des mensonges de la superstition moraliste dans ses condamnations moralisatrices toujours uniquement fondées sur les fictions du penser superstitieux humain en la matière, notamment celle de Bien  et de Mal soi-disant absolus – et en d’autres, assurément !

 

Toutefois, avant de développer mon argumentation sur le fond, je tiens à souligner que les collaborateurs occasionnels ou non de France Culture, nommément désignés ici, ne figurent pas sans raison en exergue. En effet, à l’exception de trois d’entre eux qui n’étaient pas directement destinataires de mon courrier, mais seulement invités à débattre, tous ont préféré jusqu’ici ignorer les arguments intellectuellement et philosophiquement étayés pour dénoncer la Superstition dans ses divers modes d’expression : religion, métaphysique matérialiste, ou scientisme, et scolastique idéaliste, ou spiritualisme, idéologie et moralisme.

 

Toute cette correspondance est à votre disposition, notamment mes lettres adressées à la Direction et à la rédaction de France Culture les 1er juillet 2007 et 13 mai 2009, qui avaient respectivement pour objet : J’ACCUSE : « Assez de mensonges et de manipulation ! » et : J’ACCUSE [BIS] : « Assez de mensonges, de manipulation, de lâcheté et de "débilité intellectuelle" ! », sans oublier mon courrier d’une trentaine de pages, adressé en envoi recommandé avec accusé de réception à Nicolas Sarkozy le 18 septembre 2008, sous l’intitulé « Philosophie, euthanasie et "débilité intellectuelle" » - à ce jour, toutefois, seul le récépissé officiel de l’Élysée tient lieu d’argumentation contraire !

                                                                            

Bien entendu, le silence et le refus avéré de débattre de France Culture ne font que confirmer la justesse de mes propos - sinon il est encore temps pour les personnes concernées d’avancer leurs éventuelles objections et argumentation de fond  sur des points très précis de désaccord ! D’ici-là, France Culture continuera à dispenser, à longueur d’antenne, ses leçons de morale aux Autres, sans avoir apparemment rien à objecter sur le fond pour établir, voire démontrer, la fausseté de la Parole de mystiques authentiques (le Bouddha et le Christ, entre autres) et de « vrais » philosophes de l’UN absolu (Platon, Giordano Bruno, Spinoza et le philosophe juif allemand Constantin Brunner (1862-1937), leur héritier spirituel) sur laquelle je fonde mon argumentation.

 

Certes, France Culture n’est pas seul à colporter les mensonges et les « croyances au miracle » du penser superstitieux sous toutes ses formes, ainsi que l’atteste le texte annexé, Mensonges et lâcheté des élites, dans lequel je dénonce nommément les soi-disant « élites » de l’époque, tous milieux confondus [Médias, responsables politiques, intelligentsia (prétendus intellectuels ou pseudo-philosophes) et associations moralisatrices à sens unique, adeptes du « deux poids, deux mesures »].

 

Pour preuve de ce que j’avance dans l’indifférence générale et leur silence complice, je souligne que j’attends toujours la réponse du quotidien Le Monde à ma lettre du 7 août dernier, dans laquelle je mettais au défi tous les faiseurs d’opinion d’aujourd’hui de refaire publiquement - la télévision y pourvoirait largement - le procès de Spinoza sur sa seule pensée philosophique. Elle suffit en effet à invalider toutes les sornettes de la religion, toutes religions confondues (monothéistes ou non), et ainsi à mettre fin aux condamnations moralisatrices fondées sur le penser religieux superstitieux, en particulier aux accusations d’ « islamophobie » et de « stigmatisation de l’islam », qui rendent notre époque tout aussi obscurantiste que toutes celles qui l’ont précédée - sinon plus, ne serait-ce qu’en raison de l’immense pouvoir de manipulation de masse, à portée planétaire, des faiseurs d’opinion contemporains, ainsi qu’il en va pour le catéchisme soi-disant universel contemporain et pour l’ « arnaque » scientiste faisant croire aux humains du XXIe siècle qu’ils seraient en mesure de régler le climat de la planète - à leur convenance ! - pour l’éternité ! ! !

 

Evidemment, en matière de religion, il n’est interdit à personne ni à vous-même de démontrer le contraire « sur le fond », c’est-à-dire sur les dogmes religieux. A défaut, toutefois, comme c’est le cas jusqu’ici, tout silence ou refus de débattre manifeste l’intention délibérée de continuer à colporter les mensonges et les « croyances au miracle » de la superstition religieuse en général, et de la superstition musulmane en particulier, telle que dénoncée par Spinoza en son temps, et sans ménagement par Claude Lévi-Strauss à son époque – comme le nouvel Observateur m’en a donné quitus sous l’intitulé « Spinoza et Claude Lévi-Strauss contre l’islam  » !

 

Néanmoins, je n’entends pas reprendre ici l’intégralité de l’argumentation avancée depuis plus de dix ans dans des centaines de lettres adressées à des dizaines de faiseurs d’opinion, notoirement connus, pour les inviter à prendre part au seul et unique véritable débat d’idées, à savoir celui qui ne consiste pas à opposer, « à l’infini », des points de vue relatifs partisans à d’autres, tout aussi relatifs et partisans, mais à les confronter, TOUS sans exception, à LA Vérité éternelle absolue, laquelle suffit à tous les invalider dans leur prétention à exprimer l’Absolu, la réalité ou Vérité absolue.

 

Ce véritable débat d’idées présente en outre l’immense avantage de récuser aux menteurs le droit de s’auto-arroger le « monopole de la vertu » au prétexte qu’ils font croire fallacieusement en leur prétendu pouvoir de transposer l’Idéal dans le quotidienDEMAIN, certes, mais toujours DEMAIN et seulement DEMAIN, à la saint Glinglin ! Vous avez dit « débilité intellectuelle » ? ! OUI, comme il en va toujours ainsi, lorsque la Foi, la « croyance au miracle », prend le pas sur la Raison ! ! !

 

Pour résumer d’un mot ce qu’il faut entendre par « Superstition », et qui s’applique à tous ses modes d’expression, j’emprunte à Brunner le leitmotiv de son combat contre le penser superstitieux, à savoir qu’il se caractérise par l’ « absolutisation » fictive du relatif. Ce tour de passe-passe, intellectuellement malhonnête et philosophiquement aberrant, consiste à donner mensongèrement pour absolu, pour réalité ou Vérité absolue, le contenu pensé seulement « relatif » forgé dans et sur (à propos de) notre monde – sauf à vous-même ou à quiconque, évidemment, de démontrer le contraire dans un monde où TOUT est relatif, et RIEN n’est absolu !

 

Cette constatation indéniable, mais il ne vous est pas interdit de l’infirmer par démonstration, me suffit pour dénoncer les mensonges de la superstition moraliste, tous catéchismes réunis, y compris le catéchisme soi-disant planétaire contemporain, ou Déclaration universelle des droits de l’Homme, dont seule l’inobservation est réellement universelle - sauf à vous-même ou à quiconque, évidemment, de démontrer le contraire à l’aune du devenir du monde depuis plus de six décennies : jusqu’ici, aucune des soi-disant « élites » dénoncées n’a osé s’y essayer, et pour cause !

 

D’ailleurs, ce ne sont pas vos propos au cours de l’émission, qui apporteront un démenti à ma condamnation catégorique des fictions du moralisme [Morale et condamnations moralisatrices des Autres au nom de LA Morale : LAQUELLE ? !] - bien au contraire ! En effet, j’emprunte l’objet de ce courrier à votre remarque parlant d’un prétendu libre « choix du Mal », par quoi vous entendez certainement le Mal absolu – sauf à vous-même, évidemment, d’apporter la preuve du contraire !

 

Comme vous trouverez, dans le texte annexé, mes arguments rejetant la fiction de Bien et Mal absolus, je me borne, ici, à rappeler ce mot de Spinoza, qui suffit à établir la « relativité » de  toutes nos valeurs, qu’elles soient religieuses, morales, républicaines, ou autres. Il écrit, en effet :

 

« Nous ne désirons pas une chose parce qu’elle est bonne (absolument bonne, ou bonne « en soi »), c’est parce que nous la désirons que nous la jugeons bonne. »

 

En conséquence, sauf à confondre sciemment l’Idéal « en soi » avec nos conceptions subjectives, donc relatives mais fictivement élevées à un Idéal à jamais « inconnaissable en soi » - sauf, évidemment, pour les vertueux qui jugent et condamnent en son nom ! -, je vous laisse le soin d’établir la fausseté de ce propos spinoziste en démontrant la possible coexistence de « deux » absolus, car, philosophiquement parlant, deux absolus, c’est une « impossibilité absolue » par définition, ainsi que démontré more geometrico dans Éthique I.

 

Faute d’y parvenir, ce serait donc seulement sur fondement de penser superstitieux, celui de la religion et du moralisme en l’occurrence, voire de l’idéologie, que vous condamnez moralement les Autres en général, et Bernard Faÿ en particulier. Ainsi, sur ces croyances superstitieuses, puisqu’absolutisant des valeurs à jamais relatives dans le temps et dans l’espace, vous en venez à établir qu’il y aurait réellement « deux » sortes d’humains par nature : ceux qui sont censés faire toujours le « choix du Bien » - par « élection divine », sûrement ! -, à savoir les bons, les « vertueux », les soi-disant antiracistes aujourd’hui, nous, et ceux qui font toujours le « choix du Mal » : les mauvais, les « salauds », les exclusivement racistes, eux, suppôts du Diable, de toute éternité.

 

A l’encontre de cette division artificielle mensongère des humains, je me borne à affirmer qu’il n’y a pas les bons et les mauvais par nature, mais seulement des individus égoïstes, TOUS sans  aucune exception - sinon, par quel miracle de la Nature en faveur des heureux élus du Bien ? En vérité, notre égoïsme inné n’est que notre désir premier de vivre le plus longtemps et le mieux possible, c’est-à-dire en se gratifiant autant que faire se peut dans nos affaires d’amour, quel qu’en soit l’objet, de possession de biens et de personnes - d’où l’importance de l’argent comme instrument d’échange - et de gloire ou honneur-vanité (d’ego), à travers la recherche de distinctions, de titres et de médailles de toutes sortes (civils, militaires, professionnels, culturels, artistiques, académiques, sportifs, etc., etc.)      

 

En conséquence, contrairement aux mensonges colportés sur la fable des bons et des mauvais, pourtant dénoncée sans ambiguïté voici bientôt deux mille ans, chacun se comporte - relativement parlant -, tantôt bien, tantôt mal, selon les circonstances et l’intensité de ses aspirations ou intérêts égoïstes, individuels ou collectifs, ainsi que l’atteste le comportement courageux de Bernard Faÿ durant la guerre 1914-1918, au cours de laquelle il reçut la Croix de guerre à Verdun en août 1917.

 

Une preuve, s’il en est, que les censeurs autoproclamés sont loin d’être les « vertueux » qu’ils prétendent, car leurs condamnations moralisatrices partisanes ne sont rien d’autre, selon l’expression de Spinoza, que des vérités « partielles et mutilées » au gré de ce qui conforte ou contrarie leurs intérêts égoïstes de toutes sortes – pas de quoi, par conséquent, venir donner des leçons de morale aux Autres, sauf à eux, évidemment, d’apporter la preuve qu’ils agissent toujours bien, alors que l’actualité établit le contraire !

 

C’est pourquoi, lorsque vous vous posez la question, au sujet de Bernard Faÿ, de savoir « comment il est possible d’être un grand écrivain et un salaud », je vous rétorque : « Comment peut-on être, à la fois, moralisateur public et salaud ? », ce qui est précisément le cas des donneurs de leçons de morale aux Autres. Forcément, ils ne sont pas meilleurs que les Autres, qu’ils jugent et condamnent, puisqu’il n’y a pas, il n’y a jamais eu et il n’y aura jamais, d’individus ni de groupes d’individus, « TOUS » critères d’appartenance confondus, réellement irréprochables. Face à l’Idéal, en effet, « CHACUN » est forcément coupable, coupable de crime de lèse-Idéal - alors, Messieurs les censeurs, merci de vous regarder dans votre miroir et de balayer devant votre porte ! Ressasser et appliquer votre devise favorite « Je suis vertueux, donc je condamne. » - à moins que ne soit l’inverse ! – ne vous transforme pas ipso facto en « vertueux », car même la méthode Coué n’y suffit pas - sauf aux yeux de ceux qui ont des œillères, précisément ! ! !  

 

A l’appui de mes propos, je me borne à souligner, au cas où vous l’ignoreriez, que des juifs ont dénoncé d’autres juifs pendant la Shoah, les envoyant ainsi sciemment dans les camps d’extermination nazis – et qu’ils fussent des juifs étrangers en France, ne retire rien à l’ignominie de leur dénonciation, en tout point semblable à d’autres pour des raisons tout aussi égoïstes ! Il en va ainsi aujourd’hui pour tous les autres donneurs de leçons de morale en matière de discrimination, car, sans mauvais jeu de mots, là aussi personne n’est tout blanc ou tout noir, et les censeurs sont en tout point semblables à ceux qu’ils condamnent, ainsi qu’une infinité d’exemples permettrait de l’illustrer.

 

Je termine par la troisième fiction du moralisme, avancée par les « vertueux » pour faire culpabiliser les Autres. Ils prétendent, en effet, que nous avons le libre choix - un soi-disant « libre arbitre » - de bien agir, moralement parlant, en toutes circonstances - fut-ce en cas de danger de mort ! En conséquence, il en résulte a contrario que nous faisons volontairement le choix du Mal, puisque nous avions la possibilité de faire librement celui du Bien. 
 

Avant d’entrer plus avant dans le débat proprement moral, moralisateur, j’entends d’abord établir que notre prétendu « libre arbitre », fut-il supposé être notre boussole du Bien et du Mal, n’est, de toute éternité, qu’une illusion de notre entendement. Ainsi, contrairement à la superstitieuse croyance populaire, il ne suffit pas de vouloir pour pouvoir, comme une infinité d’exemples de l’actualité nationale ou internationale peut servir à l’illustrer, et notamment les conflits en cours au Proche et Moyen-Orient, au Darfour, en République démocratique du Cogo, la crise économique et financière mondiale, la prétendue moralisation du capitalisme, la situation du chômage, sans oublier la misère et la famine  dans le monde toujours d'actualité - malgré notre libre volonté de les éradiquer !

 

En réalité, TOUT ce qui advient dans notre monde (phénomènes naturels, évènements historiques, actions de groupes et actes individuels), ne dépend nullement de notre soi-disant volonté libre, sinon les problèmes quotidiens du monde seraient aussitôt résolus comme par enchantement. Or il suffit déjà de constater que notre soi-disant libre volonté s’oppose constamment au libre arbitre des Autres, ce qui est amplement suffisant pour que les choses ne se passent pas comme nous le voudrions, ainsi que Barack Obama en fera l’expérience avec son « Yes, we can » - John McCain aussi voulait être président des Etats-Unis, mais son libre arbitre n’a pourtant pas suffi !

 


D’autre part, croire qu’il suffirait de vouloir pour pouvoir, c’est se prendre pour Dieu, ou toute autre cause première du devenir du monde. Nous serions ainsi le premier maillon - « non déterminé » - de la chaîne causale infinie, alors que, en vérité, nous sommes soumis à l’enchaînement infini de l’infinité des causes et des effets induits par le mouvement perpétuel de notre univers, un mouvement qui est l’Unique cause de l’incessante transformation des choses de notre monde.

Cependant, il n’est pas interdit aux tenants du « refus du fatalisme » de démontrer le contraire, voire de tenter d’arrêter le mouvement universel pour mettre fin aux continuels changements de notre monde et des choses qui le constituent, à commencer par les êtres humains !

 

J’en viens aux conséquences concrètes du moralisme et de ses fictions, qui conduisent les uns, sur fondement de « libre arbitre » à s’attribuer le seul mérite de leurs réussites, puisqu’ils voulaient, et à blâmer les Autres pour leurs échecs, car il leur suffisait de vouloir pour réussir – vous avez dit « débilité intellectuelle » ? !  

 

Ces mêmes fictions moralistes conduisent également les censeurs, les donneurs de leçons de morale, à reprocher aux Autres ce qu’eux-mêmes ont fait hier, et referont demain à la première occasion où leurs intérêts égoïstes de toutes sortes l’exigeront, comme la pratique du « recours aux ordonnances » par des tendances politiques opposées l’a suffisamment établi.

