Texte Libre

BIENVENUE sur le blog « Philosophie contre Superstition »

«Je ne prétends pas avoir rencontré la meilleure des philosophies, mais je sais que je comprends la vraie philosophie.» (Spinoza, Correspondance)
 
«Nous sommes des matérialistes de l'entendement pratique ET des idéalistes de l'Esprit.» (Brunner, Matérialisme ET Idéalisme)
 

«Le  réel par excellence, ce ne sont pas les contradictoires entités sur lesquelles
travaillent les hommes de science contemporains, mais ce que Spinoza nomme la substance.»
 (Bernard d'Espagnat, A la recherche du réel)

«Ne cherche pas à ce que ce qui arrive arrive comme tu veux, mais prends
conscience que ce qui arrive arrive comme il arrive, et le cours de ta vie sera
heureux.»
(Epictète, Manuel d'Epictète, § 13) 

«L’éthique, c’est la morale débarrassée de ses croyances superstitieuses et de ses condamnations moralisatrices » (Citation personnelle)

PRÉSENTATION GÉNÉRALE

La « vraie » Philosophie se distingue - par essence - de la Superstition. Elle est la voix et la voie du UN absolu ou Vérité éternelle, tandis que la Superstition sous
toutes ses formes se caractérise par son «dualisme» des absolus, à savoir la croyance en l'existence absolue de «deux» absolus : un Créateur ou un principe créateur et sa création. Or, la coexistence de «deux» absolus est une impossibilité absolue par définition, puisque ce qui est « absolument absolu » ne peut-être qu'UN, Unique, comme cela se démontre more geometrico à la manière de Spinoza..

Dans ses divers modes d'expression, la Superstition se caractérise donc par l'«absolutisation du relatif», un procédé intellectuellement malhonnête consistant à faire passer mensongèrement pour «absolu» le contenu seulement relatif pensé dans et sur (à propos de) notre monde.

Le penser superstitieux  s'exprime dans la religion, toutes religions confondues - monothéistes ou non -, la métaphysique [Doctrine matérialiste des Aristote, Epicure, Avicenne, Averroès, etc. et du scientisme contemporain, positivistes inclus, ainsi que scolastique idéaliste ou spiritualisme des Descartes, Kant et autres «philosopheurs»], l'idéologie, toutes les idéologies sans exception - illusion altermondialiste incluse -, et le moralisme [Morale et condamnations moralisatrices des Autres au nom de LA Morale], tous catéchismes réunis, y compris le catéchisme soi-disant universel contemporain ou Déclaration universelle des droits de l'homme, dont seule l'«inobservation» est réellement universelle - sauf à quiconque d'établir le contraire à l'aune du devenir du monde durant les six décennies suivant sa proclamation !

Que vous soyez «croyants au miracle», ou non, merci de confronter vos points de vue relatifs à la Vérité éternelle absolue : celle qui a été  exprimée par des penseurs réellement universels, à savoir des mystiques authentiques,  tels le Bouddha et le Christ dans leur Parole non pervertie par la superstition religieuse qui a usurpé leur nom, et de «vrais» philosophes du UN absolu, parmi lesquels Socrate, Platon, Giordano Bruno, Spinoza et leur héritier spirituel, le philosophe juif allemand, Constantin Brunner (1862-1937), dont l'œuvre toute entière témoigne de son combat contre la Superstition sous toutes ses formes.

 

La Vérité éternelle absolue se situe au-delà de notre «relativité» humaine, au-delà de notre monde  humain relatif, et au-delà  de l'infinité des  relativités infinies avec leurs mondes spécifiques, dont chacun est propre à l'entendendement relatif particulier qui le pense. 

 
La voix de LA Vérité absolue traverse les millénaires et s'élève au-dessus de toutes les Cultures et de toutes les civilisations, sans jamais varier : l'Absolu est UN, infini, éternelimmuable et parfait. Seule LA Vérité absolue est en mesure de mettre un terme définitif, un arrêt indépassable, à notre entendement pratique relatif (expérience sensible et raison), qui pense notre monde, et d'invalider toutes les vérités relatives de notre monde, dans leur prétention à exprimer l'Absolu, la vérité absolue:  le Vrai saurait-il être absolument vrai, dès lors qu'il comporte une seule contradiction, ou une idée qui lui fait face ?

Ainsi notre monde ment, en se présentant fictivement devant nous comme une réalité absolue, comme existant absolument. En vérité, notre monde n'existe que
relativement, c'est-à-dire en relation avec notre penser spécifique humain : en dehors de notre entendement pratique humain relatif, qui le pense, notre monde humain n'a pas de réalité !


Pourtant, le mensonge du monde dans ses «croyances au miracle» religieusesscientistes, idéalistes, idéologiques et moralistes est colporté par de soi-disant «élites» du monde de l'information, de la politique, de l'intelligentsia ainsi que d'
associations moralisatrices à sens unique et adeptes du «deux poids, deux mesures», qui n'ont ni l'honnêteté ni le courage intellectuels de confronter leurs points de vue relatifs partisans à LA Vérité éternelle absolue. C'est pourquoi elles sont dénoncées nommément dans le texte, Mensonges et lâcheté des élites, présenté en exergue de la rubrique «Courrier» de ce blog.

 LIEN :
 
  http://www.constantinbrunner.info/blog/blog.htm


Ce lien renvoie à un site canadien dédié à Brunner, oeuvre du penseur brunnérien Barrett Pashak 

 

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Le 5 décembre 2008
 

Objet :
Votre lettre du 23 novembre 2008


Monsieur Manuel Valls
Député

Courriel :

mvalls@assemblee-nationale.fr

 

Monsieur,

 

J’accuse réception de votre lettre du 26 novembre dernier, en réponse à la mienne datée du 23 (*) et comprenant une copie du courrier adressé à Nicolas Sarkozy, le 18 septembre dernier.

 

Je vous remercie d’avoir pris la peine de répondre aussi longuement, et surtout sans « langue de bois ». Je note avec beaucoup de satisfaction votre renoncement clair et net aux dogmes idéologiques visant à transposer l’Idéal dans le quotidien, à terme, c’est-à-dire toujours DEMAIN et seulement DEMAIN, ce qui ne peut donner que plus de crédit à la déclaration de Montand comparant la croyance idéologique et la croyance religieuse, puisque fondées toutes deux sur la Foi, et nullement sur la Raison : « Ils croient au socialisme d’une manière religieuse, comme j’y ai cru moi-même d’une manière religieuse. »

 

Votre prise de position courageuse redore, à mon sens, le blason bien terni du Parti socialiste après le congrès de Reims, et elle peut s’apparenter au « big bang intellectuel » annoncé ; et ce d’autant plus, si vous parvenez à faire entrer vos idées dans les faits. Or, comme il y a toujours bien loin de la théorie à la pratique, en l’occurrence de l’Idéal proposé à la réalité quotidienne, il vous reste à convaincre une large fraction des dirigeants, des militants et des sympathisants de votre mouvement, ce qui n’est pas gagné, tellement est grande la divergence des opinions sur le fond comme sur d’éventuelles alliances.

 

En tout cas, je tiens à vous faire part de ma grande satisfaction de ce retour à la Raison, en lieu et place de la « croyance au miracle ». Votre vérité relative d’aujourd’hui, sans jamais devenir absolue pour autant, a néanmoins tout à gagner face à d’autres vérité relatives, lorsque celles-ci deviennent partisanes, aveugles, voire sciemment mensongères, par « absolutisation fictive du relatif » dans le seul souci de convaincre pour en tirer des avantages de toutes sortes, électoraux notamment.

 

Toutefois, un effort de pédagogie et un simple changement de comportement envers les tenants de visions idéologiques opposées, fut-ce à l’intérieur d’un même mouvement, peuvent suffire à améliorer quelque peu le climat ambiant, et agir ainsi favorablement sur l’évolution de la société et de son économie. Agir à hue et à dia, pratiquer l’obstruction systématique, voire refuser un texte seulement parce qu’il et présenté par l’autre camp, ne sont pas les moyens les plus propices pour embellir la situation générale. Mais il est vrai que le soi-disant « intérêt général », dont on nous rebat sans cesse les oreilles au nom de l’Idéal, n’est qu’un conglomérat d’intérêts égoïstes particuliers forcément contradictoires.

 

C’est pourquoi je profite de l’occasion pour dénoncer aussi la lâcheté et la malhonnêteté intellectuelle des principales centrales syndicales (CGT, FO, CFDT, CFTC et FSU), ainsi que mon courrier l’atteste, en raison de leur refus de confronter leurs vérités relatives partisanes, parce que égoïstement intéressées, à LA Vérité UNE, Unique, sans contradiction ou incohérence d’aucune sorte.

 
Elles s’autoproclament les défenseurs de l’intérêt général, en dépit de leurs divergences et au mépris de LA Vérité, puisque, dans des situations bien concrètes, leur terrorisme, pas seulement intellectuel avec leurs milliers, centaines de milliers, voire millions d’otages, s’est toujours contenté de présenter les inconvénients des mesures proposées, qu’il s’agisse du CPE, de la réforme de l’Université ou des retraites des régimes spéciaux, etc. sans jamais en montrer les avantages.

 Pour ce qui est de la malhonnêteté intellectuelle, il faut dire que ces organisations syndicales ont été à bonne école avec des responsable politiques, de soi-disant intellectuels et prétendus philosophes, ou encore de vertueuses associations moralisatrices à sens unique, qui ont été capables de faire croire jusqu’au plus haut sommet de l’Etat et de ses institutions qu’une quelconque chose humaine, fut-ce la période coloniale, pouvait comporter exclusivement des inconvénients – dans un monde, où tout est relatif et rien n’est absolu !

 

Vous avez encore énormément de travail pédagogique devant vous pour faire revenir vos partisans et vos soutiens à la RAISON, au détriment de leurs « croyances au miracle », car il ne sont pas seulement, comme vous l’écrivez : « quelques aveugles attendant qu’une avant-garde éclairée ne découvre le chemin du bonheur universel » - ils sont des dizaines de millions, ici, et des milliards dans le monde !

 

Toutefois, je suis forcément ravi de vous voir reprendre à votre compte la teneur de ma lettre, puisque vous écrivez :

 

« Vous soulignez également, dans votre courrier, la nécessité pour le Parti socialiste de renoncer à « ses dogmes », « ses mensonges » et « sa croyance au miracle ». Je peux vous assurer que je partage, pour une bonne part, cette exigence. »

 

Et vous ajoutez :

 

« Je pense, en effet, que le Parti socialiste doit s’astreindre, en permanence, à l‘obligation de vérité pour retrouver la confiance des Français. Erodée par trop de promesses non tenues et trop de propositions peu plausibles, notre crédibilité est aujourd’hui trop faible pour convaincre nos concitoyens de la justesse de nos luttes. Ce déficit de crédibilité est aggravé, reconnaissons le, par la déconsidération générale dont souffre l’engagement politique. »

 

Si celle-ci tient précisément à l‘énormité du décalage entre des promesses faites depuis des décennies, voire deux siècles, et la réalité constatée au quotidien, elle devrait inciter les femmes et hommes politiques responsables « à la jouer modeste », et surtout à disqualifier définitivement dans l’opinion les prêcheurs de révolution, par ailleurs assez habiles pour manipuler et tromper les masses, puisque les êtres humains sont davantage portés par nature à croire, à imiter et à répéter, qu’a penser vraiment, c’est-à-dire à réfléchir tout simplement.