 

Il en va également ainsi en matière de discrimination, où les uns reprochent aux Autres l’esclavage des siècles passés, en un temps où eux-mêmes le pratiquaient déjà, et pire,  alors qu’il se perpétue aujourd’hui même en pays musulmans, comme Malek Chebel l’a dénoncé sans ambiguïté dans son livre, L’esclavage en terre d’islam. Et que dire de ces soi-disant « vertueux » antiracistes, qui condamnent les Autres pour une forme spécifique de discrimination, alors que leurs congénères pratiquent ouvertement chez eux le sexisme et l’homophobie, voire le racisme stricto sensu envers d’autres communautés, ici même.

 

Enfin, pour ce qui est de la pratique du « deux poids, deux mesures » des moralisateurs, vous n’y échappez pas davantage avec « le cas Bernard Faÿ ». Vous lui reprochez, en effet, d’avoir fait le « choix du Mal » et d’être ainsi un salaud, mais, sauf ignorance ou erreur de ma part, je ne pense pas vous avoir entendu dénoncer, avant Pierre Péan, une personnalité beaucoup plus importante que Bernard Faÿ, puisque devenue ensuite président de la République française, malgré un passé vichyste et une francisque avérée.

Et par ailleurs, puisque vous avez évoqué cette question au cours de l’émission, François Mitterrand était trop intelligent pour avoir ignoré, en 1943, que la défaite du nazisme était scellée, et ce n’est donc peut-être pas sans raison qu’il a fait partie de ces résistants de 1944, faisant ainsi oublier la poignée de main à un dignitaire nazi, alors qu’il était au service du maréchal Pétain – les « vertueux » des années 80-90 avaient même oublié qu’il était aussi l’auteur, dans les années 50, du propos : « L’Algérie, c’est la France » !


C’est ce même « deux poids, deux mesures », qui vient d’être mis en évidence dans la condamnation moralisante de Frédéric Mitterrand par Benoît Hamon, oubliant curieusement le livre de Daniel Cohn-Bendit faisant l’apologie de la pédophilie pratiquée dans ses années de jeunesse, comme l’a rappelé imprudemment François Bayrou dans une émission télévisée de France 2, quelques jours avant le scrutin électoral européen de juin dernier. De quoi justifier ce propos de l'ancien président, selon lequel : «Un ami reste un ami... quoi qu'il fasse et quoi qu'il ait fait !» 

En conclusion, face à tant de contradictions autour du penser superstitieux sous toutes ses formes, je ne peux que vous inviter à faire part de vos éventuelles objections, intellectuellement et philosophiquement étayées, sur des points très précis de désaccord. A défaut, comme déjà dit, vous manifesteriez votre intention délibérée de continuer à colporter les mensonges et les « croyances au miracle » de notre monde contemporain.

 

Je vous remercie de votre attention et vous prie d’agréer, Monsieur, mes salutations distinguées.

                                              

 Annexe : Mensonges et lâcheté des élites

 

 

 

    

 

                                      

En réponse à ma longue lettre du 8 mars dernier, ayant pour objet, « "SACRÉ" : le "VRAI" et le faux », à laquelle était jointe mon courrier du 18 septembre 2008 à Nicolas Sarkozy, « Philosophie, euthanasie et "débilité intellectuelle" », j'ai enfin reçu une brève réponse manuscrite de Régis Debray en provenance de l'Association Médium, la revue trimestrielle qu'il dirige, et dans laquelle il m'écrit :

 

Cher monsieur,

 

Aucun refus de débattre, votre lettre m'est parvenue bien tard, via un éditeur aux stagiaires débordés (celle du 19 mai, pas l'autre). Je ne crois pas au miracle et n'ai jamais mêlé l'absolu aux affaires politiques, où je pratique un relativisme plutôt débonnaire.

 

J'explique cela dans cinq ou six ouvrages, dont « Supplique aux progressistes du XXIème siècle » (Gallimard) et n'ai guère le temps de recopier ici l'argumentation demandée.

 

Respectueusement vôtre,

 

Régis Debray

Ce qui est curieux avec tous ces « faux penseurs », qui font aujourd'hui l'opinion, c'est qu'ils n'ont jamais le temps, comme l'a également prétexté Michel Onfray pour ne pas avoir à répondre sur le fond, ou bien ils vous renoient toujours à leurs ouvrages,
à l'exemple de François Bayrou en un temps où il me répondait sur l'islam et l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne, tout en me recommandant la lecture de son livre sur Henri IV, "Ils portaient l'écharpe blanche", les premiers siècles de la réforme", en souvenir des conflits religieux de ce temps-là, mais sans me faire connaître pour autant son point de vue personnel et ses objections éventuelles.


Je préfèrerais nettement qu'ils répondent directement à mes accusations argumentées contre le penser superstitieux, qu'il soit religieux, idéologique ou moraliste, en soulevant leurs légitimes objections, pourvu qu'elles soient intellectuellement et philosophiquement étayées, et pas de simples affirmations non fondées.

Au vu de la brève carte de Régis Debray,
je retiens néanmoins qu'  « il n'a jamais mêlé l'absolu aux affaires politiques », et c'est là précisément que le bât blesse, d'autant qu'il ajoute «où je pratique un relativisme plutôt débonnaire.»

Il ne m'en faut pas davantage pour établir que « pratiquer le relativisme, sans jamais mêler l'absolu », c'est la meilleure des manières de conforter le penser superstitieux, entre autre idéologique. En effet, comme je l'écris sans cesse, le débat est biaisé puisque le « véritable » débat d'idées ne consiste pas à opposer, « à l'infini », des points de vue relatifs partisans à d'autres, tout aussi relatifs et partisans, mais à les confronter, tous sans exception, à l'Absolu, réalité ou Vérité absolue.

 

Elle seule est en mesure d'invalider tous les points de vue relatifs partisans des religions, des conceptions métaphysiques matérialistes ou idéalistes, des idéologies et des morales dans leur prétention à exprimer l'absolu véritable - eux, les menteurs, n'expriment jamais qu'un « absolu fictif », lequel n'est rien d'autre que le  penser relatif, mensongèrement érigé en absolu, ou élevé à l'Idéal !

 

C'est pourquoi, ne pouvant me satisfaire de la réponse de Régis Debray, je décidai de relancer le débat avec un premier courriel, posté le 13 courant à 13 :34, dont le texte suit :

 

Monsieur,


J'accuse réception de votre courrier du 8 courant et vous en remercie, tout en regrettant vivement que vous "bottiez en touche" sur le fond.


Quelles que soient les raisons de votre refus de débattre, il n'en constitue pas moins, en effet, un frein à la lutte contre la Superstition sous toutes ses formes (religion, métaphysique matérialiste ou idéaliste, idéologie et moralisme).


En conséquence, ce manque de débat contribue grandement à la diffusion des mensonges et des "croyances au miracle" du monde, notamment en matière d'idéologie et de moralisme, où l'on peut impunément, mais non moins mensongèrement, promettre un "ordre juste", et surtout faire culpabiliser les Autres pour en tirer profit en restreignant la liberté d'expression, dès qu'elle contrarie des intérêts égoïstes de toutes sortes, individuels et collectifs, ainsi qu'il en va de ceux des groupes communautaristes, aujourd'hui.


Certes, c'est le fonds de commerce électoral de la gauche, mais ceci n'est pas une raison suffisante pour manipuler et tromper sciemment l'opinion ; d'autant moins, que les manipulateurs, les marchands d'espoir en général, viennent de constater à leurs dépens que ce n'est pas, un gage de succès dans les urnes, pas plus que l'antisarkozysme primaire.


En conclusion, j'estime que lorsque l'on est considéré par l'opinion, à juste titre ou non, comme un "philosophe", la moindre des choses est de ne pas se cacher derrière son petit doigt, sauf à manifester son intention délibérée de continuer à colporter les mensonges et les "croyances au miracle" du monde, comme depuis les temps les plus reculés.


A défaut de débattre, il ne vous est pas interdit d'écrire des livres dénonçant la Superstition dans ses divers modes d'expression - je suis d'autant moins susceptible que la pensée philosophique de Spinoza et Brunner ne m'appartient pas !


Je vous remercie de votre attention et vous prie d'agréer, Monsieur, mes salutations distinguées.


Pris d'un doute quant à la date de la lettre réellement lue, j'adressai un nouveau courriel à Régis Debray, posté le 14 courant à 16:25, dont le contenu est le suivant :


Monsieur,

Je constate, après avoir lu votre carte du 8 courant, que je vous ai peut-être répondu trop rapidement.

En effet,  en la relisant, je m'aperçois que vous ne semblez pas avoir reçu ma lettre du 8 mars dernier, pourtant adressée en envoi recommandé avec accusé de réception aux Editions Gallimard, de sorte que vous n'avez pas pu saisir le ton agressif de ma lettre du 19 mai, justifié par votre silence, et je vous prie de bien vouloir m'en excuser.  


En conséquence, je juge utile de vous la faire parvenir à nouveau ainsi que ma lettre du 18 septembre 2008 à Nicolas Sarkozy, et celle du 13 mai dernier à France Culture, accompagnée du texte, Mensonges et lâcheté des élites, expliquant pourquoi j'enrage contre tous ceux qui refusent de débattre, en faisant ainsi le jeu du penser superstitieux dans ses divers modes d'expression.


J'espère que ceci vous permettra de me faire connaître vos éventuelles objections, intellectuellement et philosophiquement étayées, avec l'intention d'en tirer parti pour éviter de continuer à manipuler et à tromper l'opinion.


Je vous remercie de votre attention et vous prie d'agréer, Monsieur, mes salutations distinguées.


Annexe   - Lettre du 8 mars 2009

              - Lettre du 18 septembre 2008 à Nicolas Sarkozy
              - Lettre du 13 mai 2009 à France Culture
              - Texte, Mensonges et lâcheté des élites
              - Texte, A propos de vraie philosophie


La balle est donc dans le camp de Régis Debray, et je verrai bien à l'usage si le défenseur implicite de l' « ordre juste », comme son accolade publique à Ségolène Royal n'en laisse pas douter, est réellement un philosophe, ou un « philosopheur », en m'apportant, ou non, des arguments intellectuels et philosophiques à l'appui d'une thèse prétendant ériger en absolu, ou élever à l'Idéal  quoi que ce soit de notre monde humain - fut-ce un « ordre juste » ! A défaut de réponse, bien entendu, il justifierait pleinement l'objet de ce texte, et je manquerai donc pas de le lui faire savoir...


[Les défauts de présentation constatés après publication sont indépendants de ma volonté]
                    

 

 

 

                       

 

 

 

 

 

 

 

 

Le 19 mai 2009

 

Objet :

« Désirs d'avenir d'un "philosopheur" »

 

Monsieur Régis Debray

Aux bons soins des

Editions Gallimard

5, rue Sébastien Bottin
75328 Paris cedex 07

                                                                                      
Monsieur,

 
Un entrefilet de l'hebdomadaire Le Point (n°1913 du 14 mai 2009), intitulé « DEBRAY-ROYAL Petit moment de fraternité », et vous montrant en photo pendant un « moment-fraternité » avec la grande prêtresse planétaire de l' « ordre juste », soi-disant, me fournit une excellente occasion de vous rappeler ma lettre du 8 mars dernier, adressée en envoi recommandé avec accusé de réception aux Editions Gallimard à votre intention, mais toujours sans réponse à ce jour - hormis le récépissé postal !

 

Dans ce courrier comprenant également ma lettre du 18 septembre dernier à Nicolas Sarkozy, et encore à votre disposition, je dénonçai les mensonges et les « croyances au miracle » du penser superstitieux humain dans ses divers modes d'expression, tels qu'ils existent encore aujourd'hui, à savoir la religion, toutes religions confondues (monothéistes ou non), la métaphysique, ou pseudo-philosophie à deux absolus du Matérialisme et de l'Idéalisme, l'idéologie, toutes les idéologies sans exception (illusion altermondialiste et ordre juste inclus) et le moralisme [Morale et condamnations moralisatrices des Autres au nom de LA Morale - LAQUELLE ?], tous catéchismes réunis, y compris le catéchisme soi-disant universel contemporain, ou Déclaration universelle des droits de l'Homme de 1948 - quasi parfait recueil de vœux pieux, sauf à vous-même ou à quiconque, évidemment, de démontrer le contraire à l'aune du devenir du monde depuis six décennies, au Proche-Orient par exemple !

 

Au vu de votre silence et de votre refus de débattre, auxquels je suis bien obligé d'associer votre soutien public à Ségolène Royal, ce qui est par ailleurs votre droit le plus légitime, je suis néanmoins contraint de vous dire, comme cela figurait en conclusion du courrier précédent, que vous manifestez ainsi votre intention délibérée de continuer à colporter les mensonges et les « croyances au miracle » du monde. Ceci suffit amplement à établir que vous êtes seulement un « philosopheur » pas encore revenu de ses illusions de jeunesse, comme je le pensai, et donc pas un véritable philosophe - il vous reste toutefois la possibilité de démontrer le contraire, si vous en avez le courage intellectuel, et surtout les arguments adéquats ! ! !

 

D'ici-là, comme je n'entends pas reprendre ici l'intégralité des arguments amplement exposés, dans une lettre de six pages, pour dénoncer toutes les formes de la Superstition, je me borne à rappeler que vous tombez, tout au moins pour ce qui concerne l'idéologie, dans le péché capital de l'entendement humain, qui consiste à « absolutiser le relatif », en l'occurrence à promettre de transposer l'Idéal dans le quotidien - un mensonge tellement grave que la planète crève de ses « croyances au miracle », qui s'opposent entre elles à l'infini, sans jamais oser les confronter à l'Absolu, à LA Vérité absolue.


Ceci a pour conséquence d'opposer mutuellement les « croyants aux miracles » des religions et des idéologies sans aucun espoir d'apaisement, puisque TOUS, « absolutisant leurs opinions seulement relatives », croient détenir LA Vérité absolue - comme si celle-ci pouvait être « TOUT et son contraire !

 

Dans l'attente de vos éventuelles objections, intellectuellement et philosophiquement étayées,en réponse à ce courrier et surtout au précédent, je vous remercie de votre attention et vous prie d'agréer, Monsieur, mes salutations distinguées.

 

                                                     

 

Le 6 mars 2009

Objet :

« "SACRÉ" : le "VRAI" et le faux »

 
Monsieur Régis Debray

Aux bons soins des

Editions Gallimard

5, rue Sébastien Bottin
75328 Paris cedex 07

Fax : 01.45.44.94.03

  

Monsieur,

La publication de votre ouvrage, Le moment fraternité, ainsi que l'entretien accordé à Elisabeth Lévy, publié dans l'hebdomadaire Le Point (Cf. n°1902 du 26 février 2009) sous l'intitulé « le sacré repousse tout seul », et votre intervention dans « Les matins » de France Culture me donnent une excellente occasion de prendre contact avec vous, comme j'en avais déjà eu maintes fois l'intention depuis bien longtemps.

 

En effet, un ancien révolutionnaire, de surcroît ex-guérillero du mythique Che Guevara, capable de déclarer publiquement - certes, bien des années plus tard, et après être revenu d'illusions romanesques de jeunesse ! - à la face des moralisateurs de tout poil : « Entre le fascisme et le bordel organisé, il y a un juste milieu ! » [LCI, Edwy Plenel, « Le mondes des idées »], ne pouvait pas être, forcément,  tout à fait semblable à ces soi-disant « élites » de l'époque, qui font aujourd'hui l'opinion - d'où mon désir ancien de vous interpeller.

 

La raison fondamentale en est que tous ces confectionneurs de « prêt à penser », tous milieux confondus [Médias, responsables politiques, intelligentsia (prétendus intellectuels ou pseudo-philosophes) et associations droits-de-l'hommiste], loin d'apporter LA Vérité éternelle absolue, trompent et manipulent l'opinion, en colportant sans cesse les mensonges, les « croyances au miracle » et autres voeux pieux de la Superstition dans ses divers modes d'expression, sans avoir ni le courage ni l'honnêteté intellectuelle de débattre sur le fond - c'est pourtant, et seulement, sur de telles croyances superstitieuses que notre monde, dit moderne, continue de fonctionner comme aux pires époques obscurantistes !

 

C'est pourquoi, après avoir contacté nommément, mais vainement, tous ces faiseurs d'opinion, leurs noms figurent dans le document annexé, Mensonges et lâcheté des élites, dont le principal mérite, du seul fait de n'avoir été contesté sur le fond par personne jusqu'ici, est d'attester la réalité des mensonges du monde, résultat du penser superstitieux de notre entendement.

 

Ce penser superstitieux s'exprime dans la religion, toutes religions confondues - monothéistes ou non -, dans la métaphysique (Doctrine matérialiste d'Aristote, notamment, et du scientisme contemporain, positivistes inclus, ainsi que scolastique idéaliste ou pseudo-philosophie spiritualiste de Descartes et de Kant, entre autres « philosopheurs »), dans l'idéologie, toutes les idéologies sans exception - illusion altermondialiste incluse -, et dans le moralisme [Morale et condamnations moralisatrices des Autres au nom de LA Morale : LAQUELLE ? !], tous catéchismes réunis, y compris le catéchisme soi-disant universel contemporain, ou Déclaration « prétendument » universelle des droits de  l'Homme, dont seule l'inobservation est réellement universelle - sauf à vous-même ou à quiconque, évidemment, de démontrer le contraire, à l'aune du devenir du monde depuis 1948, date de son adoption par « quarante-huit » Etats de la planète sur les deux cents, environ, qu'elle compte aujourd'hui ! Vous avez dit « universels » ? !

 

Fussent-ils réellement universels, ces droits n'en seraient pas moins « relatifs » à jamais, et cette « relativité » définitive suffit à expliquer en partie pourquoi, non seulement ils ne sont pas universels, mais pas davantage « universalisables » selon les vœux pieux de Mireille Delmas-Marty et de Marcel Gauchet dans l'émission Répliques sur France Culture - cette source d'information également superstitieuse, ainsi que démontré dans le courrier adressé, et aussi peu intellectuellement courageux pour débattre sur le fond que toutes les autres prétendues élites dénoncées !

 

Au préalable, toutefois, avant d'en venir à l'analyse des propos rapportés dans le Point ainsi que de ceux tenus sur France Culture, je me dois de préciser ce qu'il faut entendre par « Superstition », au sens donné à ce terme par le philosophe juif allemand Constantin Brunner (1862-1937), héritier spirituel, entre autre, de mystiques authentiques tels le Bouddha et le Christ dans leur Parole non pervertie par la superstition religieuse, qui a usurpé leur nom pour en faire les fondateurs d'une religion qu'ils n'ont pas voulu créer, et de « vrais » philosophes du UN absolu - UNIQUE ! -, parmi lesquels Socrate, Platon, Giordano Bruno et Spinoza.

 

Pour Brunner, toutes les formes de la Superstition se caractérisent par l' « absolutisation du relatif », qui constitue ainsi le péché capital de notre entendement humain. Ce procédé, intellectuellement malhonnête, consiste à présenter, par un tour de passe-passe, comme « absolu », comme réalité ou Vérité absolue, tout notre « pensé » (das Gedachte, chez Brunner), à savoir tout le contenu pensé dans et sur (à propos de) notre monde. Or, dans notre monde, TOUT est relatif et RIEN n'est absolu - sauf à vous-même ou à quiconque, évidemment, de démontrer le contraire ! C'est pourquoi, pour vous y aider éventuellement, je vous invite à consulter le document intitulé « À propos de vraie philosophie », visant à établir la fausseté des « croyances superstitieuses » de la religion, du scientisme matérialiste avec son big bang et de la prétendue philosophie spiritualiste avec son Dieu créateur, en vous laissant le soin d'avancer vos éventuelles objections sur le fond.

 

Fondées seulement sur la Foi, et nullement sur la Raison, toutes ces fausses croyances ont pour tare originelle de terminer dans le « dualisme » des absolus : un Dieu créateur ou un principe créateur (primus motor, big bang, théorie des cordes, etc.), et leur prétendue création ou production : notre monde humain. Ainsi celui-ci y est-il fictivement considéré comme absolu, non seulement comme ayant un commencement absolu, d'origine externe, mais comme existant « absolument », c'est-à-dire possédant une existence absolue, donc « éternel », en somme - cherchez l'erreur !

 

La première erreur est que notre monde ne peut avoir été créé et être, en même temps, éternel - si quelque chose d'éternel était créé, non seulement ça se saurait depuis longtemps, mais surtout ce ne serait pas éternel !  La deuxième erreur des religions et de la métaphysique scientiste et idéaliste consiste à croire possible la coexistence de ces « deux » absolus : Dieu ou le big bang, et notre monde. En réalité, TOUT « dualisme » des absolus est superstitieux, comme il en va  aussi pour la soi-disant coexistence d'un Bien et d'un Mal prétendument absolus, ainsi que pour toute autre dualité fictivement érigée en absolu : philosophiquement parlant, deux absolus, c'est une « impossibilité absolue », par définition !

 

En effet, ce qui est absolu, c'est-à-dire absolument absolu - et non pas fictivement absolu, ou absoluité ! -, est à la fois infini, éternel, immuable et parfait. Je vous laisse donc le soin d'imaginer la coexistence éventuelle de « deux » perfections. Elle donnerait à penser, sauf à être rigoureusement identiques, que l'une de ces deux perfections serait plus parfaite que l'autre - et inversement ! D'autre part, si les deux sont infinies, sans se limiter mutuellement, il faudra m'expliquer comment cela est possible, et si les deux sont immuables, d'où viendrait le mouvement dans un monde absolu, le nôtre, puisque, de facto, en même temps immuable ? Pour forcer le trait, un « quid immuable » en mouvement, ce serait une monstruosité de la Nature, au sens spinoziste du terme, à savoir Dieu, ou la substance, laquelle se serait dédoublée - toutefois, les fidèles des religions et les « philosopheurs » matérialistes et idéalistes ne craignent pas de déchirer le UN !

 

Quant à l'éventualité de deux entités éternelles, qui coexisteraient, c'est le mystère le plus complet, puisque notre Raison peine déjà suffisamment à admettre l'idée de l'éternité d'une seule entité, ou substance, existant absolument, c'est-à-dire sans commencement ni fin. Mais il est vrai que la Raison n'est pas la faculté, ou genre de connaissance de notre entendement, apte à appréhender l'Absolu - sauf d'une manière superstitieuse, précisément  en « absolutisant le relatif »! Je m'en tiens là, provisoirement, sur la méprise du penser superstitieux, qui se prend pour le penser spirituel véritable, en attendant vos éventuelles objections, philosophiquement étayées, c'est-à-dire ne confondant pas le relatif et l'absolu.

 

J'en viens à l'idéologie et au moralisme, qui ne sont pas en reste dans le domaine de la fiction, de la « croyance au miracle » et des vœux pieux - donc, de la Superstition ! Ainsi l'idéologie, en accréditant l'idée, intellectuellement et philosophiquement aberrante, de l'avènement d'un monde meilleur, d'un autre monde, d'un monde juste, etc., n'envisage-t-elle rien moins que de pouvoir transposer l'Idéal dans le quotidien : en clair, c'est croire pouvoir parvenir à un monde parfait avec des humains imparfaits - certes, DEMAIN, toujours DEMAIN et seulement DEMAIN, à la saint Glinglin, sauf à vous-même ou à quiconque, évidemment, de démontrer le contraire !

 

Des individus imparfaits, c'est tout simplement des êtres humains égoïstes dans leur désir premier de vivre le plus longtemps et le mieux possible, en se gratifiant, autant que faire se peut, dans leurs affaires d'amour, de possession et de gloire ou honneur-vanité, au point que même nos opinions, nos engagements et nos luttes résultent de notre égoïsme. C'est pourquoi, sauf à vous-même ou à quiconque de démontrer le contraire, j'affirme que RIEN n'est en mesure de changer la nature de l'Homme, et ainsi de faire du rêve d'aujourd'hui la réalité de demain. Les millénaires passés de l'humanité suffisent à en témoigner, et ainsi l'Internationale a encore, et aura toujours, l'éternité devant elle !

 

Le moralisme n'échappe pas davantage à l' « absolutisation du relatif », puisqu'il érige fictivement en absolu, en Bien et Mal absolus, des valeurs morales, laïques et républicaines, et des droits humains seulement relatifs. Pour ce qui est de la fable des bons et des mauvais par nature, pourtant dénoncée sans ambiguïté voici bientôt deux mille ans, à défaut d'y croire vraiment, les censeurs autoproclamés d'aujourd'hui, semblables à ceux d'hier et de demain, ne se gênent pas pour désigner les mauvais à la vindicte publique, en se fondant seulement sur la première fiction moraliste, qui décrète arbitrairement, ce qu'il est « absolument » bien ou mal de penser et de dire ; et ce, d'autant plus que chacun est censé disposer d'un prétendu « libre arbitre » permettant de choisir librement entre bien et mal agir, moralement parlant - en toutes circonstances, évidemment, fut-ce en cas de danger de mort ! 

 

Toutefois, je ne développe pas davantage ces questions, ici, puisque je vous invite à prendre connaissance des précisions et des arguments fournis à ce sujet dans la lettre du 18 septembre 2008, adressée à Nicolas Sarkozy en envoi recommandé avec accusé de réception. Je tiens à souligner, toutefois, que je ne pense pas être assez stupide pour envoyer un aussi long courrier à un chef d'Etat, afin de lui raconter seulement des balivernes - mais il ne tient qu'à vous, évidemment, de démontrer le contraire !

 

Après ces brèves considérations sur la Superstition en général, j'en viens plus précisément à vos propos concernant le « sacré », tant dans l'entretien avec Elisabeth Lévy que dans votre intervention sur France Culture, en affirmant a priori qu'ils n'évitent pas les contradictions -entre l'Idéal, la théorie, et la réalité quotidienne, la pratique, elles sont forcément infinies !

 

C'est pourquoi, sur votre emploi du terme « sacré », je crains que vous ne fassiez la même confusion qu'à propos du mot « idéal », où, habituellement, sont superstitieusement confondus le relatif et l'absolu. Ainsi, bien que rien ne soit réellement  absolu dans notre monde - du moins jusqu'à ce que vous ayez démontré le contraire ! -, nous ne pouvons pas nous empêcher, cependant, de penser le moindre de nos concepts sans penser à la fois, plus ou moins consciemment et nettement, l'Idéal du concept pensé (par exemple, femme et femme idéale, égalité et égalité idéale, etc., etc.) - c'est l'illustration même du penser superstitieux, qui érige « fictivement » le relatif en absolu !

 

En effet, nos concepts idéalisés, c'est-à-dire élevés à l'Idéal, ne sont en rien l'Idéal « en soi », à jamais inconnaissable - ils n'en sont, et n'en seront, pour toujours que de pâles reflets. Il en va de même pour le « sacré », d'une façon générale, lequel, loin d'être « absolument sacré », n'est que l'élévation fictive du relatif à l'absolu - et donc une tromperie, une manipulation de l'opinion !

 

Les exemples en sont infinis, mais nos valeurs républicaines de liberté, d'égalité et de fraternité - précisément - suffisent à témoigner de l' « absolutisation du relatif », donc de ce penser superstitieux ! En conséquence, même le « moment fraternité », dont vous rêvez, est de la même veine, c'est-à-dire renvoyé à DEMAIN, toujours DEMAIN et seulement DEMAIN, à la saint Glinglin - sauf à vous-même ou à quiconque, bien entendu, de démontrer le contraire ! C'est pourquoi, comme vous l'avez déclaré sur France Culture, il serait plus juste, et plus honnête, de parler de « roman fraternité », car la fraternité ne dure que ce que durent les roses ! ! !

 

Faire croire à un « vivre ensemble » harmonieux, lorsque des individus, ou des groupes d'individus, communautaristes ou non, ni plus ni plus moins « irréprochables » que quiconque, n'ont de cesse de faire culpabiliser les Autres au nom d'un passé révolu de plusieurs décennies, voire de plusieurs siècles, alors que l'esclavage, les conflits interethniques ou interreligieux, et même le renvoi réciproque de population par centaines de milliers de personnes - cf. Algérie et Maroc ! - se perpétuent sur leur continent d'origine, c'est tout simplement faire preuve de « schizophrénie » ; mais il est vrai que les « vertueux » se caractérisent surtout en reprochant aux Autres ce qu'eux-mêmes ont fait hier, et referont demain, à la première occasion où leurs intérêts de toutes sortes l'exigeront !

 

Pour prendre un seul exemple de l'actualité la plus brûlante, les Guadeloupéens, profitant de problèmes économiques avérés, se sont servi de cette opportunité pour reprocher à la France son passé colonial, voire des pratiques semblables aujourd'hui, sans omettre des propos discriminatoires de leur leader, en oubliant que « des » Guadeloupéens se sont  distingués, récemment, par leur chasse aux clandestins haïtiens - vous avez dit « vertueux » ? !

 

Jusqu'à preuve du contraire, à propos du sacré, les êtres humains ont surtout inventé des « sacrés fictifs », le plus souvent - pour ne pas dire toujours -, dans le sens de leurs intérêts, comme il en va de leurs dieux, de la révolution (de droite ou de gauche), de la morale et de ses catéchismes antagonistes, des mémoires, coloniale et juive aujourd'hui, etc., etc. Loin de les rapprocher, le « sacré fictif »i des uns et des autres n'a eu de cesse de les diviser, à l'exemple de l'affaire Dieudonné, hier encensé, aujourd'hui honni par les mêmes - sauf à vous, évidemment, de démontrer le contraire à l'aune de l'infinité des conflits sur la planète, y compris chez nous, au nom des religions, des idéologies et des mémoires !

 

Vous aurez beau, tous, pérorer, à longueur d'antenne et de colonnes, « liberté, égalité et fraternité resteront à jamais de vains mots », selon le propos même de Jacques Chirac durant la campagne présidentielle 2002, tout comme il en ira de son autre « perle » oratoire, parlant de rendre possible l'impossible ! Si l'avantage de la Foi est de faire avaler n'importe quoi, au point que la formule « credo quia absurdum » en témoigne, il n'en demeure pas moins pas moins que la Raison n'est pas la chose du monde la mieux partagée, puisque c'est la « croyance au miracle » - et en toute circonstance, où la Foi prend le pas sur la Raison, celle-ci régresse, et la « débilité intellectuelle » progresse !

 

Cette derrière se manifeste à travers d'infinies contradictions, qui ne sauraient être la meilleure illustration de la Vérité - sauf à avoir une conception très particulière de celle-ci ! Ainsi vos propos sur France Culture recèlent-ils un certain nombre de contradictions, que vous avez dû concéder à vos interlocuteurs. C'est le cas, par exemple, lorsque vous avez parlé de réhabiliter la fraternité, comme si elle pouvait s'imposer d'en haut, ou de l'extérieur, en déclarant : « Ce n'est pas le libéralisme, qui est l'horizon de la fraternité ».

 

C'est oublier un peu vite la solidarité de classe des aristos et des békés, entre autre, et c'est surtout ignorer ce récent propos de Jean-Luc Mélenchon, attestant que ce n'est pas non plus le socialisme qui a instauré, et instaurera, la solidarité, la fraternité, à en juger seulement d'après les comportements publics manifestes des « camarades » durant le dernier congrès de Reims - et ensuite pour désigner un Premier secrétaire ! C'est pourquoi Jean-Luc Mélenchon était d'autant plus autorisé, à l'exemple d'Olivier Duhamel dans l'une de ses chroniques matinales sur France Culture, à juger sévèrement les socialistes, en déclarant : « Les socialistes, ils ne brillent pas par leur solidarité humaine, ni par leur capacité à discuter avec leurs propres dirigeants. » [France Culture, 24 janvier 2009]

 

Par ailleurs, à la question : « Comment organiser politiquement la fraternité ? », votre réponse embarrassée : « Je ne peux pas vous le dire. » témoigne suffisamment, pour moi, que son renvoi est programmé pour la saint Glinglin ; et encore était-il seulement question d'en faire une réalité chez nous - alors, je vous laisse imaginer combien de millénaires l'attendront encore  sur l'ensemble de la planète ! Vous avez dit « obscurantisme » ? Et vous avez raison ! ! !

 

Vous l'avez d'ailleurs confirmé indirectement, en déclarant  au sujet du titre de votre essai: « Je l'appellerai plutôt "roman fraternité" ; les fraternités, ce sont des moments. » (SIC !). Ce n'est donc pas sans raison que Caroline Eliacheff vous a posé la question : « Je me demande où vous voulez en venir » ! Et Marc Kravetz a porté le coup de grâce, en ajoutant : « C'est toujours difficile quand on veut hypostasier les choses, un jour ça s'arrête. » - forcément, quand on veut élever le relatif à l'Absolu, au Sacré absolu, la supercherie se dévoile au grand jour ! Vous aurez beau remplacer le mot « fraternité » par le néologisme « fratriarchie », et Ségolène Royal  scander « FRA-TER-NI-TÉ », à gorge déployée, en détachant les syllabes, elle restera à jamais un vain mot - hormis l'espace d'un instant, mains non partagé par TOUS ! Donc, pas de quoi se faire des illusions, et d'autant moins si j'en juge d'après la remarque d'Ali Baddou « La haine, ça peut aussi créer des moments fraternels. »...