 

C’est pourquoi un homme sensé ne pourrait que vous approuver, lorsque vous écrivez :

 

« Pour surmonter ce désarroi et ranimer l’espérance, il n’est d’autres choix que ceux du courage et de la lucidité. Le PS doit désormais, en toute circonstance, être inspiré par une « éthique de la responsabilité ». Il ne peut plus garder pour seuls viatiques des certitudes idéologiques qui sont, en réalité, autant d’œillères. C’est en se confrontant à la réalité et non en cultivant des illusions qu’il retrouvera des marges pour l’action.
Car, comme l’expliquait déjà Albert Camus,
« aussi longtemps que […] la vérité sera acceptée pour ce qu’elle est et telle qu’elle est, il y aura place pour l’espoir. »

 

Ce devoir de vérité suppose que le PS refuse – une fois pour toute – de subir la pression de l’extrême gauche. De tout temps, les chimères de l’extrême gauche n’ont conduit qu’à des voies sans issue. Le PS doit préférer les chemins plus humbles et plus féconds de l’ « optimisme du possible ». Basé sur une exigence fondamentale d’honnêteté intellectuelle, « l’optimisme du possible » consiste à expliquer les contraintes qui pèsent sur l‘action publique tout en dégageant des perspectives de changement. Il préfère miser sur l’intelligence que sur les passions collectives. C’est le pari que faisait – en son temps – Pierre Mendès-France. C’est le pari que nous voulons faire aujourd’hui : croire suffisamment en la démocratie pour voir dans la politique une pédagogie. » [Fin de citation]

 

Je ne peux qu’acquiescer à vos propos, puisque vous remisez au rancard toutes les vieilles lunes promettant de transposer l’Idéal dans le quotidien, alors que votre formule « l’optimisme du possible », sauf à revenir au passé en période électorale, laisse espérer sans rêver à l’impossible – reste néanmoins à en convaincre Martine Aubry et Benoît Hamon ainsi que leurs partisans, mais la bataille d’idées sera rude !

 

Je ne trouve rien à redire non plus, en théorie, sur l’objectif historique que vous avancez, sauf que, en pratique, « garantir à chaque individu les conditions de son émancipation, quelle que soit son origine sociale », c’est limite « domaine du rêve » d’égalité absolue ou idéale, et là on retombe dans la « croyance au miracle ». Je conçois aisément toutefois que vous avez à fixer un cap au Parti socialiste – certes, mais à condition qu’il ne renvoie pas à l’Idéal !

 

C’est toute la difficulté de la politique de trouver un équilibre entre ce qui est souhaité, sans être idéalisé, et ce qui est possible – à vous de trouver ce chemin de « l’optimisme du possible », en évitant de le laisser confondre avec l’Idéal, définitivement inconnaissable en soi, et à jamais hors de portée de notre monde…

 

Pour terminer, je voudrais épiloguer sur votre dernier vœu, lorsque vous écrivez, en substance :

 

« Il est indispensable que le Parti socialiste devienne plus représentatif de la diversité de la population française en s’ouvrant à ces jeunes des milieux populaires qui ont voté massivement pour Ségolène Royal en 2007. »

 

C’est votre problème de socialiste de vouloir instaurer la diversité au sein de votre mouvement, mais je vous fais remarquer au passage que « forcer l’opinion », en imposant Malek Boutih en Charente, par exemple, ne suffit pas pour instaurer la diversité élective.

 

Ceci me conduit à revenir sur la superstition moraliste, qui sous-tend cette question. Dans votre propos et dans votre esprit, en effet, il s’agit seulement de la diversité ethnique, et là commencent les mensonges sur le passé et le présent ! Comme je m’en suis amplement expliqué dans le courrier adressé à Nicolas Sarkozy, dont vous avez pris connaissance, je vous invite à relire le très long passage, de la page 9 à la page 15, où je dénonce les deux premières fictions du moralisme [Morale et condamnations moralisatrices des Autres au nom de LA morale : LAQUELLE ?], sur lesquelles continuent de fonctionner la communauté humaine en général, et la société française en particulier.

 

Toutefois, je ne refuse pas de reprendre le débat sur ce point, car la superstition moraliste « pourrit » la vie de la société française d’aujourd’hui, avec ses prétendus bons et mauvais, gentils et méchants, « vertueux » et « salauds », en clair les racistes et les antiracistes. Aussi longtemps que vous, les socialistes et gens de gauche en général, ne crèverez pas l’abcès de ce mensonge, vous continuerez à tromper l’opinion dans vos jugements moralisateurs partisans - très « juteux », certes, je n’en disconviens pas, mais contraires à la Parole de vérité éternelle du Christ, dénonçant cette fable dans la parabole de la paille et de la poutre ! Vos condamnations moralisatrices partisanes, pour des considérations électoralistes et autres, ont même donné l’occasion à Jacques Vergès de déclarer : « La gauche est moralisatrice, et c’est au nom de la morale qu’elle lance ses anathèmes. »


Alors, au lieu d’acheter la paix civile, par manque de courage politique et refus de dire LA Vérité, voire de couvrir des émeutes en jetant de l’huile sur le feu, tant qu’à donner des leçons de morale aux Autres, que les censeurs de gauche autoproclamés commencent à se regarder lucidement et « honnêtement », et à balayer devant leur porte ! Mais surtout qu’ils n’étouffent pas le débat sur LA Morale avec son catéchisme prétendument universel d’aujourd’hui, qui est une insulte à LA Vérité éternelle absolue, du seul fait d’ « absolutiser le relatif », ce qui est précisément la marque du penser superstitieux humain !

 

Aurez-vous donc également le courage intellectuel nécessaire pour dénoncer la culpabilisation à sens unique d’aujourd’hui, notamment au nom d’un passé révolu de plusieurs décennies, voire de plusieurs siècles, profitable à des individus et à des groupes, TOUS critères d’appartenance confondus, dont aucun n’est réellement irréprochable ? Forcément, puisque, face à l’Idéal, chacun est nécessairement coupable, coupable de crime de lèse-Idéal !

 

Le jour, où votre parti et les gens de gauche en général auront le courage et l’honnêteté intellectuelle de le dire publiquement et d’en tenir compte dans le quotidien, la politique et la société auront véritablement changé – là, je dois sûrement croire aussi au « miracle » !

 

Mais tant qu’à parler de diversité, pourquoi s’en tenir à promouvoir la diversité ethnique, puisque c’est créer ainsi de la discrimination dans la discrimination ? Pourquoi pas les mêmes quotas en fonction de l’âge, du handicap etc., puisque la parité entre sexes a été promulguée, tout en montrant, d’ailleurs, que des lois ne suffisent pas ? Et je vous laisse imaginer la complexité, s’il faut également tenir compte de la diversité entre membres de communautés, dont le racisme mutuel est manifeste !

 

La lâcheté des dirigeants politiques d’aujourd’hui, face aux pressions communautaristes, est avérée, et leur responsabilité partagée, depuis 1981, pour avoir renoncé au principe d’intégration en vigueur jusque là, et qui n’avait pas conduit les Arméniens, les Polonais, les Italiens, les Espagnols, les Portugais, etc. à exiger des postes pour s’intégrer à la République ! Et leur lâcheté est à son comble, quand on laisse impunément violer les frontières, et pire laisser des associations bafouer allègrement les lois, en toute impunité, au seul motif charitable de vouloir gagner le ciel ! Toutefois, nous reparlerons de Droit et de Morale, quand vous le voudrez bien….

 

En conclusion, je vous remercie d’autant plus de votre courrier que vous êtes le seul responsable politique, et même la seule personne publique parmi les soi-disant élites faiseuses d’opinion, tous milieux confondus, qui ait eu, à ce jour, le courage intellectuel de débattre, comme vous l’aviez déjà fait à propos de l’islam entre juin 2003 et février 2004, de même que vos prises de position courageuses sur des mesures de droite, allant à contre-courant du dogmatisme de gauche, avaient montré que vous êtes « tout sauf sectaire », et donc capable de faire de la politique « autrement qu’à couteaux tirés ».

Il vous reste à faire renoncer Ségolène Royal à son idéal d’ « ordre juste », dont j’ai établi, dans un abondant courrier toujours sans réponse à ce jour, qu’il s’agit d’une « aberration intellectuelle et philosophique mensongère - hélas, elle n’a ni votre courage ni votre honnêteté intellectuelle !

 

Je vous remercie de votre attention et vous prie d’agréer, Monsieur, mes salutations distinguées.


(*)  Cf. Lettre « Vous disiez : "Big bang intellectuel" ? », publiée le 23 novembre 2008 

 

 

 

 

 

 

 

Le 2 décembre 2008

 

Objet :

« Jean Leonetti : quelle légitimité? ! »

 

 

 

Monsieur Jean-Luc Romero

Président de l’A D M D

50, rue de Chabrol

75010 PARIS

Courriel :

infos@admd.net

 

Monsieur,

 

La remise de son nouveau rapport sur l’euthanasie à François Fillon par Jean Leonetti me conduit à poser la question suivante par votre intermédiaire :

 

« Quelle est la légitimité de Jean Leonetti à s’exprimer, au nom du peuple français, sur une question reposant essentiellement sur LA Morale, par quoi j’entends la superstition moraliste puisque celle-ci se fonde uniquement sur des fictions, comme je pense l’avoir établi, clairement et distinctement, dans ma lettre du 18 septembre dernier à Nicolas Sarkozy, dont vous avez pu prendre connaissance ? »

 

Jean Leonetti représente au mieux, en effet, les trente-sept mille deux cent quatre-vingt-un électeurs de la 7e circonscription  des Alpes Maritimes, qui se sont portés sur son nom au 1er tour du scrutin législatif du 10 juin 2007 - et point barre ! En quoi cela lui donne-t-il une quelconque légitimité pour priver les citoyens français d’un droit, dont disposent pleinement les citoyens belges, helvétiques et néerlandais, nonobstant de légères nuances ?

 

La réponse au problème de l’euthanasie, susceptible de concerner n’importe quel citoyen français à tout moment de sa vie, ne saurait dépendre du jugement d’un seul, voire de son diktat, fut-il élu d’une circonscription administrative représentant une fraction infinitésimale de la population  française avec ses  98.611 électeurs inscrits ! Et ce d’autant moins que Jean Leonetti n’a toujours pas eu, à ce jour, le courage et l’honnêteté intellectuelle de répondre à ma lettre du 5 octobre 2008 comprenant la copie intégrale de celle adressée au chef de l’Etat, le 18 septembre dernier ; pas plus, d’ailleurs, qu’il n’avait répondu à mes lettres des 7 juin 2005 et 13 mai 2007 proposant une solution alternative à son impôt de solidarité en faveur des personnes âgées.

 

Ma proposition entraînait de facto la suppression du lundi de Pentecôte comme journée nationale de solidarité, dont chacun a pu mesurer ce qu’il en est resté  - et ma lettre du 23 mai 2007 au nouveau chef de l’Etat n’a peut-être pas été sans effet, au vu de sa réponse d’alors et de la décision prise en définitive.

 

Pour revenir sur l’historique récent du traitement de l’euthanasie, en France, je me borne à vous rappeler les propos de Nicolas Sarkozy et de Ségolène Royal, se montrant tous deux partisans de la légalisation de l’euthanasie dans leurs propos de campagne présidentielle – forcément !  Ainsi le candidat Sarkozy déclarait-il sur une estrade, le 11 février 2007 :

 

: « On ne peut pas rester les bras ballants face à la souffrance d’un de nos compatriotes qui en appelle à ce que ça se termine. »

 

Et la candidate socialiste, dans le même temps, vous faisait part d’une promesse identique dans sa lettre du 16 mars 2007 à votre intention :

 

« Je veux que nous allions courageusement au bout du débat pour pouvoir mettre en place, comme l’ont fait d’autres pays européens, une législation qui permette d’apaiser les souffrances les plus intolérables. »

 

Certes, ce n’est pas un scoop de souligner que les promesses s’envolent dès que les électeurs se sont laissés prendre à leur mirage, mais votre rôle de président de l’ADMD est précisément  de rappeler son engagement au plus chanceux des deux, et d’inciter la seconde à dénoncer le nouveau rapport Leonetti ; et ce, d’autant plus que Gaëtan Gorce, député socialiste de la Nièvre, a estimé que les propositions de Jean Leonetti n’allaient pas assez loin - forcément, encore ! Elles n’iront, d’ailleurs, jamais assez loin, tant que le Parlement français, voire les Français consultés par referendum, ne seront pas parvenus à une solution semblable à celle adoptée par nos voisins européens en la matière.

 

Pour terminer, je me dois de vous faire remarquer que j’attends toujours vos observations critiques sur les différents points de vue de mon courrier du 18 septembre dernier à Nicolas Sarkozy en vue de dénoncer la Superstition dans ses divers modes d’expression, comme vous vous y étiez engagé dans votre lettre du 22 septembre, dans laquelle vous écriviez :

 

« Soyez assuré que j’en prendrai connaissance avec intérêt et que je ne manquerai pas, le cas échéant, de vous faire part de mes points de désaccord. »

 

J’en accepte encore l’augure, d’autant plus que vous avez abandonné le terrain politique, mais la non-acceptation du débat de fond signifierait, malgré votre engagement en faveur de la légalisation de l’euthanasie, votre intention de voler au secours de la Superstition, en jouant ainsi un mauvais tour précisément à la cause que vous entendez défendre.

 

Soyez assuré, toutefois que je n’ai nulle intention de polémiquer avec vous, de façon malveillante, mais seulement celle de faire avancer la dénonciation des mensonges et des « croyances au miracle » du monde, en général, colportés par les soi-disant élites de l’époque, tous milieux confondus (médias, politiques, intelligentsia et associations droits-de-l’hommiste), et la cause de l’euthanasie en particulier.

 

Dans l’attente de vos objections, intellectuellement et philosophiquement étayées, je vous remercie de votre attention et vous prie d’agréer, Monsieur, mes salutations distinguées.

 

 P S : Copie de ce courrier sera adressée, entre autre, à Nicolas Sarkozy et à Jean Leonetti

 

 

 

              

Dans l’Introduction générale de son ouvrage, Éthique, Robert Misrahi écrit :

 

L’œuvre de Spinoza n’est pas séparable de sa vie, mais celle-ci n’est pas réductible à l’image du philosophe solitaire. Cette vie est l’existence d’un penseur malade et excommunié, combattu par la plupart de ses contemporains, inscrit dans une situation historique et personnelle précise : celle d’un juif ni croyant ni orthodoxe, vivant au XVIIe siècle dans le pays le moins despotique d’Europe, les Provinces-Unies. La situation existentielle de Spinoza est celle d’un philosophe juif laïque qu’on a pu accuser d’athéisme au cœur du XXVIIe siècle, et dans le pays le plus démocratique d’Europe. C’est aussi celle d’un individu existant, universel et singulier, qui tente de hausser au niveau de la vie humaine la plus intense et la plus éclairée, cette situation historique à laquelle il ne se réduit pas.

 

L’existence de Spinoza est essentiellement constituée par son travail philosophique : c’est par la réflexion et l’écriture qu’il comprend et dépasse la situation historique où il se trouve, les projets de ses contemporains, les problèmes politiques qu’ils soulèvent, et les fondements philosophiques de ces problèmes et de leur solution. Au-delà du politique et du religieux, Spinoza se propose de mettre en lumière les fondements existentiels, rationnels et universels de l’activité humaine. Histoire et existence ne peuvent être, pour Spinoza, éclairs et fondés que par la réflexion, c’est-à-dire par une doctrine philosophique. Dans l’étude de cette doctrine philosophique, nous nous efforcerons de montrer comment dans la philosophie de Spinoza, c’est-à-dire ici dans l’Ethique, existence et réflexion se fondent réciproquement, et dans quelle perspective.

 

Dans la section I, Principes pour une traduction française de l’Ethique, Misrahi écrit :

 

On nous fera l’amitié de penser que cette étude n’est pas faite dans un but polémique, mais seulement dans le souci de restituer entièrement à elle-même une œuvre (celle de Spinoza) dont l’impact sur la pensée européenne (avant et après 1789) en même temps que l’étonnante solitude du philosophe témoignent assez du fait qui est occulté : devant le spinozisme, on est en présence d’un phénomène paradoxal et mystérieux, source à la fois de la plus grande fascination et de la frayeur la plus secrète.

Cette fascination effrayée a entraîné deux sortes de distorsions : ou bien on a confondu spinozisme et cartésianisme, ou bien l’on a méconnu le spinozisme en déplaçant ses concepts, en les appauvrissant, en les isolant.

 

Pendant longtemps, le spinozisme est apparu en France comme un simple prolongement du cartésianisme. Malebranche, Leibniz et Spinoza formaient ensemble le groupe des grands cartésiens, et si l’on s’efforçait de déceler du spinozisme chez Malebranche et Leibniz, on mettait surtout en évidence le socle cartésien de la doctrine de Spinoza : objectivité de la connaissance, primat de l’idée claire et distincte, épanouissement du rationalisme dans l’ordre de la science, de la psychologie et de la morale. La philosophie « réflexive » en France avec Lagneau, Lachelier et Alain témoigne de cette lecture.

 

Certes, l’originalité de l’ontologie moniste n’était pas gommée : depuis le XVIII » siècle (comme l’a si bien montré Paul Vernière) le spinozisme inspire et justifie « d’une façon occulte » le matérialisme français ; mais l’on procédait par là à une identification-confusion entre le spinozisme et l’un de ses pôles (confusion inverse de celle des Allemands qui identifiaient spinozisme et idéalisme). Et le spinozisme resta longtemps en France, comme en témoignent les références à Spinoza chez Bergson ou les travaux de Lachièze-Rey ou de Brunschvicg, cette philosophie post-cartésienne de la substance, philosophie qu’on trouve surtout dans la Partie I de l’Éthique, les quatre dernières Parties n’en étant, croyait-on, qu’un développement un peu secondaire, ou l’analyse des conséquences obligées de la doctrine centrale.

 

Certes les études spinozistes de la seconde moitié du XXe siècle ont su affirmer ou enrichir cette image : soit qu’on prête une plus grande attention au rôle de l’Ecriture, à la place de la pensée politique, à la situation sociale, culturelle et individuelle de l’homme Spinoza ou encore au problème de la béatitude, du salut des ignorants ou de la communauté humaine ; soit que l’on se consacre à l’étude des textes spinozistes et de leur destin historique.

 

Et pourtant la place objective et culturelle qu’ont les travaux de Guéroult sur Éthique I et II, dans la seconde moitié du XXe siècle, atteste encore la prégnance d’une vision cartésienne de Spinoza en France. L’image est soulignée en ce qu’elle devient structuraliste », l’auteur tirant l’examen du rationalisme démonstratif vers une sorte de formalisme épistémologique, tandis que le lien à la source cartésienne, plus encore qu’au temps de Lachièze-Rey, est affirmé, commenté, et (paradoxalement) simplifié parfois, ou compris dans une seule perspective. En lisant Guéroult, on n’est pas loin d’éprouver le même sentiment qu’en lisant  Wolfson : à vouloir réduire le spinozisme à ce que l’on dit être sa source principale (la philosophie d Descartes), au lieu de la philosophie arabe, juive et chrétienne du Moyen Âge, on finit par manquer l’essence spécifique du spinozisme lui-même, c’est-à-dire l’originalité de son inspiration et la force singulière de son expression dans le texte de l’Éthique.

 

Ce qui se produit en Allemagne n’est pas seulement une confusion (non plus d’ailleurs avec le cartésianisme) mais une méconnaissance. Toutes les filiations entre le spinozisme et l’idéalisme allemand en sont l’éclatant témoignage : ces filiations ne sont pas le déploiement original d’une fécondité reconnue en elle-même, mais l’appréciation erronée de ce qui est saisi comme une source ou une référence. Le manque à comprendre tourne même au contresens ou à l’invocation honorifique d’une filiation fictive.

 

Par exemple, c’est seulement au prix de nombreuses distorsions (volontaires ou involontaires) que s’établit le passage entre la théorie spinoziste du conatus et  la théorie du vouloir vivre chez Schopenhauer : celui-ci n’a pas souhaité méditer la positivité du conatus, ni saisir la véritable signification de la joie inscrite dans le mouvement du Désir. Pourtant, indéniablement issu du monisme spinoziste, le monisme schopenhauerien écrase l’homme sous le poids du malheur, de la souffrance et de l’absurde, propos qui est l’inverse du propos libérateur et affirmatif de Spinoza ; de même, lorsque Schelling développe sa critique de la théorie spinoziste de la substance, sans réussir à démontrer pour autant qu’une Nature doive être par elle-même une personne.

 

Quant à Hegel, qui semble lui aussi s’inspirer du monisme de la substance pour formuler sa doctrine du Concept, il identifie bien rapidement le Concept-Substance et l’objectivité de ‘Etat, fermant l’Histoire à l’inspiration démocratique qui anime la pensée politique de Spinoza. Il en va de même chez Nietzsche. Il tient, certes, à l’honneur de se réclamer de Spinoza, et il y a là un certain courage, mais il n’a visiblement pas regardé de près la doctrine spinoziste du conatus (qu’il identifie à l’instinct de conservation) lorsqu’il a formulé sa théorie de la volonté de puissance. Spinoza, philosophe de la liberté qui combat toutes les servitudes, est étrangement invoqué par cet antidémocrate qui prône une « morale des maîtres ».

 

On le voit, la fécondité du spinozisme dans le domaine allemand du XIXe siècle s’appuie trop souvent sur le contresens, la déformation ou le déplacement des concepts, la « récupération » ou l’ignorance. Si l’on souhaite au contraire que cette fécondité se déploie toujours sans confusion, travestissement ou occultation, il importe que l’on soit d’abord en mesure d’accéder à la doctrine même de Spinoza.

 

Rendre entièrement justice à Spinoza, restituer le spinozisme à la vérité de sa propre doctrine, tel est notre propos. Il signifie concrètement que nous souhaitons d’abord accroître l’impact du spinozisme dans ce pays qui, grâce à la présence tutélaire de Descartes, en a au moins pressenti la portée subversive. Mais rende justice à Spinoza, ce n’est plus aujourd’hui lutter pour la reconnaissance de son importance, ‘est travailler à l’approfondissement de la connaissance qu’on peut avoir de sa philosophie non pas seulement dans son histoire, mais encore et surtout dans son contenu.

 

 Mais comment accéder au spinozisme lui-même ?

 

Il est clair tout d’abord que le lecteur est libre de son interprétation, et cela devant quelque philosophe que ce soit. On ne saurait donc proposer une interprétation du spinozisme sans l’accompagner d’un système rigoureux de preuves qui permette d’éviter le dogmatisme. Mais l’inverse est également vrai : on ne saurait confondre la liberté du lecteur face au texte de Spinoza avec l’arbitraire d’une interprétation sans preuve, et simplement traditionnelle ou de circonstance. La liberté et l’objectivité seront le fruit d’une coopération active dans l’esprit du lecteur entre l’interprétation qui est la sienne et celle qu’on lui propose en le respectant assez pour apporter le maximum de preuves.

 

[Remarque : Je m’élève ici contre le terme « preuve », car si la preuve est légitimée dans le monde des choses, en science notamment, les choses de l’Esprit, donc de la philosophie, ne peuvent être établies que par « démonstration »].

 

C’est ici que se pose, dans toute sa force, le problème fondamental : celui de l’accès au texte même de l’Éthique. Aucune interprétation ne saurait être valable, aucune méditation spinoziste ne saurait être authentique, si la réflexion ne s’exerce pas sur cela même qu’a écrit Spinoza, cela même que dit le texte de l’Éthique, qui et l’ouvrage central de son oeuvre.

 

Or en qui concerne cet accès au texte même, quelle était la situation en France au moment où nous publions la première édition de notre traduction, en 1990 ?

 

N B : Les lecteurs intéressés pourront accéder gratuitement à un large aperçu de la suite du texte à partir du lien : books.google.fr/

 

 

                             

 

 

 

 

 

 

Comme je m’y étais engagé dans le post du 19 courant, Amor Dei intellectualis et « imposture », je dénonce une imposture semblable dans le texte, « Brunschvicg et Spinoza », publié le 28 juin 2007 par ce même intervenant pour tenter de nous convaincre que la pensée philosophique de Brunschvicg et de Spinoza ne ferait qu’un, serait identique, à savoir une et la même chose. Pourquoi ne mentionne-t-il pas aussi Bernard-Henri Lévy dans son amalgame, au point où il en est de confondre « vrais » philosophes et « philosopheurs » ? 

 

Dans mon post antérieur j’avais établi les incohérences de ce virulent détracteur de mon fervent soutien à la pensée de Spinoza et de Brunner, alors que lui ne dispose d’aucun réel argument opposable à mes propos démontrant sans cesse que LA Vérité ne peut qu’être qu’ « UNE », Unique, sinon elle ne peut pas être « absolument absolue » : la coexistence de « deux » absolus est, en effet, une impossibilité absolue par définition – sauf à ce philosopheur ou à tout autre, médiatisé ou non, de démontrer le contraire !

 

Pour démonter les arguments factices de son texte, Brunschvicg et Spinoza, je démontrerai d’abord la fausseté de certains propos de Brunschvicg, et ensuite je me bornerai à reprendre ceux de Robert Misrahi, dans son Éthique, pour montrer que tous ces « philosopheurs » n’ont pas compris la pensée de Spinoza, et qu’ils l’ont même pervertie.