 

Néanmoins, je partage un certain nombre de vos points de vue, et en particulier, pour l'avoir vécu en internat et à l'armée, je reconnais que la fraternité s'exprime d'autant plus dans des moments difficiles, lorsqu'il s'agit, par exemple, de partager les caisses à provisions et les colis avec des camarades de réfectoire ou de chambrée pour améliorer le maigre ordinaire.

 

Je suis aussi de votre avis quant à la nomination de ministres et de secrétaires d'Etat chargés des droits de l'Homme, que vous avez qualifiée de plaisanterie, voire d'une sorte de décoration inutile, ainsi que sur une remarque baptisant les droits de l'Homme de « religion des incroyants ». C'est ce qu'ils sont en réalité, à savoir l'élévation fictive du relatif à l'absolu dans un catéchisme, fut-il, mensongèrement, déclaré universel ! Aucun catéchisme, qu'il soit religieux, idéologique ou autre, n'exprime quoi que ce soit d'absolu, et traduit seulement  l'institutionnalisation de la morale : la morale relative y est érigée en MORALE absolue, dont certains puissants du jour s'autoproclament les juges, voire les justiciers, pour juger et condamner moralement les Autres, en vertu de leur devise favorite : « Je suis vertueux, donc je condamne. » - à moins que ce ne soit l'inverse ! Socrate, le Christ, Giordano Bruno et Spinoza en témoignent ! ! !

 

De cette brève analyse, je retiens, en guise de conclusion, vos propos pessimistes  parlant des folies de la fraternité, dont témoignent amplement l'époque stalinienne et le génocide cambodgien, entre autres, ainsi que de la cruauté de la fraternité, d'où je vois mal comment pourrait sortir une « juste fraternité » généralisée à la planète entière. Je retire donc de votre ouvrage l'impression que « Le moment fraternité » est, et demeurera, un vœu pieux, donc une « croyance au miracle », jusqu'à la fin des temps - sauf à vous, évidemment, de démontrer le contraire, faute de ne pouvoir dire « comment l'organiser politiquement » !

 

Dans l'attente de vos éventuelles objections de fond, intellectuellement et philosophiquement étayées, sur des points très précis, et non mineurs, de l'ensemble de ces documents, à défaut de quoi vous seriez semblable aux soi-disant élites dénoncées qui continuent à colporter les mensonges et les « croyances au miracle » du monde sans débattre, je vous remercie de votre attention et vous prie d'agréer, Monsieur, mes salutations distinguées.

 

Annexe : I - Lettre du 18 septembre 2008 à Nicolas Sarkozy

              II - A propos de vraie philosophie

 

 

 

Le 5 août 2008

Objet :

 « Utopie et "débilité intellectuelle" » !

 

 
Monsieur Pierre Rosanvallon

Professeur au Collège de France

11, place Marcelin Berthelot

75005 Paris

Courriel :

pierre.rosanvallon@college-de-france.fr

 

 

Monsieur,

 

 

La diffusion ou la rediffusion sur France Culture, le 3 courant, de l'une des émissions s'inscrivant dans le cadre de la série « Utopie et carnaval » m’incite, non seulement à vous rappeler mes lettres des 20 mai 2006 et 7 mars 2007, toujours sans réponse à ce jour, mais à dénoncer une fois de plus la « débilité intellectuelle » d’une époque qui se veut au comble du modernisme dans le domaine des idées, alors qu’elle en est encore à colporter les mensonges et les « croyances au miracle » du penser superstitieux humain comme aux pires temps obscurantistes.

 

Je pense l’avoir déjà établi dans le courrier précédent pour réagir à votre « version Collège de France » d’Alice au pays des merveilles, parlant de « ré-enchanter le monde », en dénonçant les divers modes d’expression de la Superstition sur lesquels continuent de fonctionner la société humaine en général et la société française en particulier, à savoir la religion, le scientisme, la pseudo-philosophie theologico-scolastique ou  spiritualisme des « philosopheurs » Descartes et Kant, entre autres, l’idéologie et le moralisme. C’est pourquoi je n’entends pas reprendre ici l’intégralité de l’argumentation déjà avancée sauf pour répondre à vos éventuelles objections, mais apparemment, à en juger par votre obstination dans le silence et le refus de débattre, je n’ai pas grand chose à redouter. Forcément, que peut valablement objecter à un discours de Vérité, fondé sur la Raison et l’Esprit véritable, qui n’est pas le saint Esprit, quiconque « rêve » avec la Foi pour seul argument ?

 

Je ne prends pas la peine d’analyser votre recueil de vœux pieux sur l’utopie, puisqu’ils se résument à croire en la possibilité de « rendre possible l’impossible », selon l’expression du candidat Chirac au cours de la campagne présidentielle 2002. Quand on en est à ce stade de croire, et de faire croire à une opinion naïve, mais finalement toujours cocue et frustrée, qu’il est possible de transfigurer le réel, de ré-enchanter le monde, de transposer l’Idéal (la théorie) dans la réalité quotidienne (la pratique), la « débilité intellectuelle » de l’époque est avérée – sauf à vous ou à quiconque de relever le défi lancé à tous les penseurs, responsables politiques et autres du monde entier d’indiquer concrètement comment éradiquer définitivement et universellement les sempiternels maux de l’humanité (à commencer par ses divisions de toutes sortes), et comment instaurer, de manière tout aussi universelle et définitive : justice, liberté, égalité et démocratie idéales, entre autres. A ce jour, j’attends encore vos propositions concrètes, mais elles risquent de se faire attendre encore longtemps, et nous reparlerons donc d’égalité idéale seulement lorsque les riches auront partagé leurs richesses avec les pauvres - à la saint Glin-glin, par conséquent !

 

Et bien que les soi-disant « élites » du monde de l’information, de la politique, de l’intelligentsia et des associations droits-de-l’hommiste, dénoncées dans le texte annexé, Mensonges et lâcheté des élites, n’aient rien à rétorquer au discours de Vérité éternelle, cette époque, intellectuellement et philosophiquement débile, récompense ses fidèles serviteurs en les nommant à des postes prestigieux, au Collège de France en particulier, où ils ont tout loisir de façonner les masses à leur guise en racontant n’importe quoi - il ne vous est pas interdit toutefois de justifier, rationnellement et philosophiquement, vos  « croyances au miracle » : je n’attends que « ça », sinon j’aurais cessé depuis longtemps de vous le réclamer !

 

En conclusion, pour illustrer mes propos dénonçant l’utopie, je ne peux mieux faire que la confronter à LA Vérité éternelle absolue de la vraie philosophie de Spinoza, en opposant la déclaration ô combien utopique de Pierre Jean Georges Cabanis, un de ces idéologues de la Révolution de 1789 croyant en la possibilité de changer l’Homme, de modifier son esprit et son comportement, à ce court extrait du Chapitre premier du Traité de l’autorité politique :

 

« Ils (les philosophes ou prétendus tels) se figurent, sans doute, accomplir une œuvre sublime et atteindre à la plus haute sagesse en faisant l’éloge renouvelé d’une nature humaine fictive, pour accuser d’autant plus impitoyablement celle qui existe en fait. Car ils ne conçoivent pas les hommes tels qu’ils sont, mais tels que leur philosophie les voudrait être. Aussi, au lieu d’écrire une éthique, ont-ils, le plus souvent écrit une satire ; quant à leur doctrine politique, elle est toujours inapplicable, elle évoque une sorte de chimère – à moins qu’elle ne soit destinée au pays d’Utopie, ou au siècle poétique de l’Âge d’or, c’est-à-dire au lieu et au temps précisément où le besoin ne s’en ferait pas sentir. » [Tractatus politicus, Chapitre premier, § I]

 

Sauf à vous d’établir que, deux siècles plus tard, la nature égoïste de l’Homme et ses comportements auraient changé, ou à apporter une argumentation, rationnellement et philosophiquement étayée, accréditant l’idée qu’avec des humains imparfaits l’avènement d’une société humaine parfaite est tout à fait possible, je maintiens que l’utopie constitue un déficit de Raison, et exprime donc une forme de « débilité intellectuelle » prenant l’apparence d'une « croyance au miracle ».

 

Votre obstination dans le silence et le refus de débattre témoignerait, non seulement de votre absence d’arguments rationnels et philosophiques, mais surtout de votre intention délibérée de continuer à colporter les mensonges et les « croyances au miracle » du monde, fruit du penser superstitieux humain, qui prend le relatif pour l’absolu et entend introduire l’absolu ou Idéal dans le relatif.

 

Je vous remercie de votre attention et vous prie d’agréer, Monsieur, mes salutations distinguées.

 

 Annexe : Mensonges et lâcheté des élites

 

Le 19 mai 2008

 

Objet :

« Ayaan Hirsi Ali, islam, islamisme, islamophobie, "maoïsme" et boycott »

 

Monsieur Bernard-Henri Lévy

Le Point

74, avenue du Maine

75014 PARIS

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FIN 

 

Monsieur,


Ma dernière partie concerne vos leçons de droits de l’Homme à la Chine en raison de son comportement actuel au Tibet, qui soulève l’opprobre de la communauté internationale arcboutée sur le catéchisme soi-disant universel contemporain. A propos de ce dernier, je vous renvoie au courrier adressé depuis le 30 mai 2000, dans lequel je l’ai suffisamment dénoncé, non seulement en raison de son inapplication réellement universelle, mais surtout dans sa prétention à exprimer l’Absolu, ou Idéal, tout en terminant dans l’incohérence et les contradictions, comme il en va  pour la liberté d’expression avec les articles 19 et 29, ainsi que je m’en suis déjà expliqué amplement. Le propos savoureux de Jean-Louis Bianco, ex-directeur de campagne de Ségolène Royal, déclarant «sans rire» sur RMC Info, « On a le droit de tout dire, mais il a des limites.», illustre, on ne peut mieux, la «débilité intellectuelle » de l'époque ! ! !

 

Si vous voulez avoir une chance d’être, un jour, un véritable philosophe, vous devrez finir par vous persuader que tout est relatif et rien n’est absolu dans notre monde. De surcroît, jusqu’à la fin des temps, il demeure à jamais « absolument impossible » d’introduire l’Absolu dans le relatif, de transposer l’Idéal dans le quotidien – sauf, une fois de plus, à vous ou à quiconque de démontrer le contraire ! ! !

 

Jusqu’à cette métamorphose philosophique, vous prospérez, et continuerez de prospérer, uniquement sur la Foi, c’est-à-dire sur les mensonges et les « croyances au miracle » de la superstition idéologique et moraliste en particulier, pour le plus grand profit de vos intérêts individuels et communautaristes, à l’exemple de tous les « menteurs » dénoncés dans le texte annexé – mais il ne tient qu’à vous de vous en démarquer, en démontrant la fausseté du postulat ci-dessus !

 

Aujourd’hui, la question tibétaine me suffit amplement pour établir la « relativité » des opinions humaines dans le temps et dans l’espace, car elle vous renvoie, personnellement, à votre « maoïsme » de jeunesse, sauf à vous d’indiquer ce que vous écriviez, alors, en faveur du Tibet  pour dénoncer l’oppression chinoise, y compris sous Mao Zédong !

 

Personne ne vous reproche de changer d’idée, seulement d’exploiter toutes les circonstances pour faire culpabiliser les Autres, de façon partisane : par exemple, critiquer les atteintes aux droits de l’Homme en Chine sans jamais évoquer celles commises à Gaza, au point même de défendre la construction d’un nouveau « mur de Berlin » séparant deux peuples, que l’on entend par ailleurs réconcilier ! Quels que soient les prétextes que vous invoquiez pour défendre vos points de vue sur le mur, question sécuritaire contre attaques unilatérales par exemple, il n’y a pas, à Gaza comme partout ailleurs sur la planète, ceux qui ont « absolument tort », d’un côté, et ceux qui auraient « absolument raison », de l’autre !

 

Forcément, à refuser sans cesse de prendre part au véritable débat d’idées, avec ses vérités intemporelles maintes fois précisées pour dénoncer la Superstition dans ses divers modes d’expression, il ne faut pas s’étonner ensuite de voir « boiter » la société humaine universelle, dans laquelle les vertueux reprochent aux Autres ce qu’eux-mêmes ont fait hier, et referont demain, à la première occasion où leurs intérêts de toutes sortes l’exigeront – le Proche-Orient n’échappe pas davantage à toutes les vérités intemporelles maintes fois rappelées en matière de moralisme et de condamnations moralisatrices des Autres. Pour changer de l'ordinaire, j'aimerais bien entendre, au moins une fois, tous les donneurs de leçons de morale faire repentance, toutes communautés ethniques sans exception - au vu de la marche de la planète, ici et là, je ne vois guère de groupes réellement IRRÉPROCHABLES, TOUS critères d'appartenance confondus! ! !

 

Pour établir la « relativité » de vos condamnations moralisatrices de la Chine, telles qu’elles s’expriment dans le bloc-notes du Point, je vous invite à consulter l’extrait suivant de ma lettre du 29 mars dernier à Robert Ménard, intitulée, Tibet : la grande hypocrisie planétaire :

 

« J’en viens plus précisément à l’hypocrisie généralisée sur le Tibet, et à la vôtre en particulier, telle qu’elle ressort de votre entretien avec Alain Marschall, le 26 courant.

 

L’hypocrisie sur le Tibet s’est manifestée par le silence de la communauté internationale, dès la naissance de la république populaire de Chine en 1949, faisant suite au départ des Anglais quittant l’Inde en 1947. Depuis longtemps pourtant, les communistes chinois avaient déclaré qu’ils considéraient le Tibet comme partie intégrante de la Chine, et les Tibétains comme l’une des cinq nationalités de la république, mais l’ONU n’a pas levé le petit doigt pour porter assistance au Tibet - tout comme elle se distingue aujourd’hui par son silence, méritant bien ainsi son célèbre qualificatif de « machin » ! ! !

 

Aussi l’armée chinoise put-elle tranquillement attaquer Chab-mdo, en 1950, puisque les troupes tibétaines ne pouvaient attendre ni secours ni appui diplomatique de l’Occident ou de l’Inde. Le dalaï-lama fut donc contraint de traiter avec la Chine, de sorte que le Tibet fut intégré dans la république populaire de Chine, suite à l’accord de Pékin du 23 mai 1951.

 

Dès lors, la Chine put assumer le contrôle de l’armée, des finances, de l’éducation et du développement  économique et industriel - une quasi-colonisation en quelque sorte, même si elle garantissait les droits du dalaï-lama, ainsi que le respect de la religion et des monastères. L’armée chinois entra à Lhassa, et dans un premier temps le compromis et la coopération fonctionnèrent assez bien jusqu’en 1954-1955, sans que l’ONU, censée représenter la communauté internationale, ne s’inquiète pourtant du sort des Tibétains : l’Histoire humaine est bel et bien un éternel recommencement de « plus jamais ça » ! ! !

 

Ensuite, face à l’idéologie marxiste qui voulait contrôler la jeunesse, les Tibétains organisèrent une résistance passive, et les premières actions de guérilla eurent lieu en 1956. Le gouvernement de Pékin réagit en appliquant des mesures de répression, et la plupart des membres de la noblesse et du clergé, ainsi qu’un bon nombre de marchands et de paysans, s’enfuirent en Inde. L’émigration facilita la tâche aux Chinois, et le gouvernement tibétain traditionnel fut aboli. La région autonome du Tibet, dans le cadre de la république populaire de Chine fut inaugurée officiellement le 9 septembre 1965 - sans aucune remarque de l’Organisation des nations unies, sauf mauvaise information de ma part !

 

Plus tard, la révolution culturelle, déclenchée en Chine à la fin de 1966, s’est traduite à Lhassa par une violente action anticléricale des gardes rouges, monastères envahis, images et textes sacrés détruits, moines employés à des activités productives – toujours dans le silence complice de l’ONU, sauf mauvaise information de ma part ! Il faut reconnaître, toutefois, que les autorités chinoises s’efforcèrent, parallèlement, de développer et de moderniser l’économie agricole de la région, et ce fut également la naissance de l’industrie, gisement de charbon mis en exploitation, édification de centrales hydro-électriques, création d’entreprises industrielles et désenclavement du Tibet par la construction de grands axes routiers entre le Sichuan et Lhassa (2413kms) et de Qinghai à Shigatse (2200kms).

 

Dans les années 80, l’échec de la politique chinoise au Tibet conduisit le Comité central du parti à publier de nouvelles directives pour mettre en œuvre une nouvelle politique au Tibet, fondée sur six mesures importantes destinées à donner un contenu réel à l’autonomie régionale et à soulager le Tibet de sa grande misère. Ainsi les fonds fournis par l’Etat en 1980 et 1981 représentaient-ils 98% du budget de la région. Après trente ans de statut quasi-colonial, le Tibet fut promu au rang de région sous-développée, et le tourisme ouvert à l’international en 1984, ce qui fit évoluer rapidement la situation, à la faveur des contacts entre Tibétains et visiteurs occidentaux. Ainsi, en 1987, le Congrès américain adopta un texte sur la violation des droits de l’homme au Tibet par la république populaire de Chine. Mais dès le 24 septembre suivants, l’exécution de deux Tibétains fit descendre les moines dans les rues de Lhassa pour réclamer l’indépendance du Tibet.

 

Dans l’époque récente, selon Amnesty International, plus de 214 tentatives de manifestation ont été réprimées depuis 1987, les manifestants arrêtés expédiés dans des camps de travail, et condamnés à des peines allant de 3 à 20 ans de prison. En 1989, alors que Hu Jintao était administrateur politique au Tibet, une manifestation finit dans un bain de sang, et au moins quatre cents personnes furent tuées.

 

Ce sommaire rappel historique conduit à examiner de plus près le comportement, durant la seconde moitié du XXe siècle, de tous ces bienpensants d’aujourd’hui, donneurs de leçons de morale à la Chine - sans balayer pour autant devant leur porte ! Je pense, ici, aux dirigeants et aux militants communistes de toutes ces républiques socialistes marxistes-léninistes, à commencer par ceux du PCF : le sort du Tibet et des Tibétains était, alors, le cadet de leurs soucis face aux grands dirigeants chinois, à commencer par Mao Tsé-Toung, malgré une brouille entre partis communistes frères, entre-temps – sauf à l’un ou l’autre de ces bienpensants de montrer sa préoccupation d’alors sur le sort des Tibétains.

 

C’est pourquoi je pense aussi à tous ces « maoïstes », d’ici et d’alors, à commencer par Bernard-Henri Lévy et tant d’autres. Qu’écrivaient-ils sur le Tibet et les Tibétains, dans les années 60-70, alors qu’ils étaient surtout obnubilés par la Révolution culturelle et le Petit livre rouge de Mao ?

 

Je n’oublie pas davantage tous les chefs d’Etat de pays non marxistes, qui se sont rendus à Pékin depuis l’ouverture de la Chine et ont reçu chez eux des dignitaires chinois, sans ignorer pour autant ce qui se passait au Tibet. Nos propres dirigeants ne se sont pas autrement comportés, et sauf erreur de ma part, je crois savoir, mais vous pouvez me démentir, que Hu Jintao aurait même dansé dans les salons du château de Bity, en Corrèze : c’est beaucoup d’honneur, non, pour un ancien administrateur du Tibet, au vu des massacres rappelés et des critiques d’aujourd’hui envers la Chine ?

 

Je crois également savoir que le barbarisme « bravitude » aurait été forgé sur les sommets de la Grande muraille de Chine par une candidate à la magistrature suprême, venue faire adouber son envergure internationale sur les lieux mêmes du crime anti-tibétain !

 

Alors, assez d’hypocrisie et de « deux poids, deux mesures » ! Ou alors que tous les Etats du monde cessent tout commerce avec la Chine pour être totalement en adéquation avec leurs postures moralisatrices ! ! ! Certes, si le commerce entre les Etats devait se limiter à ceux qui sont « irréprochables », il en serait encore à l’âge de pierre. Il y a aussi le Darfour et tant de pays musulmans et africains, où les droits de l’homme sont bafoués, et leurs dirigeants méritent donc le même opprobre international…

 

Je mentionne à peine la désignation des Jeux olympiques de Pékin, dont une proche actualité nous éclairera sur la suite donnée aux gesticulations d’aujourd’hui et sur ce qu’il en restera pour le Tibet après l’extinction de la flamme, au soir du dernier jour des Jeux ! ! ! C’est la même hypocrisie qui avait présidé à leur attribution à la Chine, puisque personne n’ignorait la situation au Tibet. Avant toute désignation, il aurait suffi d’exiger d’elle, au préalable, les mêmes efforts en ce sens que ceux demandés à la Turquie pour entrer dans l’Union européenne – certes, à ce compte-là, les Chinois auraient sûrement attendu encore longtemps !

 

En guise de réaction, en tout cas, ce n’est pas la mise en garde de George W. Bush, demandant à la Chine de faire preuve de retenue, qui va faire trembler l’empire céleste et l’inciter à accorder au Tibet tout ce que vous réclamez par des gestes forts et symboliques ! Nous ne tarderons d’ailleurs pas à être fixés sur nos propres comportements communautaires vis-à-vis des Jeux de Pékin, et nous saurons notamment si les dirigeants de l’Union européenne parviendront à se mettre d’accord sur une position commune, d’ici le 8 août prochain. Je suis prêt à parier gros que l’Europe avancera plutôt en ordre dispersé, tout comme il en va de la prétendue monnaie « commune » européenne – un « scandale économique », que l’hypocrisie des dirigeants européens préfère taire, en dépit de ses conséquences sur la marche de l’Union…

 

Je dois avoir oublié de citer nombre d’exemples de ces hypocrites du monde entier, seulement arcboutés sur leurs fictions moralisatrices, et qui continueront encore longtemps à commercer avec la Chine ! ! ! Ceci me permet d’évoquer pour terminer, non seulement les conséquences de votre « tartarinade », mais aussi de dénoncer votre propre hypocrisie par rapport à la question tibétaine. » [Fin de citation] 

 

Compte tenu de ce long développement ainsi que de toute la correspondance antérieure, synthèse du 11 février 2005 en particulier, et sauf à vous de démontrer le contraire, je maintiens que vos prises de position touchant à la religion, à l’idéologie et au moralisme, telles qu’elles résultent de vos multiples interventions publiques, sont une « insulte à la Raison ». Celle-ci, en effet, ne saurait se confondre avec le penser superstitieux qui fonde les « croyances au miracle » de la Superstition dans ses divers modes d’expression, mais vous n’en poursuivez pas moins son œuvre funeste - si je n’ai mentionné ni la métaphysique matérialiste du scientisme contemporain ni la scolastique idéaliste ou spiritualisme, c’est parce que vous n'avez encore jamais fait connaître clairement votre point de vue sur l’une et sur l’autre !

 

Dans l’attente de vos éventuelles objections, rationnellement et philosophiquement étayées, qui ne devront pas manquer de tenir compte de l’intégralité de mon argumentation antérieure,  je vous remercie de votre attention et vous prie d’agréer, Monsieur, mes salutations distingué


Annexe : Mensonges et lâcheté des élites

 

 

 

Le 19 mai 2008

 

 Objet :

« Ayaan Hirsi Ali, islam, islamisme, islamophobie, "maoïsme" et boycott »

 

 

 Monsieur Bernard-Henri Lévy

 Le Point

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SUITE 

 

[Transition : Pour conclure sur la superstition musulmane en général, j’affirme qu’on ne peut pas parler d’un  « islam des Lumières », déclarer que c’est une « grande religion »  et dire du Coran que c’est un « grand Livre », tout en prétendant comprendre la « vraie » philosophie - sauf à être un « philosopheur », et non un véritable philosophe ! ] 

Monsieur,

 

Malgré cette ambiguïté occultant totalement le point capital, qui relègue la religion, toutes les religions sans exception, dans le domaine des croyances superstitieuses, vous distribuez vos bons et vos mauvais points sur les fidèles de l’islam. Vous vous autorisez, non seulement à distinguer sur un tel fondement superstitieux originel les bons et les mauvais musulmans, en l’occurrence les islamistes, mais surtout à interdire de facto la critique d’une religion au prétexte moralisateur d’islamophobie. Ainsi, aujourd’hui, Voltaire lui-même serait interdit de parler vrai pour ne pas « crisper la communauté des musulmans » (de France) - selon l’expression de Manuel Valls, en son temps.

 

Par le fait de censeurs autoproclamés tels que vous, critiquer cette religion est devenu le comble de l’abomination moralisatrice dans une république prétendument laïque. Certes , posséder un palais en terre d’islam et souhaiter en jouir en toute quiétude conduit à faire certaines concessions à l’honnêteté intellectuelle la plus rigoureuse – quitte à restreindre une liberté d’expression, dont vous vous faisiez pourtant le chantre, au cours du débat de la honte organisé par Edwy Plenel dans son émission, Le monde des idées, diffusée sur LCI le 27 mai 2000 ! ! ! [Cf. lettre du 30 mai 2000, toujours à votre disposition] 

 

J’ai déjà maintes fois dénoncé l’assimilation intellectuellement malhonnête entre la critique légitime d’idées, en l’occurrence les conséquences pratiques d’une religion, et les attaques contre des personnes, musulmans ou pas, exactement comme il en va de l’amalgame entre antisionisme et antisémitisme condamné sans ambiguïté par Brunner – lui, assurément, ne volait pas au secours de la superstition religieuse puisqu’en véritable philosophe, il n’avait de cesse d’en dénoncer les dogmes fondateurs – créationnisme et soi-disant libre arbitre d’un créateur, notamment.

 

Pour éviter de me rabâcher, je me limite à reprendre ici un extrait de ma lettre du 4 septembre 2003, dans laquelle, outre mes remarques personnelles sur l’islam et ses pratiques, je rapportai les propos de Taslima Nasreen et de Claude Lévi-Strauss sur la superstition musulmane. Vous pourrez ainsi constater que les anathèmes d’islamophobie lancés ici par des « vertueux », tout aussi intellectuellement courageux que vous pour débattre, en l’occurrence Jean-Pierre Raffarin, Noël Mamère et Mouloud Aounit, pourraient également s’appliquer aux déclarations d’une musulmane et d’un juif, puisque, selon vos critères, elles étaient également entachées du même péché islamophobe.

 

Dans le préambule de ce courrier, je m’attachai à montrer l’incompatibilité de l’islam avec les droits de l’Homme contemporains en matière de liberté et d’égalité notamment, mais il ne vous était pas interdit, depuis lors, d’établir éventuellement la fausseté des propos suivants :

 

« Tout d'abord, sauf erreur de ma part, l'islam stipule que les lois d'Allah sont au-dessus des lois civiles, si j'en juge d'après des exemples concrets de pays musulmans, tel le "Conseil des gardiens" chargé de veiller en Iran à la conformité des lois civiles à l'islam.

 

Ensuite, la charia, ou loi coranique, bafoue ouvertement le principe d'égalité, si l'on veut bien considérer, sans entrer ici dans les détails, la différence de statut juridique entre l'homme et la femme dans le monde musulman - de quoi faire hurler en principe un régiment de chiennes de garde, pourtant étrangement silencieuses chez nous sur cette question, malgré ce propos de Thérèse Clerc, responsable de la Maison des femmes de Montreuil, déclarant alors sur France Inter : "La burka commence à faire son apparition à Montreuil" ! Quel épanouissement pour la femme, en France, au XXIe siècle ! ! !

 

D'autre part, la fatwa est une atteinte manifeste et incontestable au principe de liberté d'opinion et d'expression, puisque cette pratique terroriste, toujours d'actualité, ne vise rien moins qu'à exterminer une personne pour avoir exprimé ses opinions au-delà de la limite "concédée par l'islam". Toutefois, nul ne s'en soucie chez les "politiques" de gauche, tout comme parmi les pseudo-intellectuels et philosophes "droits-de-l'hommiste" médiatisés, anciens communistes, trotskistes, staliniens, maoïstes, etc. - de quoi devenir, en effet, "spécialistes" en matière d'oppression de la liberté d'expression ! Et votre soutien du bout des lèvres, apporté à Robert Redeker dans l’un de vos bloc-notes, n’est pas fait pour me faire changer d’avis…

 

Quant à l'appel au djihad, lancé récemment encore contre les occupants américains par Saddam Hussein - et nombre d'Irakiens ! - dans une déclaration diffusée par Al Arabiya, n'est-il pas le droit de l'islam d'éliminer au nom d'Allah les "mécréants" en raison de leurs opinions, au mépris des valeurs humanistes, des principes et des lois républicaines ? Cet appel public au meurtre n'est-il pas la preuve de la volonté expansionniste hégémonique de l'islam qui ne recule devant aucun moyen dans ce but (extermination de chrétiens en Indonésie ou au Sud Soudan, par exemple) ?

 

Enfin, que dire de la morale inspirée par l'islam, qui va même jusqu'à interdire à des jeunes filles de certains quartiers de s’habiller à leur guise, sans oublier la pratique des mariages forcés et de la polygamie, autant de procédés certainement dignes à vos yeux d'une France laïque du 21ème siècle? Ils correspondent sûrement pour vous à une religion pleinement "compatible" avec nos principes républicains de liberté et d'égalité, une religion de paix et de tolérance, comme vous semblez l’admettre, faute de le dénoncer ; ou bien, comme je l'affirme, témoignent-ils plutôt de l'obscurantisme d'un autre millénaire (le premier !), qui s’est répandu en Occident ?

 

Sur la prétendue tolérance de cette religion, dont vous nous rebattez les oreilles, Michel Onfray semble en total désaccord avec vous, et je vous rappelle, par exemple, l'interdiction faite à tout non musulman de participer au pèlerinage de La Mecque, ou celle de bâtir des églises dans nombre de pays musulmans, tandis que la France se couvre de mosquées.

 

Toutefois, comme je ne peux pas dire pire pour dénoncer l'islam que Spinoza, Taslima Nasreen et Claude Lévi-Strauss, entre autres, je vous rappelle successivement leurs déclarations sur la superstition islamique :

 

"Je reconnais tout l'avantage de l'ordre politique qu'instaure l'église romaine et que vous louez tant. Je n'en connaîtrais pas de plus apte à duper la foule et à dominer les âmes, s'il n'existait l'église musulmane qui, de ce point de vue, l'emporte de loin sur toutes les autres; depuis l'origine de cette superstition, aucun schisme en effet ne s'est déclaré dans cette église." (Spinoza, Correspondance, Lettre LXXVI à Albert Burgh)

 

"Je ne qualifie pas de civilisé un pays où la liberté d'expression n'est pas respectée. Divers partis politiques utilisent la religion comme un pion pour engranger des votes. La religion est le meilleur outil pour tromper les illettrés, les ignorants et les pauvres.

 

Il faut critiquer l'islam, surtout dans les pays islamiques. Sous l'islam, ni la démocratie, ni les droits de l'homme, ni les droits des femmes, ni la liberté d'expression ne peuvent survivre. Ce dont les pays islamiques ont le plus besoin, c'est d'introduire la laïcité, d'abolir d'urgence les lois islamiques pour sauver les femmes. Sous l'islam, les femmes sont juste considérées comme des esclaves et des objets sexuels, aucune ne peut obtenir le droit de vivre comme un être humain. Si vous voulez réellement du bien aux pays islamiques, vous devez combattre l'islam. Certains Occidentaux font l'apologie de l'islam, expriment leur sympathie envers lui et soutiennent même l'oppression islamique contre les femmes au nom du multiculturalisme. Ce sont eux les véritables ennemis des pays islamiques. En réalité, il n'y a aucune différence entre l'islam et le fondamentalisme islamique. Les fondamentalistes appliquent le véritable islam – propos d'une musulmane qui sait de quoi elle parle..! Les pays islamiques qui utilisent l'islam comme force motrice vont prendre un retard définitif par rapport à l'histoire moderne.

 

On entend beaucoup parler de conflit entre l'Occident et l'Islam. Je ne suis pas de cet avis. En réalité, il y a un conflit entre laïcité et fondamentalisme, entre modernité et anti-modernisme, entre innovation et création, entre esprit logique rationnel et foi aveugle, entre passé et futur -, donc, entre la Culture et l'inculture; et non un choc des incultures - Il y a conflit entre ceux qui aiment la liberté et ceux qui ne l'aiment pas.

 

Dans mes livres, j'ai souvent parlé de la vie scandaleuse du prophète Mahomet, considéré comme un saint par ses fidèles, prêts à mourir pour le suivre. J'ai dû affronter mes amis docteurs qui continuaient à aller prier à la mosquée. Eux qui étudiaient les sciences, comment pouvaient-ils croire une histoire de religion aussi absurde?