 

La foule superstitieuse ne les considère pas moins pour autant comme de vrais philosophes, en dépit de leur pseudo-philosophie à « deux » absolus : une véritable « aberration philosophique », puisque l’un des deux, loin d’être absolument absolu, d’exister absolument, est seulement un « absolu fictif », autrement dit mensongèrement « absolutisé », érigé en absolu, par le penser superstitieux du matérialisme scientiste et de la scolastique idéaliste, ou spiritualisme, de ces philosopheurs.

 

L’imposture du texte dénoncé est tellement flagrante, d’ailleurs, que, dès le premier paragraphe, Brunschvicg renvoie le lecteur à un autre soi-disant grand penseur français, Arthur Hannequin (1856-1905), dont je lis sur Wikipédia :

 

« Les documents indiquent qu'Arthur Hannequin a été l'un des tout premiers, sinon le premier, des métaphysiciens de notre temps ».

 

Vous avez bien lu : « Arthur Hannequin était un métaphysicien », mais l’un des tout premiers seulement, car au premier rang d’entre eux Brunner place leur chef de file, saint Emmanuel Kant. Par « métaphysicien », en effet, il  faut entendre précisément, tous ces « philosopheurs », matérialistes ou idéalistes, dont la philosophie s’accommode de « deux » absolus, ce qui est le degré zéro de la philosophie puisqu’ils rejoignent par là les religions avec leur Dieu-Créateur tapi dans un arrière-monde ; « métaphysique », en grec, signifie « au-delà de la physique », c’est-à-dire au-delà des choses de notre monde, sans que personne ne sache exactement situer cet au-delà immatériel, sauf à en dire que c’est très certainement là que tout aurait commencé, et où nous terminerions assurément, à les croire, notre parcours terrestre…

 

Ceci n’empêche pas Brunschvicg de faire ressortir qu’Arthur Hannequin vaut la peine d'être lu tellement il donne à méditer de « vérités sublimes » en quelques lignes claires » : sublimes pour qui ? Pour les spiritualistes ou idéalistes, certainement, mais qu'ils nous démontrent comment « deux » vérités pourraient-elles être sublimes, c’est-à-dire « absolues » quand il s’agit de vérités ? « Deux vérités absolues », c’est forcément que ni l’une ni l’autre n’est « absolument absolue » ?

 

Brunschvicg enfonce le clou de la superstition métaphysique en citant Arthur Hannequin répondant en souriant à un de ses élèves demandant quels étaient les derniers bons livres sur Dieu :

 

«  Je crois que c'est encore Spinoza et Kant.. »

 

Ainsi le mal est fait, car si l’amalgame entre les deux est indiscutablement affirmé, il est incontestablement antiphilosophique, du seul fait que la philosophie spiritualiste, ou scolastique idéaliste, de Descartes, de Kant et de Brunschvicg admet deux absolus, à savoir un Dieu-Créateur et sa création, exactement comme les religions monothéistes.

 

Et Brunschvicg devient même un escroc, lorsqu’il écrit :

 

« Peut-être Spinoza (écrivait-il encore), a-t-il trouvé le vrai fond de ce qu'il y a de religieux dans notre âme, en y trouvant la présence de ce qu'il appelait la substance de Dieu. C'est peut-être le seul exemple d'une doctrine religieuse que n'ébranle en rien la ruine de toute la construction métaphysique qui l'enveloppe. Et il est saisissant d'apercevoir tout ce qui lui est commun avec Kant, qui certainement, sous le nom de Raison, reconnaît une présence semblable mais ne consent jamais à spéculer sur le même sujet." 

 

 

Voilà comment on passe, précisément par un tour de passe-passe, du Dieu superstitieux à la Raison, en tant qu'Absolu, et comme établi dans le post précédent, cet imposteur en vient à faire de la Raison humaine, l'Absolu, ainsi que les propos cités l'attestent incontestablement !

 

 

C’est ne rien comprendre à Spinoza, ou être intentionnellement malhonnête que de parler de « doctrine religieuse » à propos de la philosophie spinoziste ! C’est confondre ce qu’il nomme Dieu, ou substance, avec le Dieu de la superstition religieuse, et le monisme spinoziste avec le dualisme des religions et de la pseudo-philosophie spiritualiste de Descartes, de Kant et de Brunschvicg.

 

Par ailleurs, le Dieu de Spinoza produit et agit par « nécessité », de sorte que si notre monde est là, devant nos yeux, ce n’est pas le fait de sa « libre volonté », mais celui de sa production « immanente et nécessaire », non pas « transcendante et libre » comme chez Descartes, Kant et Brunschvicg . La différence est pourtant de taille, au point qu’il n’y a rien de commun entre le Dieu philosophique de Spinoza et le Dieu de la pseudo-philosophie spiritualiste.

 

Mais surtout, examinée par notre saine Raison, et non par le penser superstitieux, la « substance nécessaire » spinoziste est la seule explication logiquement acceptable de la présence de notre monde et des infinis autres mondes infinis, qui cohabitent sans jamais pouvoir se connaître : que connaissons-nous réellement, en effet, du monde du chat, par exemple, avec notre entendement humain spécifique à notre propre monde, hormis la vision anthropomorphique que nous en avons ? 

 

C'est pourquoi l'explication proposée par les religions monothéistes et le spiritualisme de Descartes, de Kant ou de Brunschvicg avec leur transcendant et libre Dieu-Créateur, disposant donc d’un prétendu « libre choix », n’est pas un modèle de cohérence. Avec son prétendu libre arbitre, en effet, c’est même une chance que notre monde et nous-mêmes soyons là ; étant « libre » de produire et d’agir entièrement à sa guise, il aurait pu décider de demeurer à jamais tout seul dans son paradis, mais par chance pour nous, la solitude lui pesait trop, et il choisit donc librement de créer notre monde : OUF !

 

Toutefois, je n’entre pas ici dans toutes les conséquences pratiques de la « croyance » en un libre arbitre, en lieu et place de l’acceptation de la « nécessité », ne serait-ce qu’en matière de moralisme. La superstition moraliste, en effet, juge les rapports entre humains à l'aune de fictions superstitieuses, maintes fois précisées par ailleurs, telles que la croyance en un Bien et un Mal absolus, et la division des humains en bons et en mauvais par nature, et conduits surtout à agir bien ou mal, en toutes circonstances évidemment, puisqu'ils auraient un libre arbitre - voilà où mène le penser superstitieux avec sa prétendue libre volonté de choix.

 

Je passe sur le charabia qui suit et sur les attaques personnelles de cet intervenant, puisqu’elles se limitent à des affirmations gratuites me traitant de « fétichiste de Spinoza », et m’assimilant même à Dalil Boubakeur, recteur de la mosquée de Paris, alors que je n’ai de cesse de dénoncer la religion en général, et l’islam en particulier. Ceci devrait suffire à le disqualifier à jamais comme apprenti philosophe, sauf à lui de démontrer son affirmation sur Brunner, à propos duquel il déclare : « lui même philosophe intéressant, mais pas au dessus de la critique. »

 

Pour montrer jusqu’où va le ridicule des propos tenus, l’intervenant cite Wolfson, écrivant en 1934, dans un ouvrage intitulé, La philosophie de Spinoza, que « si l'on déchirait en petits morceaux toute la littérature scolastique du Moyen Age (qu'elle soit chrétienne, juive ou musulmane) et qu'on lançait les bouts de papiers en l'air, ils retomberaient au sol en formant le texte de l'Ethique; de par cette formulation humoristique, il voulait dire que Spinoza baignait encore, de par sa formation, dans le climat médiéval et scolastique, et la même chose est vraie de Descartes. »

 

S’il y en a bien un, hormis Wolfson, qui n’a rien compris à Spinoza, c’est bel et bien celui qui fait sien les propos ci-dessus !

 

La « perle » finale revient à l’extrait suivant parlant de démystifier la philosophie occidentale :

« C'est cela que nous entendons par "démystification de la philosophie occidentale" : débarrasser celle-ci de son carcan, de son "écorce" mystico-religieuse, et ne garder que l'amande la plus intérieure qui est Raison en acte, c'est à dire "Dieu". Descartes reste clairement chrétien, il laisse les vérités de la foi en dehors du domaine de la raison, et son "Dieu" est au dessus de la compréhension de l'homme, à jamais. »

 

En effet, associer mystique et religion témoigne de la méconnaissance de la mystique authentique, celle du Bouddha et du Christ en particulier, dont la foule a perverti la Parole de vérité pour en faire les fondateurs d’une religion, qu’ils n’ont pas voulu créer : la multitude superstitieuse a déchiré le UN (absolu) en deux (absolus) ! ! !

Pour preuve que les « philosopheurs » disent tout et n’importe quoi, Wolfson n’hésite pas à séparer Descartes et Spinoza, après les avoir réunis, comme si la véritable philosophie ne formait pas un TOUT cohérent, et non quelque chose de séparable au fil du temps : la vraie philosophie est éternelle et demeure éternellement UNE ! Wolfson écrit, en effet :

« De même, le dualisme cartésien de l'âme et du corps, de la pensée et de l'étendue spatiale est inacceptable. Spinoza est sur ces deux derniers points en avance sur son maître et initiateur, puisque selon lui rien ne saurait être inintelligible à l'homme éclairé par la philosophie, c'est à dire par la Mathesis, et que le monisme de la Substance et de ses Attributs permet de dépasser la thèse de la pluralité des substances, encore enfermée dans la prison de la perception sensible et de l'imagination réaliste. »

Je récuse au passage l’amalgame « vraie philosophie = Mathesis (ou science) », comme déjà établi dans le précédent post, inspiré par le spiritualiste Brunschvicg, dont Wikipédia résume ainsi la pensée (superstitieuse) :

 

Léon Brunschvicg (1869 1944) est un philosophe français. Avec Henri Bergson, Léon Brunschvicg s'annonça, dès 1897, comme l'un des philosophes français majeurs de la première moitié du XXe siècle. À la Société Française de Philosophie (fondée en 1901 par Xavier Léon), à la Sorbonne et partout où il fut reçu, Brunschvicg ne laissa personne indifférent. Avec ses amis connus au lycée (notamment Élie Halévy) ainsi qu'un grand nombre de ses collègues (André Lalande, Émile Meyerson), il participa à ce que l'on appelle encore aujourd'hui l'idéalisme français. Brunschvicg développa à partir de la méthode réflexive, un « idéalisme critique ». Pour lui, l'acte de l'esprit s'exprime dans les vérités scientifiques : philosophie et science vont en couple.

 

Le grand concept brunschvicgien par excellence est celui de jugement dont il expose la théorie dans sa thèse La modalité du jugement. C'est le jugement qui, dans la réflexion scientifique, constitue le cœur de la philosophie réflexive de Brunschvicg. À partir de ce jugement, qui donne la signification pleine et entière de la conscience intellectuelle, Brunschvicg va pouvoir rendre compte d'une philosophie de l'esprit : la genèse de l'esprit c'est le progrès du savoir sous la forme des sciences; et Brunschvicg sera l'un des rares philosophes du siècle dernier a tenter une réflexion tenant conjointement les sciences (mathématiques, physique, biologie) et l'Esprit.

 

Sauf à l'intervenant de démontrer le contraire, la science et la philosophie relèvent de deux domaines différents de notre entendement global. La science est du domaine de notre entendement pratique, plus précisément de notre penser des abstractions, ou ratio spinoziste,  et ses vérités fluctuantes, voire contradictoires, restent à jamais « relatives », tandis que la philosophie, celle qui n’est à confondre ni avec le matérialisme ni avec l’idéalisme ou spiritualisme, est la voie et la voix de l'Absolu, dans notre penser spirituel, ou penser de l’Esprit véritable, qui n’est pas le saint Esprit religieux ou spiritualiste !

 

Si vous croyez que « ça » gêne ce philosopheur de réunir Descartes et Spinoza dans une nouvelle incohérence, détrompez-vous ! Il écrit, en effet :

« Mais bien entendu, Descartes et Spinoza, de par leur aspect éternel, sont bien au delà de ces limitations auxquelles ils ne pouvaient pas échapper, puisque, comme nous tous, ils sont des humains. Sans Descartes et ses "Principes de la philosophie", Spinoza serait resté à ânonner le Talmud, et il n'y aurait pas de spinozisme, ni d'Ethique. »

 

Je crois avoir suffisamment montré en quoi la pensée « philosophique » de Spinoza et de Descartes diverge totalement pour ne pas dénoncer cette « énormité philosophique » faisant découler le spinozisme de la pensée superstitieuse de Descartes et de son Dieu « religieux ». Et ce n’est pas parce que l’intervenant  renvoie à l’ « Association des amis de Spinoza », qu’il gagne par là une quelconque crédibilité, car j’attends toujours la réponse de Pierre-François Moreau, son président, à ma lettre du 18 décembre 1997, ainsi qu’aux suivantes, établissant la totale incompatibilité entre religion et vraie philosophie.

 

Quant à son maître Brunschvicg, dont l’intervenant reprend la teneur, il n’est pas à une ânerie près, comme le confirme ce court extrait : 

 

« Mais la bonne nouvelle que la lecture de Brunschvicg nous apporte, c'est que nous pouvons être à la fois cartésiens et spinozistes, même si les esprits chagrins restant à ras des pâquerettes y voient une contradiction ou une impossibilité. »

 

Si ce philosopheur ne voit pas de contradiction entre le Dieu religieux de Descartes et le Dieu philosophique de Spinoza (cf. plus haut), d’abord qu’il le démontre, et sinon qu’il se consacre à la science, mais pas à la philosophie, car il n’y comprend goutte !

 

Je parle évidemment de la « vraie » philosophie à « UN » absolu, pas de la pseudo-philosophie matérialiste ou idéaliste à « deux » absolus, qui n’est pas de la philosophie, mais un ersatz  pour « prêt à penser » !

 

Avant de laisser la parole à Robert Misrahi dans un nouveau texte, je ne peux mieux faire pour achever cet imposteur que relever les propos suivants ponctuant son précédent post :

« Nous avons donc ici une première "Vérité" absolue qui, bien plus que "Je pense, je suis", peut se dire : "La Raison est, Dieu est, c'est à dire pense en mon esprit comme en celui de tout être se vouant à la Raison". »

Parler de « première "Vérité" absolue », en bon français, sous-entend qu’il y aurait « plusieurs vérités absolues », et ça, c’est le degré zéro de la philosophie ! 

En définitive, ce qui différencie cet intervenant d’un vrai philosophe, ce n’est pas d’employer le terme « RAISON », en tant qu’Absolu, puisque Brunner lui-même utilise l’expression  le Pensant » pour désigner l’Esprit, c’est-à-dire « ce qui pense en nous » au point de nous inspirer notre monde. Et d’autres termes font aussi bien l’affaire, de l’Idée des idées de Platon au Père chez le Christ, à la substance chez Spinoza, par exemple.

Et ajouter :

La Raison est ici fondée péremptoirement et "forcée" en quelque sorte à exister, ce qui peut se dire aussi "Dieu prend naissance" (mais pas dans une étable !). Pourquoi ? parce que l'Essence devient ici existence !

Si son Dieu-Raison prend naissance, certes pas dans une étable, mais parce que l'essence devient existence, c'est donc que Dieu n'est pas éternel : il n'a pas d'existence absolue, il n'existe pas absolument, de toute éternité ! ! ! Si ce n'est pas une énormité philosophique, comment faut-il l'appeler ? !

Outre cette erreur capitale, cet imposteur fait de la « Raison humaine » l’Absolu, et accouple philosophie et science, dont les domaines sont pourtant radicalement séparés : l’Absolu pour l’une, le relatif pour l’autre. Or le penser superstitieux se caractérise précisément par la confusion entre l’Absolu et le relatif ; c’est ce que Brunner appelle  « absolutiser le relatif », autrement dit ériger fictivement le relatif en absolu, mais ce n’est plus de la philosophie.  

[Les défauts de présentation constatés sont indépendants de ma volonté.]

 

 

                                           

Jusqu’au bout, l’on aura espéré - ON, la plupart des socialistes évidemment, et au-delà tous les gens de gauche bien sûr, et au-delà  tous les démocrates qui s’intéressent encore à la politique - que le congrès de Reims permette un vrai débat, dans lequel des personnalités aussi éminentes que le maire de Paris, la présidente de Poitou–Charentes, la maire de Lille, s’adressent à tous les socialistes, à toute la gauche, à tous les Français : chacun ne s’adressa qu’aux siens.

 

 

On aurait espéré qu’en tout cas la brève campagne de la semaine dernière en soit une, puisqu’elle opposait des personnalités si différentes, aux vues si opposées sur la manière de faire de la politique au XXIe siècle, et que ces conceptions impliquent des différences dan le comportement personnel, dans le type de parti, dans les priorités pour les politiques publiques, dans le rapport à la vidéocratie ; ce débat n’a pas eu lieu, chacun préférant se cantonner dans les petites phrases et grandes vacheries, ou l’inverse selon le moment et le lieu ; espéré qu’en dernier ressort les électeurs trancheraient.

 

 

C’était la première fois dans l’histoire de notre vie politique que le chef d’un grand parti était choisi par la base, pas venu d’en haut comme Mitterrand à gauche, Chirac à droite, pas adoubé par le chef en place comme Jospin jadis, Hollande naguère, pas choisi, certes contre le monarque régnant, mais sur un mode bonapartiste et sans véritable compétition comme Sarkozy à l’U.M.P, il y a quatre ans.

 

C’était la première fois qu’il serait élu dans une élection concurrentielle, ouverte, supposée honnête, avec plusieurs vrais candidats, des bulletins de vote, des scrutateurs, une recension des votes, des isoloirs, etc., tout ce qu’on a si difficilement appris à faire dans notre démocratie nationale, et ce dernier ressort s’est brisé : les électeurs n’ont malheureusement pas tranché nettement, quelques dizaines de voix seulement, quarante-deux, nous dit-on, ou cinquante-huit, ou soixante-trois, ou vingt-six donneraient la victoire à l’une sur l’autre, l’une s’en réjouit, l’autre la conteste.

 

 

On se croirait, toutes proportions gardées, en Floride il y a huit ans ; pire, puisque chacun dénonce des manœuvres chez l’autre, les élections au PS évoquent d’autres temps, où des communistes trichaient à Aubagne et des gaullistes manipulaient les votes de l’Outre-mer ; en accusant l’autre, chacun s’accable Dans une institution légitime, et composée de responsables qui sauraient se tenir, une victoire aussi étriquée ne poserait pas de problème, la perdante accepterait la victoire de la gagnante, sauf à exercer un recours par les voies statutairement prévues.

 

Après tout, en 1974, François Mitterrand perdit de 0,8 % et se garda de contester la victoire de Giscard ; sept ans après, il fut récompensé de son fair-play. Force est de constater que François Mitterrand et la gauche respectaient plus la cinquième République, par eux si longtemps honnie, que les responsables socialistes d’aujourd’hui ne respectent leur propre parti.

 

Ils se soupçonnent tous de pratiques frauduleuses, bien placés pour en connaître l’existence ; ils les exhibent en public, ils s’attaquent en justice pour faux en écriture, d’un côté, diffamation, de l’autre. Loin de laver leur linge sale en famille, comme ils le faisaient auparavant, ou d’ailleurs de nettoyer un peu mieux le linge, ils l’étalent désormais sur la Grand-place. Les deux candidates nous avaient promis, avant le vote, qu’après elles se rassembleraient à cinquante-cinquante.

 

La chose s’imposait plus que jamais, au lieu de quoi l’une et l’autre nous ont sorti la langue de bois du rassemblement dans la paix pour mieux poursuivre la division dans la guerre. Jamais l’écart entre les mots et les actes ne fut plus flagrant et consternant ; jamais la haine entre dirigeants ne fut plus aiguisée et étalée ; et s’ils continuent, nous passerons de l’amertume au dégoût !

 

[France Culture, 24 novembre 2008, Chronique d’Olivier Duhamel, député européen PS, « De mal en pis »]

 

MORALITÉ

 

 

Tous ceux et celles, qui persistent à « croire au miracle » qu’avec des humains tels que nous sommes réellement, et à jamais incapables de changer notre nature égoïste innée, l’avènement d’un monde meilleur, d’un autre monde, d’un monde juste, d’un monde idéal ou parfait, est tout à fait possible, sont des « TARÉS, du seul fait de privilégier la FOI sur LA RAISON, exprimée dans la « nécessité » spinoziste - sauf à eux, bien entendu, d’apporter la preuve du contraire !

 

Ils resteront donc, jusqu’à leur dernier jour, des  « NAÏFS, COCUS ET FRUSTRÉS », à l’image de leur chef de file, dont l’aveu pitoyable traduit l’impuissance humaine de réaliser sa croyance au miracle, ni demain ni jamais. Son cri de désespoir l’exprime à merveille :

 

« Craignons de ne plus être là pour assister à l’arrivée de ces heures radieuses »

 

Qu’il se rassure, toutefois, il ne manquera rien : PERSONNE n’y assistera JAMAIS ! Néanmoins, si certains préfèrent « croire » et être pris pour des « CONS », c’est leur affaire d'être COCUS mais CONTENTS...

 

Le 23 novembre 2008

 

Objet :

« Vous disiez: "Big bang intellectuel" ? »

 

 

Monsieur Manuel Valls

Député

Courriel :

mvalls@assemblee-nationale.fr

 

[A l’attention de : François Hollande, Arnaud Montebourg, Bertrand Delanoë, Dominique Strauss-Kahn, Elisabeth Guigou, Henri Emmanuelli, Jack Lang, Jean Glavany, Jean-Marc Ayrault, Jean-Pierre Chevènement, Julien Dray, Laurent Fabius, Lionel Jospin, Malek Boutih, Martine Aubry, Michel Sapin, Olivier Duhamel, Robert Badinter, Ségolène Royal et Vincent Peillon]

 

Monsieur,

 

 

L'affligeant spectacle de division, donné à Reims par les divers courants socialistes, ainsi que votre entretien d’aujourd’hui sur Canal + m'incitent à vous rappeler ma lettre du 16 juillet 2007 consécutive à votre intervention du 15 sur Europe 1, également publiée sur votre site Internet.

 

Au cours de celle-ci, en effet, vous aviez parlé de la nécessité d’un « Big bang intellectuel » pour rénover le Parti socialiste, dont on voit le piteux résultat aujourd’hui malgré dix-huit mois de cogitation, ponctuée d’un assourdissant silence sur le fond et interrompu seulement pour se refaire une unité de façade au détriment de Nicolas Sarkozy, le seul ciment encore susceptible de vous unir. La perspective offerte à vos électeurs est vraiment à très, très court terme, voire au ras des pâquerettes, au vu des décennies qui attendent encore nombre de nos concitoyens, livrés à des motions qui, de surcroît, se déchirent !

 

Je vous rappelle néanmoins ma prophétie d’alors, encore valable à long terme, et pire à très long terme J’avais notamment écrit en substance :

 

« Après la cinquantaine de lettres adressée en vain, durant plusieurs années, aux leaders socialistes mis en exergue ici, je peux vous  assurer que le Big bang annoncé, et espéré, ne se produira pas aussi longtemps que le Parti socialiste n’aura pas renoncé à ses dogmes ni cessé de colporter les mensonges et les « croyances au miracle » de la superstition idéologique et moraliste, en trompant ainsi l’opinion. 

 

Sur le plan idéologique, le discours superstitieux de gauche se fonde toujours sur la promesse de l’avènement d’un monde « parfait » avec des humains « imparfaits », c’est-à-dire tout simplement égoïstes, mais renvoyé à DEMAIN, toujours DEMAIN, seulement DEMAIN, hélas ! En clair, votre parti ne désespère toujours pas de « transposer l’Idéal dans le quotidien » : un jour, à la saint Glin-glin ! Au cas où vous contesteriez que des caciques socialistes aient tenu de tels propos, je vous renvoie à la déclaration de François Hollande sur LCI, le 21 novembre 2004, parlant de « cette gauche, qui veut changer le monde et qui sait comment le changer » [Sic !]

 

C’est la Foi, la « croyance au miracle », contre la Raison avec ses arguments intellectuels et philosophiques, mais par chance pour vous, ils sont encore des dizaines de millions, ici, et des centaines de millions, voire des milliards ailleurs, à « croire » plutôt qu’à penser « vraiment » ; c’est aussi le cas des dirigeants socialistes, à l’exemple de Ségolène Royal parlant d’instaurer un « ordre juste » : une « aberration intellectuelle et philosophique » mensongère, que je n’ai eu de cesse de dénoncer durant sa campagne, sans jamais recevoir pour autant d’objections ni de propositions concrètes visant à relever mon défi, lancé à tous les penseurs, politiques » et autres du monde entier, de m’indiquer concrètement comment éradiquer les sempiternels maux de l’humanité et instaurer, universellement et définitivement : paix, justice, liberté, égalité, démocratie et fraternité idéales – c’est pourquoi nous reparlerons d’égalité seulement lorsque les riches auront partagé leurs richesses avec les pauvres, à la saint Glin-glin par conséquent !