 

Je m'étonne qu'il n'y ait personne dans mon pays pour dire: "Je hais vos idées, mais je me ferais tuer pour que vos ayez le droit de les exprimer." Je n'ose rêver d'un Voltaire dans mon pays, mais au moins une petite phrase de quelqu'un, aussi modeste soit-il, ce serait déjà si exceptionnel.

 

Il faut y voir des signes montrant bien que l'islamisation a déjà fait taire ou bloqué tous les esprits." (Taslima Nasreen, le nouvel Observateur, n°1976 du 19 septembre 2002)

 

De son côté, dans un entretien accordé au nouvel Observateur (n°1979 du 10 octobre 2002), Claude Lévi-Strauss a déclaré:

 

"J'ai écrit dans "Tristes tropiques" ce que je pensais de l'islam. Bien que dans un langage plus châtié, ce n'était pas tellement éloigné de ce pour quoi on fait aujourd'hui un procès à Houellebecq. Un tel procès aurait été inconcevable, il y a un demi-siècle; ça ne serait venu à l'esprit de personne. On a le droit de critiquer la religion. On a le droit de dire ce qu'on pense. Nous sommes contaminés par l'intolérance islamique. Il en va de même avec l'idée actuelle qu'il faudrait introduire l'enseignement de l'histoire des religions à l'école. J'ai lu qu'on avait chargé Régis Debray d'une mission sur cette question. Là encore, cela me semble être une concession faite à l'islam : à l'idée que la religion doit pénétrer en dehors de son domaine. Il me semble au contraire que la laïcité pure et dure avait très bien marché jusqu'ici." [Fin de citation]

 

Ainsi, après ces rappels, déclarer devant Ayaan Hirsi Ali, toujours sous le coup d’une fatwa qui l’oblige à chercher refuge en France, que l’islam est une grande religion, et le Coran, un grand Livre, devrait paraître « indécent » à quiconque, voire d’un ridicule achevé, et vous retirer à jamais l’étiquette usurpée de « philosophe » !

 

Un mot sur les islamistes, dont la pensée superstitieuse me semble manifester plus de cohérence que la vôtre. En effet, elle demeure fidèle à une seule ligne directrice, à savoir la parole d’Allah et tout ce qui en découle. En ce sens, puisque se fondant sur des textes sacrés, le Coran en l’occurrence, leur pensée semble exempte de contradictions et d’incohérence - hormis celles qui sont inhérentes à la superstition religieuse en général, toutes religions confondues ! Cependant, pour éviter une éventuelle méprise de votre part, je souligne que je ne cautionne nullement pour autant les attentats, les atrocités et  autres méfaits commis au nom de leur Dieu.

 

Mais, sur le fond, qui pourrait trouver à redire au fait que ces islamistes purs et durs, des « croyants » auxquels on a inculqué la parole de Dieu lui-même comme étant la vérité absolue, considèrent que rien n’est au-dessus de cette vérité divine, et qu’ils ne soient donc pas enclins à « relativiser » cette prétendue vérité absolue, c’est-à-dire à renoncer au Verbe originel ? A l’exception des attentats et autres excès, des croyants d’autres religions vont aussi loin sur le fond et n’en sont pas moins intégristes, puisqu'ils prennent à la lettre leur Livre, tout aussi superstitieux dans ses dogmes.

 

C’est pourquoi, si je me mets, un instant, à la place d’un intégriste musulman, « archi-convaincu » qu’Allah a apporté au monde la vérité absolue - tout comme le premier fidèle juif ou chrétien le pense aussi de Yahvé ou du bon Dieu -, je ne m’imagine pas accepter, de gaîté de cœur, que la parole de mon Dieu, sa prétendue « vérité absolue », ainsi que ses prescriptions au quotidien puissent être remises en cause par de soi-disant réformateurs, dits « nouveaux penseurs de l’islam », à l’exemple de Rachid Benzine appelant à la rescousse rien moins que Luther et Spinoza pour une possible itchiad, ou réforme de l’islam – et encore moins à admettre une remise en question au nom de la modernité occidentale ! A ce compte-là, d’ailleurs, si les religions devaient s’adapter en permanence au modernisme des époques, quelle crédibilité conserverait leur prétendue parole d’éternité, sans cesse sujette à caution ? !

 

Toutefois, je n’entre pas ici dans un débat qui ne m’intéresse guère en raison de ma position arrêtée sur les religions en général, et sur l’islam en particulier, puisque je peux démontrer qu’il s’agit seulement de « croyances superstitieuses » qui, de ce fait, ne légitiment  aucune condamnation moralisatrice extérieure en leur nom – sauf à condamner des humains sur du « vent » ! ! ! Je retiens seulement des propos du chef de file de ces nouveaux penseurs, à savoir Rachid Benzine, qu’il y aurait une « multitude d’interprétations et de significations » dans le Livre musulman, puisque, si « le texte est divin, l’interprétation est humaine », comme ils disent : de quoi me conforter, lorsque je dis du Coran qu’il est une véritable « auberge espagnole », même si je n’ai pas eu besoin de les attendre pour ce faire - et donc en rien un grand Livre, sauf à considérer comme tel « TOUT et son contraire » !

 

Pour conclure sur ce point, je ne pense pas que ces nouveaux penseurs de l’islam iront jamais jusqu’à remettre en cause le dogme fondateur, à savoir Allah, en tant que créateur de notre monde. Ceci suffit pour maintenir l’islam dans le domaine des croyances superstitieuses jusqu’à la fin des temps, et c’est pourquoi Spinoza ne leur sera jamais d’une quelconque utilité, en dépit de l’aberration proférée !

 

Quant à Luther, il a laissé intact le dogme créationniste de la superstition originelle, et les modifications apportées n’ont guère contribué à unifier le protestantisme. C’est pourquoi, comme je l’ai fait savoir à Bruno Etienne, directeur de l’Observatoire du religieux, les nouveaux penseurs de l’islam n’en ont pas fini d’attendre une réforme dans le sens unificateur des intégristes et des modérés. Elle est, d’ailleurs, déjà rendue impossible, selon moi, aussi longtemps que n’existera pas une institution musulmane planétaire comparable à la papauté avec ses conciles mondiaux.

 

Seule une telle organisation serait en mesure d’adopter des modifications valant pour l’ensemble des fidèles, et surtout de les faire appliquer dans la communauté musulmane internationale – toutefois, les seuls massacres entre chiites et sunnites devraient suffire à dissiper cette chimère ! Que vous l’admettiez ou non, celui qui assistera à cette réforme n’est pas encore né, puisque, jusqu’à la fin des temps, l’islam, dans sa diversité, restera incapable d’accoucher de la réforme souhaitée – sauf à vous ou à quiconque de bien vouloir préciser la manière de s’y prendre, en apportant un commencement de réponse ! ! !

 

En conclusion de cette partie consacrée à l’islamisme et à l’islamophobie, n’y aurait-il pas chez vous comme une contradiction à dénoncer publiquement ceux qui critiquent l’islam, à savoir les soi-disant « islamophobes racistes », et à s’en prendre directement, en même temps,  à des musulmans intégristes, au prétexte qu’ils appliqueraient fidèlement les lois d’Allah ? ! A ce sujet, je risque même une provocation : si j’en crois Michel Onfray, intervenant sur un plateau télévisé à la suite de la publication de son ouvrage, L’athéologie, le Coran serait truffé d’incitations à mettre à mort les mécréants juifs et chrétiens notamment, et l’expression « Tuez les, tuez les ! » serait assez usuelle dans le Livre musulman. Or, jusqu’à preuve du contraire, les fidèles de toutes les religions s’efforcent de suivre les recommandations divines, et les meilleurs d’entre eux encore plus scrupuleusement que les autres – sauf à vous d’établir le contraire pour les islamistes…

 

A SUIVRE... 

 



 

 

 

Le 19 mai 2008

 

 Objet :

« Ayaan Hirsi Ali, islam, islamisme, islamophobie, "maoïsme" et boycott »

 

Monsieur Bernard-Henri Lévy

Le Point
74 avenue du Maine

75014 PARIS

Fax : 01 43 21 43 24

Courriel : support@lepoint.fr

 

 Monsieur,


Contraint de monologuer et de me rabâcher, depuis des années, en raison de votre lâcheté et de votre malhonnêteté intellectuelles avérées par une quinzaine de lettres toujours sans réponse à ce jour, je ne peux cependant  laisser passer sans réagir très vivement vos remarques admiratives sur l’islam et le Coran durant l’entretien accordé par Ayaan Hirsi Ali à Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1, le 11 février dernier, ni certains bloc-notes publiés dans l'hebdomadaire Le Point [Cf. n°1853 du 20 mars 2008 « Le Tibet, la Chine et l'arme du boycott », et n°1855 du 3 avril 2008 « Boycott, oui, islam et islam »]

 

Ces interventions, s’ajoutant à beaucoup d’autres déjà dénoncées de longue date, me donnent l’occasion de condamner tout particulièrement, une fois de plus, la teneur « antiphilosophique » générale de votre discours superstitieux, notamment moralisateur, et d’établir l’incohérence d’une pensée qui se caractérise par l’expression de « TOUT et n’importe quoi » – sauf à vous, bien entendu, de démontrer le contraire à l’aune de vos multiples prises de position contradictoires depuis l’époque de vos illusions maoïstes de jeunesse, lorsque le sort du Tibet et des Tibétains semblait bien être le dernier de vos soucis dans vos rêves révolutionnaires ! ! !

 

J’ai beau chercher dans vos multiples interventions tous azimuts une quelconque cohérence directrice, qualité par excellence de tout véritable penseur, j’en viens même à en trouver davantage chez l’islamiste le plus radical, dès lors qu’il défend la parole de son Dieu - fut-ce une vérité superstitieuse ! Empiler à longueur de temps des affirmations partisanes, notamment communautaristes, ne suffit pas à forger une pensée exempte de contradictions et d’incohérence, susceptible de guider ses contemporains, comme ce devrait être le rôle d’un philosophe digne de ce nom ! ! !

 

Avant d’en venir au sujet, je me dois, pour la clarté de l’exposé, de vous rappeler - pour la énième fois ! - en quoi la superstition est la conséquence du péché originel de notre entendement pratique. Ce dernier a, non seulement le défaut inné de prédisposer à la généralisation pour la raison déjà exposée par Spinoza, mais surtout d’« absolutiser le relatif » en renvoyant à l’Idéal le moindre de nos concepts pensés, ainsi que l’a exprimé Platon. Absolutiser le relatif consiste à faire passer fictivement pour « absolu », pour certitude absolue, le contenu seulement relatif pensé dans et sur (à propos de) notre monde par notre premier genre de connaissance.

 

Or cette faculté de notre penser nous sert seulement à vivre, à nous orienter dans notre monde des choses, grâce à sa capacité de penser en concepts génériques des images représentatives, mais aussi des abstractions notamment scientifiques (causalité, doctrine du mouvement, atomisme, etc.), ce que Spinoza nomme respectivement imaginatio et ratio.

 

Toutefois, ce penser pratique, selon la formulation de Brunner, ne nous est d’aucune utilité pour penser « vraiment », c’est-à-dire sur fondement d’Absolu, ainsi que le font les mystiques authentiques, tels le Bouddha et le Christ dans leur Parole non pervertie par la superstition religieuse qui a fait d’eux les fondateurs d’une religion, et les vrais philosophes de l’UN absolu et éternel, parmi lesquels Socrate, Platon, Giordano Bruno, Spinoza et Brunner – sauf à vous, bien entendu, d’établir le contraire !

 

Seul notre penser superstitieux nous fait prendre des vessies pour des lanternes, c’est-à-dire mélanger le relatif et l’Absolu, la réalité quotidienne et l’Idéal – la théorie et la pratique, en somme ! Ce penser s‘exprime dans la religion, toutes religions confondues – monothéistes ou non -, dans la métaphysique [Scientisme matérialiste contemporain - allant même jusqu’à croire au miracle de pouvoir régler « sur mesure » le climat de la planète pour l’éternité ! -, et scolastique idéaliste ou spiritualisme des Descartes, Kant et autres « philosopheurs »], dans l’idéologie, toutes les idéologies sans exception – illusion altermondialiste incluse -, et dans le moralisme [Morale et condamnations moralisatrices des Autres au nom de LA Morale : laquelle ? !], tous catéchismes réunis, y compris le catéchisme soi-disant universel contemporain ou Déclaration universelle des droits de l’homme, dont seule l’inobservation est réellement universelle – sauf à vous ou à quiconque d’établir le contraire à l’aune de l’actualité internationale et du devenir du monde depuis bientôt six décennies !

 

Ceci étant précisé, votre constante confusion volontaire des facultés de notre entendement, entretenue par un silence obstiné pour servir vos intérêts de toutes sortes, individuels et communautaristes, suffit à vous récuser la qualité de véritable penseur. Lui, en effet, distingue radicalement le relatif pensé  - c’est-à-dire le contenu pensé dans et sur notre monde par notre entendement pratique -, de l’Absolu ou Idéal pour la simple raison que ce dernier n’est définitivement pas de ce monde – cf. ce propos du Christ : « Mon royaume n’est pas de ce monde » -, et  il n’y sera jamais transposable !

 

Pourtant, les rêveurs et autres « croyants au miracle », la quasi-totalité des humains en somme, ne désespèrent pas de transposer l’Idéal dans le quotidienDEMAIN certes, toujours DEMAIN, seulement DEMAIN ! -, ainsi qu’il en va avec les promesses de la superstition idéologique. Vous appartenez indiscutablement à cette catégorie, puisque, loin de dénoncer comme étant une aberration intellectuelle et philosophique le soi-disant « ordre juste » de l’ex-candidate socialiste, vous l’avez même soutenue dans cette sornette – vous avez dit « philosophe » ? ! Encore faudrait-il pour cela que vous ayez au moins l’honnêteté et le courage intellectuels de défendre vos points de vue  superstitieux afin de leur donner un semblant de crédibilité ! ! !

 

Les jugements moralisateurs à propos de tout, et particulièrement aujourd’hui en matière de racisme et d’antisémitisme, témoignent également que les censeurs fondent leurs condamnations moralisatrices sur la croyance que l’Idéal « en soi » ferait partie de notre monde. En effet, les censeurs autoproclamés, chiens de garde de LA Morale, jugent les Autres au nom de l’Idéal, comme si c’était réellement le cas - et surtout, afin de légitimer d’être ses porte-parole, comme si eux-mêmes lui étaient en tout point conformes !

 

C’est seulement sur cette aberration intellectuelle et philosophique que se fondent toutes les condamnations moralisatrices en général, et les vôtres en particulier, tandis que les pauvres humains n’en peuvent mais de ne pas être en tout point semblables à l’Idéal dicté par les censeurs et les donneurs de leçons de morale aux Autres - voire imposé par le terrorisme intellectuel de l’époque, qui confond l’Idéal, la théorie, avec la pratique, à savoir la réalité de notre nature humaine égoïste, à laquelle n’échappe aucun des six milliards d’humains - hypocrites, inconscients et censeurs inclus : ce sont les mêmes !

 

Sur ce dernier point, bien que réduit au silence face à l’Absolu ou Idéal, vous n’en poursuivez pas moins l’œuvre funeste de la superstition moraliste en colportant ses mensonges et ses « croyances au miracle » résultant des trois fictions sur lesquelles elle se fonde - sans avancer pour autant le moindre argument contraire à mes propos ! Mélanger l’Absolu ou Idéal et le relatif conduit nécessairement à tomber dans les divers modes d’expression de la Superstition, ainsi que je pense l’avoir établi à votre encontre dans ma lettre du 11 février 2005, qui avait pour objet « Bernard-Henri Lévy : incarnation de la Superstition », adressée à votre intention aux Editions Grasset – toutefois, il ne vous est toujours pas interdit de démontrer le contraire !

 

Qu’il y ait aujourd’hui comme hier, et assurément demain, pléthore de soi-disant intellectuels et de pseudo-philosophes tels que vous pour colporter des mensonges et des « croyances au miracle » fondés sur le seul penser superstitieux suffit à établir que notre époque, bien qu’elle se croit au comble du modernisme des idées, est en réalité au summum du conformisme superstitieux, tant en matière de religion, que d’idéologie et de moralisme – sauf à vous ou à quiconque de démontrer le contraire, car, personnellement, je pense l’avoir établi, de manière incontestable, dans les centaines de pages, forcément répétitives, toujours à votre disposition !