 

Sur le plan de la superstition moraliste ou moralisme [Morale et condamnations moralisatrices des Autres, au nom de LA Morale], le Big bang annoncé, et espéré, est tout aussi impossible, sinon plus, car vos jugements moralisateurs confortent trop d’intérêts égoïstes, individuels et collectifs, bien qu’ils se fondent seulement sur trois fictions simplement mentionnées ici, mais très largement précisées dans ma lettre d’une trentaine de pages à Ségolène Royal. » [Fin de citation]

 

Comme vous les trouverez également exposées dans ma lettre du 18 septembre dernier à Nicolas Sarkozy, où je développe plus qu’amplement mes accusations, intellectuellement et philosophiquement étayées, contre la Superstition dans ses divers modes d’expression [Religion, métaphysique (matérialisme et idéalisme), idéologie et moralisme], je me borne ici à relever l’énormité du mensonge de gauche en général, et des socialistes en particulier.

 

Il conduit de soi-disant « responsables » politiques, incapables de s’accorder entre eux, fut-ce seulement sur le papier, à prétendre et à promettre être en mesure de changer le monde ! Ils n’ont toujours pas compris que le monde change constamment, à tout instant, sans eux et sans leur demander leur avis ni tenir compte de leurs velléités « contradictoires », malgré leur prétention à le figer, c’est-à-dire à arrêter le mouvement universel : l’unique cause au fond, philosophiquement parlant, de l’incessant changement du monde !

 

C’est pourquoi la promesse d’un ordre juste, d’un autre monde, d’un monde meilleur, etc., qui ne tient pas compte de ce constant et perpétuel changement, est « inconsistante » - les siècles et les millénaires à venir le confirmeront, comme 1789 et 1917 devraient y suffire, si les vendeurs d’illusion et les croyants au miracle n’étaient pas de toutes les époques ! Je vous laisse imaginer la tête de Robespierre, passant seulement une journée dans le « paradis terrestre », qu'il s'imaginait nous avoir légué ! ! !

 

Je m’en tiens, là, dans l’attente de vos objections intellectuellement et philosophiquement argumentées, sans lesquelles vous manifesteriez votre intention délibérée de continuer à colporter les mensonges et les « croyances au miracle » du monde, donc à tromper et à manipuler l’opinion pour vos seuls intérêts de toutes sortes, à titre individuel et collectif.

 

Je vous remercie de votre attention et vous prie d’agréer, Monsieur, mes salutations distinguées.

 

Annexe : Lettre du 18 septembre 2008 à Nicolas Sarkozy

 

 

 

Je ne voudrais pas tirer sur une ambulance qui est déjà tellement mal en point qu'elle a manqué tous les grands virages nationaux depuis 1995, précisément l’époque où j'ai lâché le PS, et il faut croire que je n’étais pas le seul déçu de la prétendue « r.r.r.rupture » avec le capitalisme, dont la crise financière 2008 nous donne à voir ce qu’il en était advenu.

 

Hé oui, à mon grand regret si je devais en avoir, j'ai contribué à faire élire François Mitterrand en 1981 et en 1988, même si je dois admettre sans aucune réserve que son parcours est loin d’avoir été complètement négatif – forcément, dans un monde où « tout est relatif », il y a des avantages et des inconvénients dans TOUT – et vice-versa comme dirait ceux qui ne partagent pas les mêmes points de vue « égoïstes » ! En tout cas, s’il m'arrivait aussi de « rêver » en ces temps-là, au moins le Parti socialiste d’alors c'était quelque chose, pas le « foutoir » d’aujourd’hui ! ! !

 

Comme chacun, partisan PS, ou non, a pu suivre le congrès de Reims et ses avatars, je ne vais pas rentrer dans les détails, mais je ne peux manquer d'évoquer tous ces « TARÉS », avec à leur tête le « CHEF TARÉ », qui attendent toujours l'arrivée de ces « HEURES RADIEUSES », mais qui, comme soeur Anne, ne voient toujours rien venir... et ne verront JAMAIS rien venir de leurs croyances au miracle : « JE ME MARRE », mais je les laisse deviner de quoi, car ils ne sont tout de même pas complètement « TARÉS » ! ! !

 

Certes, « CONS » ils étaient hier, c'est-à-dire « NAÏFS, COCUS ET FRUSTRÉS » si vous préférez, et « CONS » ils seront encore DEMAIN, puisque, c'est bien connu, avec la Superstition en général, et la superstition idéologique en particulier, l’accomplissement des promesses de toutes sortes est sans cesse renvoyé à DEMAIN, toujours DEMAIN, seulement DEMAIN, à la saint Glin-glin ! ! !

 

Eux, n’ayez aucun doute là-dessus, ils vont continuer à « CROIRE » - au miracle ! -, malgré la cacophonie et l’absence de projet commun entre socialistes, et a fortiori entre gens de gauche - un comble ! En clair, ils n’arrivent pas à se mettre d’accord entre eux, voire « ils se traitent », comme chantait Nougaro,  mais ils vous promettent de changer le monde, alors qu'ils en sont incapables seulement sur le papier ! Ils auraient bien tort de se gêner, d'ailleurs, aussi longtemps qu’ils auront à faire avec des « gogos » prêts à « CROIRE » toutes leurs sornettes de lendemains qui chantent dans un monde devenu miraculeusement « IDÉAL. » !

 

Ils sont rares, et méritants, compte tenu du matraquage mediatico-politique du « politiquement correct » d’aujourd’hui, ceux qui ont médité avec profit ce propos d’un ex-communiste célèbre revenu de ses illusions de jeunesse, Yves Montand en l’occurrence, assimilant à juste titre la croyance idéologique à la croyance religieuse, puisque fondée sur la même FOI d’un paradis « à venir » ; et ce, au détriment de la RAISON la moins poussée. Puisse sa déclaration ci-après faire revenir à la raison nombre de « croyants au miracle », dont il a pu dire sans être démenti :

 

« Ils croient au socialisme d’une manière religieuse, comme j’y ai cru moi-même d’une manière religieuse » !

 

Dans les deux cas de paradis promis, en tout cas, ils ne seront même plus là pour savoir, et ils mourront donc  « NAÏFS, COCUS et FRUSTRÉS », comme ils ont vécu ! ! !

 

Mais si au moins, dans leurs « croyances au miracle », ils ne prenaient pas leurs contemporains pour des « DEMEURÉS » en usant d’arguties pour vendre leur salade, les jours de grève des enseignants par exemple, ils laisseraient un mince espoir de voir les comportements s’améliorer, ce qui est la condition sine qua non  d’accréditer quelque peu leur croyance au miracle de monde meilleur, d’un autre monde, d’un monde juste et autres fariboles !

 

Or, ils s’enfoncent tellement dans leurs mensonges qu’un enfant de six ans, privé d’école pour fait de grève syndicale partisane, pourrait leur demander : « Dites-moi, Monsieur le maire de Paris, de Lille, de Lyon, de Toulouse et autres villes de gauche, comment se fait-il que les maires de villes de droite, Saint Quentin excepté paraît-il, trouvent le personnel nécessaire pour veiller sur nous, pendant que d’autres défilent, sans craindre d’incidents quelconques, par ailleurs pas encore survenus depuis que la loi Darcos en la matière s’applique ?

 

Non seulement ils mentent pour convenance idéologique, mais ils n’ont même pas cure de la démocratie : ils vont même, dès que le résultat du scrutin leur déplait, à demander de procéder à un nouveau tour de piste, en espérant qu’il leur sera plus favorable ; et ça, c’est précisément le fait d’une madone, qui vous promet d’instaurer un « ordre juste » sur la planète entière !

 

Et si ce n’était que ça ! Elle est même capable de vous faire culpabiliser, y compris un des grands barons régionaux, pour propos discriminatoire, puis tout bonnement de l’enrôler dans son staff, quelques mois plus tard : vous avez dit « incohérence » ? ! Oui, et ce n’est pas pour rien que l’objet de ma lettre du 12 juin 2007 à Ségolène Royal, une parmi la quinzaine toujours sans réponse à ce jour, s'intitulait « La France l’a échappé belle ! »

 

Evidemment, je n’ai aucun doute que les « croyants au miracle » continueront encore à croire en la réalité possible un monde parfait avec des humains imparfaits, car: comme dit l‘autre : « C’est congénital chez eux » - et ce terme, pour autant qu’il soit aléatoire, n’en est pas moins opportunément approprié à leur penser superstitieux ! ! ! !

 

Un, qui doit bien se marrer aussi, c'est Jean-Luc Mélenchon, fort de son départ tonitruant, mais qui risque de réussir son pari...

Le rôle de « mouchard », bien involontairement joué par le moteur de recherche Google, me fait tomber fort opportunément sur le site d’un de mes plus virulents détracteurs, depuis que j’ai établi l’incohérence de sa pensée, telle qu’elle résulte de ses propos ici et là, et que je l’ai donc chassé de mes groupes, faute de temps pour démontrer ses contradictions et affronter ses propos désobligeants sans véritables arguments contraires.

 

Les visiteurs de ce blog auront déjà la preuve manifeste de son incohérence en se reportant à l’article « Dieu existe : en voici une preuve irréfutable », publié ici le 8 juillet 2006, où je rapportai ses propos élogieux sur moi, après avoir adoubé Brunner, puisqu'il écrivait :

 

« C'est ici que nous devons présenter notre option, dont on se rendra vite compte qu'elle est "forcée" (et on le démontrera) mais pour ce faire je prendrai le détour du spinozisme de Constantin Brunner tel qu'il est présenté sur un ensemble de sites gérés par la même personne  : "Philosophie contre superstition", cf par exemple:

http://groups.msn.com/PhilosophieetSuperstition

dont j'extrais ceci :

 

"L'analyse des facultés de notre entendement humain par le philosophe juif allemand Constantin Brunner (1862-1937), développant celle de Spinoza dans Éthique II, proposition XL, scolie II, distingue trois genres de connaissance :

- l'entendement pratique,

- le penser spirituel ou penser de l’Esprit,

- le penser superstitieux ou penser de Analogon de l'Esprit

 

A ces trois facultés de l'entendement humain correspondent trois « réalités » - ou vérités –, pensées spécifiquement par chacune d’elles.

Ce sont respectivement :

- la réalité ou vérité « relative » de l'entendement pratique

- la réalité ou Vérité « absolue » du penser spirituel

- la réalité ou vérité « superstitieuse » de l'Analogon de l'Esprit, ou vérité relative « absolutisée »

Chez Brunner, l' « entendement pratique » regroupe l'expérience des sens ou penser en images représentatives, source des concepts génériques (Homme, cheval, etc.), correspondant à l' « imaginatio » spinoziste, et le penser des abstractions (langage, causalité, mathématiques, et autres constructions auxiliaires, théorie des atomes, par exemple), équivalant à la « ratio » chez Spinoza. Ce penser pratique nous sert uniquement à vivre et à nous orienter dans notre monde des choses, pas à « philosopher » ! "


Cette personne, qui gère aussi un groupe "philosophie contre superstition" sur Yahoo, fait du bon boulot en intervenant sur divers sites et en écrivant systématiquement aux différentes "élites médiatiques" (journalistes, hommes politiques, "philosophes", etc..), on s'en rendra compte en tapant par exemple sur Google les mots clés : "Brunner Spinoza Allah" et en lisant sur le groupe Google de philo :

http://groups.google.com.bo/group/af.philo?hl=es

les envois où il a démasqué les tentatives de récupération du spinozisme par l'Islam (par Abdelwahhab Meddeb en particulier), ainsi que ceux où il dénonce les autres superstitions idéologiques se donnant libre cours dans notre pays. » [Fin de citation] 


Mais je pourrais tout aussi bien rappeler d’autres propos élogieux envers moi, lorsqu’il était membre du groupe « Philosophie contre Superstition » sur Yahoo, du temps où il s’appelait « foncteur » - sauf à lui évidemment d’apporter la preuve du contraire !


C’est pourquoi, compte tenu de ce qui précède, le lecteur averti aurait pu être surpris de découvrir des propos contradictoires sur moi, témoignant précisément qu’il fait partie de ceux qui disent « tout et son contraire », à l’exemple du grand philosophe français du XXIe siècle Bernard-Henri Lévy.

 

En effet, dans un article intitulé « Brunschvicg et Spinoza : 28 juin 2007 » il écrit:

« En même temps, les penseurs (ou prétendus penseurs, le plus souvent autoproclamés) qui tiennent plus de la secte que de la philosophie, qui peuvent être caractérisés comme des "fétichistes de Spinoza", sont récusés. Ainsi tous ceux qui interprètent Spinoza comme un mystique (par exemple : le recteur de la mosquée de Paris, Dalil Boubakeur), ou certains énergumènes inspirés par Constantin Brunner (lui même philosophe intéressant, mais pas au dessus de la critique), qui se plaisent à créer des blogs ou des groupes "Philosophie contre superstition". » [Fin de citation]

Il ne lui reste plus qu’à démontrer ses affirmation gratuites en réfutant mes arguments antérieurs et ceux ci-après, car son incohérence de pensée ne se manifeste pas seulement dans son jugement contradictoire sur ma personne, mais aussi sur le fond, ce qui est infiniment beaucoup plus grave, lorsqu’on se mêle de vouloir philosopher.

Il a beau avoir baptisé du titre pompeux « Mathesis universalis sive Amor Dei intellectualis » le groupe et le blog qu’il anime - publicité gratuite -, il n’est pas pour autant à l’abri d’incohérence et de contradiction.

 

En bon français, en effet, « Mathesis universalis » (du grec mathesis = science, et du latin universalis = universel) signifie donc « Science universelle », ce contre quoi personne ne trouvera rien à redire, puisque la communauté des scientifiques est aujourd’hui planétaire. Ceci n’empêche pas pour autant les désaccords entre eux, et prouve donc la « relativité » des théories et hypothèses scientifiques jusqu’à la fin des temps !  La Science ne connaîtra et ne comprendra jamais « absolument » quoi que ce soit de notre monde des choses – sauf à l’intéressé, évidemment, de démontrer le contraire !

 

Or la Science est basée sur notre penser abstrait humain, ou RAISON, qui corrige les perceptions sensorielles de notre expérience première. Mais bon, si l’intéressé s’en tenait là, c’est-à-dire à parler de science et non de philosophie, ce serait un moindre mal, et je n’aurais pas besoin d’établir la fausseté de ses propos soi-disant philosophiques, comme m’y conduit l’association abusive exprimée dans le titre, Mathesis universalis sive Amor Dei intellectualis, signifiant en français « Science universelle ou Amour intellectuel de Dieu » 

 

En effet, lorsque l’on sait que, par Amor Dei intellectualis, Spinoza entend « Amour de LA Vérité », c’est-à-dire « connaissance » de la réalité ou Vérité absolue, l’expression, Mathesis universalis sive Amor Dei intellectualis, est particulièrement malvenue puisque faisant l’association : « Science universelle = Vérité absolue ou Dieu » !

 

Et qu’il n’y ait pas d’ambiguïté sur ces propos, car leur auteur entend bien « Raison humaine », lorsqu’il parle de la RAISON, en affirmant « Dieu ou la Raison », même s’il se contredit comme à son habitude. C’est bien lui qui a écrit le texte suivant :

 

« Du Passé faisons table rase, et aussi du FUTUR (s'il y en a un).

La Vérité a été péremptoirement établie sur la Terre, et il a été ici même démontré rigoureusement qu'il n'y a et ne peut y avoir qu'un seul Absolu : la Raison humaine, c'est à dire la Pensée intellectuelle se conformant aux conditions de la recherche de la Vérité et aux normes de vérification des résultats obtenus. »
 »

Je passe rapidement sur l’incohérence, au sens d’illogisme, d’irrationalité, lorsqu’il parle de confronter la Raison humaine  à toute raison non humaine, celle du chat par exemple, comme il l’écrit :

« La Raison humaine aussi bien que non humaine d'ailleurs, puisque toute confrontation éventuelle avec une pensée "non humaine" devrait s'établir sur les bases de critères communs, qui formeraient donc le socle d'une Raison commune, UNE et absolue.

 

Qu’il nous dise donc ce qu’il peut y avoir de commun entre les perceptions et l’entendement du chat, pour ne pas parler de « RAISON » à son sujet, et ceux de l’être humain ! ! !


Et le charabia, qui suit, ne fait guère avancer le schmilblick, quand il écrit :

 

« La preuve qui a été apportée constitue un objet universel dans une catégorie des "démonstrations philosophiques de l'existence de Dieu", puisque toute démonstration de ce type fait appel à la Raison, et donc dépend de l'existence de celle-ci pour être validée : la Raison est donc en position primordiale (d'objet initial) par rapport à tout Absolu éventuellement "prouvé", et tout Absolu de ce type qui ne serait pas la Raison se verrait du même coup prouvé être non absolu, puisque dépendant de la Raison pour l'établissement de son existence. » ???

 

Quelle preuve, quel objet universel, quelle catégorie de démonstrations philosophiques de l’existence de Dieu, entre la prétendue Raison du chat et celle de l’Homme, puisqu’il saute allègrement de la Raison humaine du début, en tant qu’Absolu, à la Raison : laquelle ?

 

Ecrire : « la Raison est donc en position primordiale (d'objet initial) » n’indique en rien sa provenance, si elle en a une, et c’est encore une affirmation gratuite, sûrement bien difficile à suivre par les éventuels lecteurs de passage ; s’ils parviennent à comprendre ce raisonnement, qu’ils me l’expliquent ! ! !

 

La suite est divagation pure et simple, qui ne démontre rien mais affirme seulement : « Il est donc établi », et je la livre telle quelle, car la démonstration n’est pas de mise contre le délire :

 

« Il est donc établi que tout DIEU, ou tout ABSOLU qui ne serait pas la RAISON, ne peut être qu'un FAUX DIEU, une IDOLE : ceci vise en particulier le DIEU (ou plutôt les DIEUX) des religions, monothéistes ou non, ainsi que les FAUX ABSOLUS érigés par les différentes superstitions se donnant sous la forme d'idéologies politiques ou "pseudo-philosophiques", comme l'Etat, le pouvoir, la hiérarchie, la LOI, l'économie, le profit, l'argent, l'art, la culture, le sexe, les drogues, l'amour, le langage, le Capital, la Race, la communauté, la différence, le Grand Autre, la morale, le nouvel ordre international, l'Humanité, la Femme (qui n'est pas plus l'avenir de l'homme que celui ci n'est le passé d'un futur radieux ou Surhomme), les droits de l'homme, la démocratie, la mondialisation, etc.

 

En tant que fidèles du Vrai Dieu, ou Raison, nous ne saurions nous soumettre aux dieux des idolâtres. Nous ne saurions en particulier accepter que les enfants soient souillés et violés intellectuellement dès leur plus jeune âge par les superstitions religieuses imposées par leur famille (qui elles-mêmes ont été violées dans leur enfance si elles ont une religion) ou par les superstitions politiques de leurs enseignants.

 

Nous appelons donc celles et ceux qui se reconnaissent comme nous fidèles du VRAI DIEU, la RAISON, à la désobéissance civique ou incivique et à l'insubordination généralisée.

 

En aucun cas la Raison ne saurait tolérer aucune hiérarchie puisque si deux êtres humains guidés par DIEU (la RAISON) en viennent à travailler ensemble, soit ils parviennent à un accord rationnel sur ce qui doit être fait, soit ils n'y parviennent pas et dans ce cas l'un n'a pas à se soumettre à l'autre. Dans les deux éventualités, il n'y a pas de relation de pouvoir ou de hiérarchie, relations qui constituent une atteinte caractérisée à DIEU qui est la RAISON. Il en va de même de la LOI (religieuse ou laïque) qui, si elle est conforme à la RAISON, doit être suivie, mais non pas dans le cas contraire. » [Fin de citation]

En résumé, la Science universelle n'a rien à voir avec la philosophie :  fondée sur la Raison, ou penser abstrait, elle  appartient à jamais au domaine du « pensé relatif », du contenu relatif pensé dans et sur (à propos de) notre monde, alors que la philosophie est la voie et la voix de l'absolu « UN », absolument unique , qui n'est définitivement pas de ce monde... 

Je ne manquerai pas de m'attaquer d'ici peu au deuxième texte incriminé, puisqu'il y réussit même à faire l'amalgame entre Spinoza, Descartes et Kant, alors que leur Dieu superstitieux suffit à renvoyer définitivement les deux derniers  au rang de « philosopheurs. »


[Les éventuels défauts de présentation sont indépendants de ma volonté] 

J'ai relevé sur le site, FORUM DE PHILOSOPHIE, l'appel à l'aide suivant :

Bonjour tout le monde,

 

Je me penche actuellement sur un DM de philosophie type STG pour jeudi prochain.
J'éprouve de grosses difficultés à comprendre ce texte, c'est pourquoi je vous demande votre aide si possible.


Il s'agit donc d'un texte de Spinoza que voici :

 

" Si les hommes pouvaient régler leurs affaires suivant un plan arrêté, et si la fortune leur était toujours favorable, il ne serait jamais en proie à la superstition. Mais ils sont souvent réduits à une extrémité telle qu'ils ne savent plus que décider, et ils sont animés par un tel désir de biens incertains, qu'ils sont condamnés à flotter presque sans répit entre l'espérance et la crainte. Voilà pourquoi ils ont l'âme encline à la plus extrême crédulité. Si, par exemple, pendant qu'ils sont dans l'état de crainte, il se produit un incident qui leur rappel un bien ou un mal passé, ils s'imaginent que c'est l'annonce d'une issue heureuse ou malheureuse, et pour cette raison ils l'appellent "présage", favorable ou défavorable, et cela, même s'ils se sont trompés cent fois. Ou bien, qu'il leur arrive de voir avec grande surprise un phénomène insolite, ils croient que c'est un "prodige", qui manifeste les intentions des Dieux ou de Dieu. Ne pas le conjurer par des sacrifices, des supplications et des promesses devient à leurs yeux d'hommes superstitieux et contraires à la religion, une impiété. De la sorte ils forgent d'innombrables fictions, et ils interprètent la nature, comme si elle délirait avec eux."

 

1] Dans ce texte Spinoza répond à deux questions : lesquelles ? Quelles sont les deux réponses ?


2] Explication dans le contexte du texte :

 

a)    "ils sont animés par un tel désir de biens incertains"

        b)    "une issue heureuse ou malheureuse"

        c)     "un phénomène insolite"

        d)     "superstitieux et contraires à la religion"

        e)    "ils interprètent la nature"

 

3] Notion de miracle

 

4] D'après Spinoza pouvons-nous échapper à la superstition, et comment si nous le pouvons ?

 

J'ai vraiment du mal à trouver les deux questions. En ce qui concerne l'explication des phrases je pense avoir trouvé mais votre avis en deux phrases pourrait soit m'aider ou soit me rediriger.

 

Voilà, je vous remercie d'avance et bonne soirée. [Fin de citation]


J'ai répondu ce qui suit :

 

Je vous propose mon aide, en qualité de créateur d'un blog sur over-blog.com ainsi que de divers groupes sur Google, Yahoo et MSN, dont l'intitulé commun "Philosophie contre Superstition" est précisément inspiré par la pensée de Spinoza, mais également Socrate, donc aussi Platon, Giordano Bruno et leur héritier spirituel, le philosophe juif allemand Constantin Brunner (1862-1937)

 

Par contre, je suis moins sûr de répondre parfaitement à une dissertation scolaire, voire universitaire, mais je m'attelle néanmoins à la tâche, en suivant l'ordre prescrit :

 

1] Dans ce texte Spinoza répond à deux questions : lesquelles ?

  

Réponse proposée


Les hommes sont-ils en proie à la superstition, et pourquoi ?

Quelles sont les deux réponses ?


Oui, les humains sont en proie à la Superstition sous ses diverses formes, car le but fondamental de notre vie  est de conserver notre existence, à savoir vivre le plus longtemps et le mieux possible, comme ceci sera plus largement développé par la suite.


Ainsi, face à l'incertitude constante du lendemain, sont-ils sans cesse mus par la crainte et par l'espoir, moteurs fondamentaux de notre vie, faute d'avoir mis en place ce qui permet par avance de vivre "sereinement" le reste de sa vie, sans avoir à se tourner vers les "faux prophètes", religieux, idéologues et pseudo-philosophes de tout poil.