 

Que notre époque soit aussi obscurantiste que ses devancières, ainsi que les siècles suivants en jugeront à l’aune de notre propre examen du passé, ne devrait faire aucun doute pour quiconque au seul vu des prétendues élites d’aujourd’hui dénoncées dans le texte annexé, Mensonges et lâcheté des élites. Assurément, profitant toutes du système médiatique, elles ne vont quand même pas s’entre-dénoncer sur le plan philosophique, et c’est pourquoi leurs débats d’idées se limitent toujours seulement à opposer - « à l’infini » ! - des points de vue relatifs partisans à d’autres, tout aussi relatifs et partisans, mais jamais à les confronter, TOUS sans exception à LA Vérité absolue, qui suffit à les invalider !

 

Et c’est ainsi que ces soi-disant élites peuvent continuer, tout en se contredisant, à bénéficier d’un immense crédit dans une opinion portée par nature plus à croire qu’à réfléchir - donc incapable de mettre en lumière leurs mensonges et leurs « croyances au miracle » de toutes sortes ; certes, la diversité des opinions est légitime en démocratie, mais elle ne justifie pas qu'elles soient aussi mensongères les unes que les autres, car seulement partielles, mutilées et partisanes l

 

En conséquence, aussi longtemps que vous refuserez d’examiner sur le fond les mensonges et les « croyances au miracle » de la Superstition dans ses divers modes d’expression en exposant vos objections rationnellement et philosophiquement étayées, je serai légitimé à vous accuser, ainsi que tous les faiseurs d’opinion dénoncés, de mentir, de manipuler et de tromper l’opinion.

 

Les  mensonges de la Superstition sont d’autant plus éhontés qu’ils ont valeur d’éternité par refus de débattre, puisque sans aucune chance d’être démentis publiquement, et ils sont d’autant plus graves qu’ils servent à légitimer vos constantes condamnations moralisatrices partisanes, qui font culpabiliser la France et les Français au nom d’un passé révolu de plusieurs décennies, voire de plusieurs siècles. Assurément, se présenter devant l’opinion en « vertueux », en représentant de l’Idéal sur Terre, est très pratique pour dissuader quiconque de condamner ses propres turpitudes, par exemple les atteintes aux droits de l’homme au Proche-Orient, au Moyen-Orient, sur le continent africain, etc.

 

Ici et là sur la planète, en effet, les congénères des donneurs de leçons antiracistes d’ici s’entretuent à qui mieux-mieux dans d’interminables conflits interethniques, interreligieux ou autres, sans oublier les régimes dictatoriaux et corrompus qui y règnent – alors, vos leçons de morale, Messieurs les censeurs, merci de les réserver d’abord à votre propre usage !

 

Seuls votre refus de débattre sur les fictions du moralisme ainsi que le terrorisme intellectuel que vous faites peser sur la France et les Français en vertu de la loi du plus fort – financièrement, médiatiquement et politiquement ! - légitiment vos prises de position. Sinon, la confrontation de vos points de vue relatifs et partisans à LA Vérité absolue suffirait à établir les contradictions et l’incohérence de votre pensée, ainsi qu’il en va de vos propos sur la religion en général, et sur l’islam en particulier, tenus face à Ayaan Hirsi Ali.

 

Spinoza, en effet, a dû se retourner dans sa tombe, lorsque vous avez déclaré, sur un ton admiratif, à propos de l’islam et du Coran : « C’est une grande religion ; c’est un grand Livre ! » [SIC ! ! !] Vous avez vraiment de la chance de vivre dans un monde de « TARÉS », où la « débilité intellectuelle » de l’époque, a fortiori philosophique, est manifeste, et dans lequel n’importe qui peut affirmer n’importe quoi sans argumenter, tout en passant pour un esprit brillant et éclairé.

 

C’est le cas de vos propos parlant d’un prétendu « islam des Lumières », comme si le Dieu superstitieux des religions n’était pas un gouffre de contradictions, de la promesse d’établir un ordre juste, et affirmant qu’une quelconque chose humaine, fut-ce la colonisation, pourrait comporter « exclusivement » du contre, du négatif, des inconvénients ! ! ! [Cf. lettre du 12 décembre 2005, « Vérité coloniale officielle »]

 

De tels propos inconséquents tenus publiquement par quelqu’un, officiellement reconnu comme un philosophe, devrait conduire l’époque à s’interroger sur le niveau intellectuel et philosophique de ses faiseurs d’opinion, mais aussi de l’opinion elle-même. Car ce sont ces mêmes superstitieux qui décident d’un Bien et d’un Mal prétendument absolus, en dictant ce qu’il est absolument bien ou mal de penser, de dire et de faire aujourd’hui - sans s’encombrer pour autant des contradictions entre leurs paroles et leurs actes !

 

Pour revenir à l’islam, si Ayaan Hirsi Ali, surtout préoccupée par l’oppression des femmes au nom de cette religion, réclamait une analyse critique du Coran, c’est qu’elle ignorait assurément, non seulement les propos de Spinoza dénonçant la superstition musulmane dans sa lettre à Albert Burgh [Cf. Correspondance, Lettre LXXVI], mais surtout la démonstration more geometrico d’Éthique I, où il établissait que le Dieu-créateur superstitieux est incompatible avec ce que lui-même nomme Dieu ou substance. En effet, la Vérité absolue est UNE, unique, et pas « deux » comme dans les diverses formes de la Superstition - forcément, puisque « deux » absolus, c’est une « impossibilité absolue » par définition ! ! !

 

Qu’Ayaan Hirsi Ali ne connaisse pas la pensée de Spinoza est une chose, mais que Bernard-Henri Lévy, médiatiquement reconnu comme philosophe – fut-ce à tort ! -, n’en tienne aucun compte, c’est une toute autre histoire, car vos louanges sur l’islam vous mettent en porte-à-faux avec la philosophie. Si vous le contestez, je vous mets au défi, en raison de l’incompatibilité dénoncée, de soutenir que l’islam est une grande religion et de démontrer en même temps que vous seriez « réellement » un philosophe !

 

D’ici-là, en biaisant sur le fond, vous manipulez et trompez l’opinion, sans développer ici l’argumentation philosophique de Spinoza démontrant l’impossibilité absolue par définition de la coexistence de « deux » absolus, que vous ne pouvez prétendre ignorer sans vous récuser vous-même un statut de philosophe, dont vous jouissez indûment dans une société en rien moins obscurantiste que les précédentes - voire davantage, à en juger par les milliards de fidèles des religions monothéistes, auxquels s’ajoutent aujourd’hui, dans notre époque dite « moderne », les milliards de « croyants » en des idéologies promettant de changer le monde et les innombrables tenants du catéchisme des droits de l’Homme, tout aussi crédules ! ! ! C’est à se demander comment un philosophe reconnu peut aussi y croire « vraiment », ou si vous faites seulement semblant, ainsi que j’ai plus que tendance à le penser…

 

Pour résumer mon opinion sur vos propos concernant l’islam et le Coran, j’affirme qu’on ne peut pas parler d’un islam des Lumières, déclarer que c’est une grande religion et dire du Coran que c’est un grand Livre, tout en prétendant comprendre la « vraie » philosophie - sauf à être un « philosopheur », et non un philosophe !  

                       

 

A SUIVRE... 

Le 10 mai 2008

Objet :

« "Garce de vérité" : Philosophie ou Superstition ? »

 

 Monsieur François de Closets

 1, Villa George Sand

 75016 PARIS

 

Monsieur,

 

 

Je vous remercie de votre courrier manuscrit posté le 29 avril dernier, même si, en réalité, il n’exprime qu’une fin de non recevoir à ma lettre du 3 mars 2008 adressée par télécopie aux Editions Arthème Fayard à votre intention.

 

Dans ma lettre, qui avait pour objet « Garce de vérité et bonne conscience », j’avais repris deux expressions de votre livre, Le divorce français, pour attirer votre attention sur les mensonges et les « croyances au miracle » de la Superstition dans ses divers modes d’expression, idéologie et moralisme notamment, afin de les confronter à l’Absolu, à LA Vérité absolue.

 

Sans penser à mal contre vous, d’autant moins que je partage nombre de vos prises de position sociétales – néanmoins, en rien absolues ! -, je ne saurais toutefois accepter, d’un point de vue strictement  philosophique, que vous balayiez d’un revers de plume l’Absolu, LA Vérité éternelle absolue, en procédant par affirmations, non seulement gratuites mais contradictoires, sans le moindre argument d’ordre philosophique contre ce qui est « absolument vrai », autrement dit « vrai de toute éternité ».

 

Ce qui est « absolument vrai » est seulement exprimé par la « vraie » philosophie, au sens où l’entend Spinoza, et par la mystique authentique - celle du Bouddha et du Christ dans leur Parole non pervertie par la foule superstitieuse qui en a fait  les fondateurs d’une religion qu’ils n’ont pas voulu créer. Cet éternellement et absolument vrai est véritablement le seul et unique « invariant » : aujourd’hui comme hier et demain, puisque, même dans des millénaires, il n’aura toujours pas pris une ride – sauf à vous ou à quiconque de démontrer le contraire !

 

Si la totalité de notre « pensé », à savoir tout le contenu pensé par notre entendement pratique dans et sur (à propos de) notre monde, est à jamais relatif, l’Absolu ou Idéal n’est définitivement pas de ce monde et  demeure « en soi » inconnaissable jusqu'à la fin des temps. En conséquence, dans ses innombrables concepts idéalisés, notre penser humain n’a que de pâles reflets du Vrai, du Beau et du Bien absolus, ou idéaux du Vrai, du Beau et du Bien.

 

En effet, si nous ne pouvons pas penser le moindre de nos concepts sans être renvoyés en même temps à l’Idéal du concept pensé (par exemple : homme et homme idéal, femme et femme idéale, bijou et bijou idéal, liberté et liberté idéale ou absolue, égalité et égalité absolue ou idéale, etc., etc.), ces « idéalisations » subjectives, relatives, ne sont, et ne seront jamais, que des copies de l’original « en soi », c’est-à-dire seulement nos représentations « relatives » de l’Idéal ou Absolu - jamais l’Absolu ou Idéal « en soi » !


Il n’en demeure pas moins, cependant, qu'il est impossible d’avoir des représentations, quelles qu’elles soient, d’un « quid » qui n’aurait aucune réalité, aucune existence – d’un « néant » en somme ! Par conséquent, sauf à vous ou à quiconque de démontrer le contraire, nos représentations mêmes subjectives, relatives, attestent que l’Absolu ou Idéal n’est pas seulement une chimère, un quid sans réalité.

 

Pour distinguer celui-ci du Dieu superstitieux des religions et de la scolastique idéaliste, il suffit d’établir les contradictions et les impossibilités de ce dernier conduisant à la croyance en « deux » absolus et en un libre arbitre qui, théoriquement, laissait à ce Dieu le libre choix de créer, ou non, notre monde !  Nous avons donc bien de la chance d'être là  ! ! !

 

Notre penser humain est ainsi fait qu’il nous prédispose à prendre notre monde pour une réalité absolue, c'est-à-dire existant « absolument », alors qu’il n’a d’existence que « relativement » à notre penser spécifique, en dehors duquel il n’a aucune réalité, comme cela peut être démontré - et sauf à vous ou à quiconque d'établir le contraire ! A l'inverse, ce qui existe « absolument », puisque son essence implique nécessairement l’existence, est considéré comme « non existant » par ceux qui le nient – c’est le monde à l’envers !

 

Et ce n’est pas à force de soi-disant « petits pas en avant », comme le croient volontiers les humains, que l’abîme infranchissable entre le relatif, à savoir ce qui n’existe que relativement, et l’Absolu ou Idéal sera comblé. Même pas DEMAIN, à la saint Glin-glin, comme les découvertes successives, et souvent contradictoires, de la Science au cours des millénaires suffisent à l’illustrer. En effet, la vérité officielle scientifique, selon l’expression de Claude Allègre, c’est-à-dire la vérité scientifique absolue, ça n’existe pas – et « ça » n’existera jamais – sauf, encore une fois, à vous ou à quiconque de démontrer le contraire !

 

Nous avons l’illusion de pouvoir connaître, comprendre et expliquer « absolument » notre monde, mais, que vous l’admettiez ou non, dans notre monde humain tout est relatif, rien n’est absolu, à commencer par l'explication scientifique de notre monde – et c'est pourquoi les théories et hypothèses  de la Science ne constitueront jamais un « invariant ». La science est condamnée à la « relativité » jusqu’à la fin des temps, et Albert Einstein, spinoziste convaincu, ne s’y est pas trompé en baptisant ses théories sur l’univers ! ! !

 

Certes, refuser de poursuivre le débat de fond jusqu’à son terme ultime est le meilleur moyen d’avoir toujours raison - dans le « relatif » ! Se contenter seulement d’opposer « à l’infini » des points de vue relatifs partisans, en matière de religion, de métaphysique, d’idéologie et de moralisme, à d’autres tout aussi relatifs et partisans, sans jamais les confronter à l’Absolu, à LA Vérité éternelle absolue, ne leur confèrera jamais aucun caractère d’ « absoluité ». Seule LA Vérité absolue suffit à mettre un terme définitif à notre penser relatif, ou penser du « relatif », en l’invalidant dans sa prétention à exprimer l’Absolu, en dépit d’innombrables contradictions et incohérences. Comment le prétendu « vrai » pourrait-il être « absolument vrai », dès lors qu’il en comporterait une seule, ou que lui ferait face une vérité contraire ? !

 

Seul le penser de l’Esprit véritable, qui n’est pas celui de la superstition religieuse ou idéaliste à la Kant, à savoir le penser spirituel de la vraie philosophie et de la mystique authentique, est totalement exempt d’incohérence, de contradiction, car sa Vérité est UNE, unique - sauf à vous ou à quiconque d’établir le contraire, en commençant par démontrer une quelconque faille dans le raisonnement more geometrico de la première partie de l’Éthique sur ce que Spinoza nomme Dieu ou substance ! Jusqu’ici, en tout cas, aucune des élites dénoncées ne s’y est risquée - pas même un seul de nos prétendus intellectuels et pseudo-philosophes médiatisés, pourtant mis au pied du mur, à maintes reprises ! ! !

 

C’est pourquoi, en raison de leur malhonnêteté et lâcheté intellectuelles,  la Superstition, telle que précisée dans le courrier antérieur, peut continuer à colporter, au fil du temps et des civilisations, les mensonges et les « croyances au miracle » du pensé humain, à savoir le contenu pensé seulement « relatif » de notre entendement pratique [penser d’images représentatives en concepts, et penser des abstractions, notamment scientifiques], que notre penser superstitieux « absolutise fictivement » – mensongèrement, par refus de débattre ! Comme déjà dit, il en va ainsi dans la religion, toutes religions confondues – monothéistes ou non -, dans la métaphysique [Scientisme matérialiste contemporain comme chez Aristote, et pseudo-philosophie theologico-spiritualiste ou scolastique idéaliste des Descartes, Kant et autres « philosopheurs »], dans l’idéologie, toutes les idéologies sans exception – illusion altermondialiste incluse -, et dans le moralisme [Morale et condamnations moralisatrices partisanes des Autres, au nom de LA morale], tous catéchismes réunis, y compris le catéchisme soi-disant universel contemporain ou Déclaration universelle des droits de l’homme.

 

En clair, dans ses divers modes d’expression, la Superstition conduit au « dualisme » des absolus, à la croyance en la coexistence de deux absolus : un créateur ou un principe créateur (primus motor, big bang, théorie des cordes, ainsi que la suite à venir) et sa création, un Bien et un Mal absolus, etc.] Le problème insurmontable est que la coexistence de deux absolus, c’est une « impossibilité absolue » par définition, comme Spinoza l’a démontré more geometrico dans Éthique I – mais il ne vous est pas interdit d’établir le contraire !  

 

En raison des évènements actuels occasionnés par les Jeux olympiques de Pékin sur fondement de « droits de l’homme », considérés, ou plutôt imposés, comme une réalité absolue, je tiens à dénoncer tout particulièrement, une fois de plus, le catéchisme soi-disant universel contemporain dans sa prétention à exprimer l’absolu. Comme l’a dit trivialement le député Jérôme Chartier, chacun « se gave » des droits de l’homme, de liberté, d’égalité, etc. sans les respecter réellement pour autant dans son quotidien - sauf les « vertueux » évidemment, censeurs autoproclamés et donneurs de leçons de morale aux Autres, puisque leur devise favorite est toujours la même : « Je suis vertueux, donc je condamne ! » - à moins que ce ne soit l’inverse !