2] Explication dans le contexte du texte :

 

a) "ils sont animés par un tel désir de biens incertains"

 

Réponse proposée :

 

Les humains, tous sans exception, sont conduits par leur nature innée, à savoir leur égoïsme naturel auquel "personne" n'échappe, à vouloir conserver leur existence, c'est-à-dire à vivre le plus longtemps et le mieux possible, en se gratifiant autant que faire se peut, dans leurs affaires d'amour, quel qu'en soit l'objet  [une personne, un animal ou une chose quelconque (voiture, bijou, voyage, vêtements, etc., etc.)], de possession de biens et de personnes, d'où l'importance de l'argent comme instrument d'échange, et de gloire ou honneur-vanité (besoin de reconnaissance, célébrité ou de notoriété), qui se manifeste par la recherche de distinctions, de titres, de récompenses et de médailles de toutes sortes (civiles, militaires, sportives)

 

Bien entendu, ces biens sont incertains dans la mesure où ils ne dépendent pas de notre soi-disant "libre arbitre", cette pseudo volonté libre en vertu de laquelle il suffirait de vouloir pour pouvoir. Or, en réalité, les choses en général, c'est-à-dire la marche universelle du monde, ne dépendent pas de notre seule volonté, mais de ce que Spinoza nomme la "nécessité", à savoir l'enchaînement infini de l'infinité des causes et des effets de "TOUT" ce qui se produit dans notre monde (phénomènes naturels et évènements historiques, collectifs ou personnels)

 

"TOUT", dans notre monde, relève seulement de cet enchaînement infini de causes et d'effets sous l'action du mouvement universel perpétuel, et en aucun cas de notre soi-disant libre volonté - sinon pourquoi toujours les sempiternels maux de l'humanité depuis des millénaires, s'il suffit de vouloir pour les éradiquer ? Ainsi "croire" pouvoir régler le climat de la planète à notre convenance pour l'éternité par notre seule action relève-t-il seulement de notre "penser superstitieux" ; vous avez là un excellent exemple de "bien incertain" recherché, comme il en va dans le domaine économique et financier en général, et de la crise actuelle, de la croissance ou du pouvoir d'achat en particulier.

 

Je vous donne à méditer ce propos de Spinoza :


"D'où il suit, en premier lieu, que les hommes se croient libres parce qu'ils ont conscience de leurs volitions et de leur désir, et qu'ils ne pensent pas, même en rêve, aux causes qui les disposent à désirer et à vouloir, parce qu'ils les ignorent." [Spinoza, Éthique I, Appendice]

 

b) "une issue heureuse ou malheureuse"

 

"Heureux" et "malheureux" sont des jugements de valeur "relatifs" : ce qui est "bon" pour l'un est jugé "mauvais" par l'autre ; dans notre monde, tout est "relatif" et rien n'est "absolu". Bien et Mal "absolus" sur la Terre ne sont que "mensonges" servant à certains à faire culpabiliser les Autres...

 

Je cite à nouveau Spinoza niant la chose "en soi", et établissant la relativité de toutes les choses de notre monde, à commencer par le monde lui-même :

 

"Nous ne désirons pas une chose parce qu'elle est bonne ("absolument" bonne, ou bonne "en soi"), mais c'est parce que nous la désirons que nous la jugeons bonne."

 

c) "un phénomène insolite"

 

C'est un phénomène inhabituel, qui n'est pas dans l'ordre ordinaire des choses, voire encore inexpliqué par la science, elle-même "à jamais relative" dans ses théories et hypothèses, et dès lors, devant le doute qui les assaille, les humains sont en proie à la crainte ou à l'espoir, comme il en va aujourd'hui devant l'issue incertaine de la crise économique et financière dans leurs affaires d'argent. Certes, elle n'est pas "insolite", puisqu'il y en a eu d'autres, mais ils ne sont pas rassurés pour autant, donc ils craignent et se vouent aux prophètes de toutes sortes, qui leur promettent des lendemains qui chantent…   

 

d) "Superstitieux et contraires à la religion"

 

Ces deux termes ne sont pas antinomiques, puisque la religion, toutes religions confondues (monothéistes ou non) est un des modes d'expression de la Superstition, aux côtés de la métaphysique [Doctrine matérialiste du scientisme contemporain et scolastique idéaliste de la pseudo philosophie spiritualiste], de l'idéologie, toutes les idéologies sans exception (altermondialisme inclus) et du moralisme (Morale et condamnations moralisatrices des Autres au nom de LA Morale], tous catéchismes réunis, y compris le soi-disant catéchisme universel contemporain, ou Déclaration universelle des droits de l'homme : toutes ces formes de la Superstition ont pour dénominateur commun l'absolutisation du relatif, qui consiste, par un tour de passe-passe, à présenter comme absolu, comme réalité ou vérité absolue, ce qui est seulement "relatif".

 

Toutefois, Spinoza a simplement voulu montrer que des âmes dites "fortes", quand tout va bien pour elles, se mettent à implorer Dieu, voire des Dieux, dès qu'elles commencent à craindre pour leur vie, leur santé ou leurs biens, et elles sont donc disposées à se renier par "intérêt égoïste".

 

e) "ils interprètent la nature"

 

Il faut entendre par-là que leur penser superstitieux, loin de tenir compte des lois de la Nature, commence à gamberger, à sortir de la causalité = mouvement du véritable penser scientifique abstrait et à chercher de "fausses causes", qui transforment parfois certains en boucs émissaires,  comme l'illustrent les anciens sacrifices humains.

3] Notion de miracle

 

Un miracle est ce qui déroge aux lois naturelles et a pour cause l'intervention d'une puissance extra-mondaine, comme il en va déjà de la création du monde par un Dieu, tapi dans un arrière-monde et qui déclenche des catastrophes naturelles pour manifester son courroux aux humains.

 

4] D'après Spinoza pouvons-nous échapper à la superstition, et comment si nous le pouvons ?

 

Difficile, au vu du texte, de savoir si Spinoza pensait, ou non, que nous pouvons échapper aux "croyances au miracle" de la Superstition. Toutefois, grâce aux lois du penser abstrait, ou Science, expliquant la multiplicité et la diversité des choses de notre monde par le mouvement universel perpétuel, nombre de nos contemporains se sont délivrés de leurs croyances superstitieuses, notamment d'origine religieuse.

 

Cependant, la science est elle-même insuffisante à délivrer de la superstition scientiste, puisqu'elle tombe également dans le péché capital de l'entendement humain, consistant à "absolutiser le relatif" ; en l'occurrence la science fait passer pour "absolues" ses théories et ses hypothèses à jamais "relatives", comme l'établit le savoir scientifique fluctuant  constamment au fil du temps , y compris de façon contradictoire.

 

Je ne peux manquer de souligner ici l'énorme "croyance au miracle" scientiste de nos contemporains du XXIe siècle, qui, hormis quelques rares contradicteurs réduits au silence, ne doutent pas, un seul instant, d'instaurer sur la planète un "climat sur mesure" pour l'éternité : DEMAIN, toujours DEMAIN, seulement DEMAIN - à la saint Glin-glin, cette éternelle échéance du penser superstitieux !

 

Alors, si même la Science verse dans la Superstition, que reste-t-il pour en délivrer les humains, hormis la "nécessité" spinoziste dont il a été brièvement question ci-dessus ? Hélas, comme les humains persistent à croire au miracle de la toute puissance de leur prétendu "libre arbitre" (cf. règlement du réchauffement climatique), l'idée de la "nécessité" est bien incapable de dissiper leurs croyances au miracle, notamment idéologiques, puisqu'ils ne peuvent pas s'empêcher de "croire" au lieu de "penser vraiment".

 

C'est pourquoi LA Vérité absolue demeurera éternellement cachée à la multitude engluée dans son penser primaire, et la Superstition sous toutes ses formes [Religion, scientisme, idéologie et moralisme] a donc de beaux jours devant elle ! Les grands diseurs de l'Absolu, de la réalité ou Vérité absolue, ces mystiques authentiques et vrais philosophes du "UN" auront assurément prêché dans le désert des âmes… il faut savoir se rendre à l'évidence pour ne pas "croire au miracle" à  son tour ! ! !


[D'éventuels défauts de présentation seraient totalement indépendants de ma volonté] 

 

 

En ce dimanche de flemme, je ne peux résister à l’envie de reproduire la chronique de Patrick Besson, publiée dans Le Point n° 1887 du 13 novembre 2008, à l’intention de tous les « croyants au miracle », et en particulier de ceux qui attendent le « miracle de Ségolène », une « femme providentielle » et socialiste de surcroît, ce qui ne peut que renforcer leur hystérie.


Patrick Besson écrit :

« Les Etats-Unis ont un président noir, ce qui semble faire oublier au monde qu'il est démocrate. De ces démocrates qui ont attaqué le Mexique et imposé la Prohibition sous Wilson, envoyé les premières bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki au temps de Truman, où ils ont également agressé la Corée et favorisé la « chasse aux sorcières » du sénateur McCarthy, qui ont envahi puis boycotté Cuba sous Kennedy, commencé la guerre du Vietnam sous Johnson, où ils sont aussi intervenus militairement en République dominicaine, qui ont bombardé Belgrade et Bagdad sous Clinton, présidence au cours de laquelle ils ont par surcroît laissé massacrer un million de Tutsi au Rwanda (avril-juin 1994).


Que je sache, les démocrates n'ont, pas plus que les républicains, réduit les inégalités sociales aux Etats-Unis. Ni moralisé la vie politique. On est tellement obnubilé par la race et la couleur des gens qu'on se dit que puisque Obama est noir, alors qu'il est tout aussi blanc, il sera un démocrate différent de ceux qui l'ont précédé à la Maison-Blanche. Son sang kényan ferait de lui un président démocrate supérieur, avec une vision du monde plus vaste, une organisation mentale plus large. Des commentateurs progressistes aux chroniqueurs réactionnaires, en Amérique du Nord comme partout ailleurs dans le monde, c'est le même emballement radieux.



On se pâme, se prosterne. On ne trouve plus les mots d'adoration. On devrait écrire ces éloges en vers puisqu'ils riment. On voit en Obama un mélange de Martin Luther King et de Descartes, avec un zeste de l'abbé Pierre. Un dalaï-lama qui aurait réussi dans la Chine. Un Gandhi plus athlétique et mieux habillé. C'est Nelson Mandela rajeuni de cinquante ans, avec le dernier ordinateur de Bill Gates et un nouveau bon coeur du professeur sud-africain Barnard. Un Toussaint Louverture Net et Internet.

L'empressement trouble, des peuples comme des élites, à se jeter aux pieds d'un homme providentiel, qu'il ait fait don de sa personne à la France comme le maréchal Pétain ou nous ait compris comme le général de Gaulle. Ce besoin aveugle de croire à quelqu'un. C'est presque émouvant. On devrait pourtant finir par comprendre, avec l'expérience de la déception, que les hommes politiques sont des hommes, quelle que soit leur couleur. Et des politiques. Pas des dieux : il est donc inapproprié de se mettre à genoux devant eux, y compris avec un stylo, qu'il soit de droite ou de gauche.


De l'avis général, Barack Obama réglerait sous peu leproblèmes des Etats-Unis puis, après un week-end à Camp David avec Michelle et les filles, ceux de toute la planète au sous-développement durable. J'ai même lu, dans un grand quotidien du matin, sous la plume allègre d'un académicien français octogénaire, que son élection à la présidence des Etats-Unis venait de supprimer toute discrimination raciale outre-Atlantique. Quai Conti, cet optimisme des petits hommes en vert, couleur de l'espérance de vie. Il suffit pourtant de regarder la nouvelle carte électorale des Etats-Unis pour voir que l'énorme majorité des Etats du Sud ont voté McCain. Au point qu'on aurait une vue aérienne de la guerre de Sécession (1861-1865). Le retour de Scarlett O'Hara en surcharge pondérale après abus de Big Mac et de not-diet Coke ? Rien ne nous dit qu'en cas d'échec d'Obama, hélas prévisible, on ne mettra pas en cause sa couleur dans ce pays où il n'y aurait plus, depuis le 4 novembre 2008, de racisme. » [Fin de citation]


BONNE NUIT, LES PETITS, FAITES DE BEAUX RÊVES…

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