 

Quitte à me répéter jusqu’à provoquer vos objections de fond, je maintiens que ce catéchisme universel, fondé seulement sur l’ « absolutisation fictive du relatif », se caractérise, non seulement par son inobservation universelle – sauf à vous ou à quiconque d’établir le contraire à l’aune de l’actualité internationale quotidienne et du devenir du monde depuis bientôt soixante ans ! -, mais surtout par son incohérence et les contradictions résultant précisément du penser superstitieux, qui prend ses désirs pour la réalité ou vérité absolue.

 

Le nier, sans démonstration contraire, c’est manifester l’intention délibérée de continuer à colporter les mensonges et les « croyances au miracle » du monde en faisant croire au père Noël, à savoir qu’il serait possible de transposer l’Idéal dans le quotidienDEMAIN, toujours DEMAIN, seulement DEMAIN, hélas ! -, à l’exemple du droit au logement opposable pour tous, ou du soi-disant « ordre juste » de Ségolène Royal – une aberration intellectuelle et philosophique mensongère, dont l’ex-candidate socialiste refuse toujours aussi obstinément de débattre.

 

Toutes les belles mais fallacieuses promesses ont pour seule conséquence de laisser les humains « naïfs, cocus et frustrés » jusqu’à leur dernier jour, puisqu’ils attendront en vain comme sœur Anne jusqu’à la fin des temps sans jamais rien voir venir des heures radieuses promises par les marchands de rêve, et escomptées par les « croyants au miracle » - libre à ceux-ci, toutefois, de continuer à se laisser berner, ou non ! Ils n’ont que ce qu’ils méritent ! ! !

 

Comme déjà dit, le pompon en matière d’incohérence revient incontestablement à ce propos croquignolet de Jean-Louis Bianco, alors directeur de campagne de Ségolène Royal, déclarant « sans rire » sur RMC Info : « On a le droit de tout dire, mais il y a des limites. » ! ! ! Sans rien comprendre à l’absolu, voire en le niant comme vous, le catéchisme universel contemporain apporte au moins la preuve qu’il exprime tout sauf l’absolu, LA Vérité absolue, puisque ses articles 19 et 29 se contredisent. Le premier, en effet, prône une liberté d’opinion et d’expression absolue, que le second s’empresse de « relativiser ». Mais il est vrai que les « croyants au miracle », soit la quasi-totalité de l’humanité en somme, prennent pour argent comptant ce qui est simplement affirmé sans démonstration dans des catéchismes de toutes sortes ! ! !


A SUIVRE... 

 

Le 10 mai 2008

Objet :

« "Garce de vérité" : Philosophie ou Superstition ? »

 

Monsieur François de Closets

1, Villa George Sand

75016 PARIS

 

Monsieur,



Ici et maintenant, la réalité de la liberté d’expression, loin d’être absolue puisqu'elle est même censurée, se présente de la manière suivante. Dans un petit canton de l’univers, selon l’expression du sociologue Michel Mafessoli, représentant 1% de la population mondiale, de vertueux « bien-pensants », appartenant au monde de l’information, de la politique, de l’intelligentsia et à des groupes de pression communautaristes (Noirs, musulmans et juifs, entre autres), pourtant pas plus irréprochables que tous les autres humains, mais érigés arbitrairement en censeurs autoproclamés et donneurs de leçons, ne cessent de proclamer leur attachement à la liberté d’expression, sous-entendue « absolue » (cf. Jean-Louis Bianco) - sinon ils ne seraient plus de vertueux défenseurs des droits de l’homme ! Mais, dans le même temps, puisqu’ils détiennent le pouvoir financier, médiatique et politique de faire l'opinion, ils n’ont de cesse, étant à la fois juges et parties, de nous dire ce qu’il est bien, « absolument bien », ou mal, « absolument mal »,  de penser, de dire et de faire.

C’est la conséquence de l’article 29 de la Déclaration universelle dans sa contradiction de l'article 19 : vous disposez d’une liberté d’expression absolue, mais avec des limites ! ! ! Un signe, de plus, de la « débilité intellectuelle » de l’époque, qui affirme « tout et son contraire », mais il n’est pas le seul à votre disposition – l’actualité en regorge !

 

 

Le jour, où vous dénoncerez publiquement l'aberration intellectuelle et philosophique de la superstition moraliste tentant de combiner le relatif et l’absolu à des fins partisanes intéressés, à défaut de parvenir à LA Vérité absolue « en soi », c'est-à-dire « absolument absolue »,  vous tendrez vers une vérité au moins universelle en faisant prendre conscience aux humains de l’époque de la « relativité » de toutes les postures morales, moralisatrices, condamnant ici ce qui se pratique ailleurs.

Ainsi, par exemple, nous en sommes à célébrer ici même la mémoire de l’esclavage - fut-ce au prix d'un nouveau « couac » de Nicolas Sarkozy avec son projet de programme d'histoire en primaire ! -, dans le même temps où Malek Chebel vient de publier un ouvrage intitulé, L’esclavage en terre d’islam, dans lequel il dénonce la survivance de cette pratique sur le continent africain. [Cf. entretien accordé à l’hebdomadaire Le Point, n°1826 du 13 septembre 2007, sous le titre « L’islam est victime de sa culture esclavagiste » - un nouveau signe incontestable de la «débilité intellectuelle» de l'époque ! ! !
  Sauf à vous ou à quiconque de démontrer que tout et son contraire exprime le summum de la Raison humaine...
 

Dans le même ordre d'idées, la discrimination en général ne se limite pas au racisme et à l’antisémitisme, comme de prétendus vertueux voudraient le faire croire ici, en le rabâchant quasiment chaque jour sur différents médias. En réalité, en effet,toutes les formes de discrimination sont aussi pénibles à supporter pour ceux qui en sont victimes, quels que soient les critères discriminants [sexe, âge, comportement sexuel, opinions politiques, religieuses, etc., statut social, fortune, handicap, maladie, apparence hysique et vestimentaire, etc.]

Le « racisme anti-pauvres », en particulier, touche beaucoup plus de monde sur la planète que n’importe quelle autre forme de discrimination, mais eux ne disposent pas des mêmes moyens (financiers, politiques et médiatiques) que d’autres pour faire de leur cause un critère discriminatoire prépondérant ! Ce dernier ne suffit d’ailleurs pas à éradiquer le racisme manifesté en divers lieux de la planète, au Proche et au Moyen-Orient comme sur le continent africain, entre autre, par les congénères des donneurs de leçons antiracistes ici, comme l’actualité l’illustre quasi quotidiennement avec leurs conflits interethniques et interreligieux ou autres, perdurant même depuis des décennies, sans encore apercevoir la moindre embellie à ce jour, malgré le recours à d'innombrables conférences  de toutes sortes !

 

En revanche, démonstration à l’appui, il est possible d’établir que la superstition moraliste, avec ses jugements moralisateurs, se fonde uniquement sur des fictions bien pratiques, et surtout très « juteuses », pour faire culpabiliser les humains au nom d’un passé révolu de plusieurs décennies, voire de plusieurs siècles, et pour occulter les propres turpitudes des censeurs et donneurs de leçons aux Autres.

 

Brièvement rappelées, les trois fictions moralistes, source des condamnations moralisatrices partisanes, qui continuent à régir la marche morale de la société humaine universelle comme aux pires époques obscurantistes, sont établies :

 

 1) sur la croyance superstitieuse en un Bien et un Mal soi-disant absolus, malgré l’impossibilité mentionnée ci-dessus,

 

 2) sur la division artificielle manichéenne des humains en deux catégories aux frontières supposées étanches : les bons, les « vertueux », les soi-disant antiracistes aujourd’hui, nous, et les mauvais, les « salauds », les exclusivement racistes, eux,

 

3) et sur l’illusion d’un prétendu « libre arbitre », en vertu duquel la marche du monde dépendrait de notre seule volonté libre, puisque, comme cela est de notoriété publique, vouloir, c’est pouvoir – il suffit d’y croire !

 

A en juger par le devenir du monde depuis des millénaires jusqu’à nos jours, personne ne devrait plus douter que notre volonté est impuissante à changer le monde, et que tous les phénomènes ou évènements (naturels, historiques, collectifs et individuels) dépendent seulement de la « nécessité », au sens spinoziste du terme, comme je suis tout disposé à le démontrer à quiconque accepte de débattre de l’illusion des droits de l’homme, bafoués par chacun à des titres divers.

 

Après ce rappel non exhaustif de considérations générales sur la Superstition, la confusion des facultés entre le penser pratique, exprimant seulement la « relativité » de notre monde, et le penser spirituel véritable, qui est la voix et  la voie de l’Absolu, me conduit à analyser vos propos sur l’absolu, également entachés de ce péché originel, même si c’est votre droit le plus légitime de vouloir vous en tenir au « relativisme » des idées. Ce qui est illégitime, en revanche, c’est ce péché capital de notre entendement, qui consiste à présenter superstitieusement comme absolu, comme vérité absolue, ce qui n’est que relatif.

 

Sur l’absolu lui-même, vous avez sommairement déclaré afin de le récuser :

 

« Pour l’absolu dont vous parlez, je n’en vois la place que dans le subjectif total. Il me paraît être de l’ordre de l’expérience intérieure, de l’ineffable. »

 

Vos expressions, « expérience intérieure » et « ineffable », vous sont  très certainement inspirées par ce qui est dit habituellement à propos de la religion avec son Dieu superstitieux et les mystères qui l’entourent. Ainsi la signification spécifique du terme « ineffable » se retrouve-t-elle aussi bien dans le dictionnaire le plus ordinaire, par quoi est entendu « ce qui ne peut être exprimé par des paroles », que dans le dictionnaire de l’Académie française (8ème édition), où je relève :

 

« Ineffable, se dit particulièrement, en parlant de Dieu et des mystères de la religion. La grandeur ineffable de Dieu. Le nom ineffable de Dieu. Le mystère ineffable de l’Incarnation. »

 

Emile Littré lui donne la même signification en écrivant : « Ineffable se dit tout particulièrement de Dieu et des mystères de la religion. »

 

Assurément, la religion prédispose aux mystères et aux croyances au miracle car, avez-vous jamais vu une religion se lancer dans une quelconque démonstration pour établir l’existence incontestable de « son » Dieu ? La superstition religieuse des chrétiens, des musulmans et des juifs, entre autre, demande simplement aux fidèles de croire sur parole, à l’image du pari de Pascal ; et ce, fut-ce uniquement en vertu de l’adage ancien « credo quia absurdum » ?

 

Je retiens de vos propos que ce qui est soi-disant ineffable ne pourrait pas être exprimé en paroles, et relèverait de l’expérience intérieure de chacun. Or ceci a pourtant été démenti sans ambiguïté par le Christ dans une parole bien connue, certes pervertie par la superstition religieuse, alors qu’il visait à établir l’unicité de l’Absolu en déclarant : « Moi et le père ne faisons qu’UN » - et pas « deux » comme dans le penser superstitieux des religions et de la métaphysique matérialiste et idéaliste ! ! !

 

Et que dire de Spinoza à ce sujet, puisqu’il n’a pas seulement « affirmé » comme le font les religions pour être crues simplement sur parole ? Lui a également « démontré » more geometrico l’existence absolue de ce qu’il nomme Dieu ou substance, en le débarrassant des prétendus mystères entourant le triple Dieu, le « Dieu trois en un » de la superstition religieuse, ne serait-ce qu’à propos du créationnisme, loin d’être une vérité absolue face au scientisme matérialiste ? C’est pourquoi je vous invite à nouveau à démontrer une quelconque faille éventuelle dans le raisonnement spinoziste d’Éthique I – ou, à défaut, de préciser quel est votre « invariant », pris hors superstition religieuse, mystique authentique et vraie philosophie !

 

Pour ce qui est de votre formule, selon laquelle « la place de l’absolu est dans le subjectif total », c'est une contradiction manifeste par définition : en effet, ce qui est subjectif, donc relatif, ne saurait en aucun cas être absolu – dans ce cas, il s’agit seulement d’un « absolu fictif », sans aucune réalité, à l’image du Dieu religieux ou kantien !

 

Lorsque vous écrivez : « Je suis dans l’opérationnel pur et pas dans le philosophique. », je suis en droit de vous rétorquer que ma démarche, à savoir mon combat contre la Superstition sous toutes ses formes, n’est pas moins opérationnelle que la vôtre - sans rêver pour autant de changer le monde ! Outre que j’aimerais bien savoir ce que vous entendez précisément par « le philosophique » dont vous parlez, tout en niant l’Absolu où il mène, pourquoi les condamnations à mort et les excommunications de ces grands diseurs universels de LA Vérité absolue, Socrate, le Christ, Giordano Bruno et Spinoza, entre autres, si leur démarche dénonçant les mensonges de leur temps n’était pas opérationnelle, c’est-à-dire une tentative d’éveiller les humains pour les délivrer des chaînes de la Superstition ?

 

Votre propos semble sous-entendre que vous tenez la philosophie pour un simple jeu de la pensée, une spéculation plus ou moins fumeuse, mais en rien opérationnelle. C’est oublier un peu vite, ou pire ignorer, que la « vraie » philosophie, qui n’est ni le matérialisme scientiste, ni l’idéalisme de Descartes ou de Kant, est active, donc opérationnelle, ne serait-ce que par son effet tant soit peu modificateur de notre égoïsme inné chez ceux qui la comprennent – sans toutefois jamais le supprimer totalement, y compris chez les plus sages !

 

Lorsque vous ajoutez : « Il s’agit de savoir ce qu’on doit faire », j’ose espérer que vous n’avez pas en tête que les philosophes seraient incapables de choisir une ligne directrice entre des points de vue relatifs. Bien au contraire, je dirais même que, véritablement inspirés par l’Absolu, ils sont mieux en mesure que quiconque de faire des choix plus judicieux. Ils ne tombent pas, en effet, dans toutes les chimères de l‘air du temps, qui se résument aujourd’hui à croire pouvoir transposer l’Idéal dans le quotidien, à créer l’Absolu dans le relatif – avec toutes les inconséquences qui en résultent dans la pratique.

 

C’est le cas de l’idéologie dans son espoir d’avènement d’un monde parfait avec des humains imparfaits – cherchez l’erreur ! -, et du moralisme avec sa croyance que le catéchisme des droits de l’homme réussirait ce qu’aucun autre catéchisme, Petit livre rouge ou catéchisme religieux, n’est pas parvenu à faire en des millénaires : rendre les humains meilleurs en les débarrassant de leur égoïsme effréné, afin d’éradiquer, définitivement et universellement, les sempiternels maux de l’humanité, à commencer par la misère mondiale - mais il y en a tant d’autres que je n’évoque pas ici ! -, et à instaurer, tout aussi définitivement et universellement : justice, paix, démocratie, liberté, égalité et fraternité sur la Terre ! ! ! Pour tout vous dire, nous reparlerons d’égalité et de fraternité, lorsque les riches auront partagé leurs richesses avec les pauvres – DEMAIN, comme dab ! ! !


En conclusion, si c’est bien votre droit le plus légitime de vous en tenir au relativisme de notre « pensé », du contenu pensé humain, vous n’en couvrez pas moins ainsi les mensonges et les « croyances au miracle » de toutes les formes de la Superstition jusqu’à la fin des temps, puisqu’ils ont valeur d’éternité, faute de les confronter à l’Absolu, à LA Vérité absolue, pour les dénoncer et les combattre.

 

Vous êtes opérationnel à votre manière « relative », et la mienne, au vu du texte annexé, Mensonges et lâcheté des élites, dénonçant nommément ces soi-disant « élites » du monde de l’information, de l’intelligentsia, de la politique et de nombre d’associations droits-de-l’hommiste, faiseuses d’opinion mais réduites au silence face à l’Absolu, ne l’est pas moins. Et c’est un tel plaisir de les voir lâchement refuser le débat auquel elles sont conviées en vain depuis des années, faute d’avoir des objections à formuler et des propositions concrètes pour relever le défi lancé à tous les penseurs, responsables politiques et autres du monde entier.

 

Malgré mon argumentation forcément non exhaustive ici, mais il ne tient qu’à vous d’aller plus avant, à la question posée dans l’objet de ce courrier, il ne devrait pas faire de doute pour vous que la « garce de vérité » ne saurait résulter de la « vraie » philosophie, mais bien de la Superstition dans ses divers modes d’expression.

 

Dans l’attente de vos éventuelles objections, rationnellement et philosophiquement étayées, je vous remercie de votre attention et vous prie d’agréer, Monsieur, mes salutations distinguées.

 

 Annexe : Mensonges et lâcheté des élites


[Les éventuels défauts de présentation constatés sont indépendants de ma volonté] 

 

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