Texte Libre

BIENVENUE sur le blog « Philosophie contre Superstition »

« Je ne prétends pas avoir rencontré la meilleure des philosophies, mais je sais que je comprends la vraie philosophie. » (Spinoza, Correspondance)
 
« Nous sommes des matérialistes de l'entendement pratique ET des idéalistes de l'Esprit. » (Brunner, Matérialisme ET Idéalisme)

« Le réel par excellence, ce ne sont pas les contradictoires entités sur lesquelles travaillent les hommes de science contemporains, mais ce que Spinoza nomme la substance. »
 
 
(Bernard d'Espagnat, A la recherche du réel)

« Ne cherche pas à ce que ce qui arrive arrive comme tu veux, mais prends conscience que ce qui arrive arrive comme il arrive, et le cours de ta vie sera heureux. 
» (Epictète, Manuel d'Epictète, § 13) 


La « vraie » Philosophie se distingue - par essence - de la Superstition. Elle est la voix et la voie du UN absolu ou Vérité éternelle, tandis que la Superstition sous toutes ses formes se caractérise par son « dualisme » des absolus, à savoir la croyance en l'existence absolue de « deux » absolus : un Créateur ou un principe créateur et sa création. Or, la coexistence de « deux » absolus est une impossibilité absolue par définition, puisque ce qui est « absolument absolu » ne peut-être qu'UN, unique, comme cela se démontre more geometrico à la manière de Spinoza..

Dans ses divers modes d'expression, la Superstition se caractérise donc par l'« absolutisation du relatif », un procédé intellectuellement malhonnête consistant à faire passer mensongèrement pour «absolu» le contenu seulement relatif pensé dans et sur (à propos de) notre monde.

Le penser superstitieux  s'exprime dans la religion, toutes religions confondues - monothéistes ou non -, la métaphysique [Doctrine matérialiste des Aristote, Epicure, Avicenne, Averroès, etc. et du scientisme contemporain, positivistes inclus, ainsi que scolastique idéaliste ou spiritualisme des Descartes, Kant et autres « philosopheurs »],  l'idéologie, toutes les idéologies sans exception - illusion altermondialiste incluse -, et le moralisme [Morale et condamnations moralisatrices des Autres au nom de LA Morale], tous catéchismes réunis, y compris le catéchisme soi-disant universel contemporain ou Déclaration universelle des droits de l'homme, dont seule l'« inobservation » est réellement universelle - sauf à quiconque d'établir le contraire à l'aune du devenir du monde durant les six décennies suivant sa proclamation !
 
« Croyants au miracle » ou non, merci de confronter vos points de vue relatifs à la Vérité éternelle absolue : celle qui a été  exprimée par des penseurs réellement universels, à savoir des mystiques authentiques,  tels le Bouddha et le Christ dans leur Parole non pervertie par la superstition religieuse qui a usurpé leur nom, et de « vrais » philosophes du UN absolu, parmi lesquels Socrate, Platon, Giordano Bruno, Spinoza et leur héritier spirituel, le philosophe juif allemand, Constantin Brunner (1862-1937), dont l'œuvre toute entière témoigne de son combat contre la Superstition sous toutes ses formes .
 
La Vérité éternelle absolue se situe au-delà de notre « relativité » humaine avec son monde relatif, et au-delà  de l'infinité des  relativités infinies avec leurs mondes spécifiques, dont chacun est propre à l'entendendement relatif particulier, qui le pense.
 
La voix de LA Vérité absolue traverse les millénaires et s'élève au-dessus de toutes les Cultures et de toutes les civilisations, sans jamais varier : l'Absolu est UN. Seule LA Vérité absolue est en mesure de mettre un terme définitif, un arrêt indépassable, au penser  relatif de notre monde, et de supprimer toute contradiction et toute incohérence.  Le Vrai, en effet, saurait-il être absolument vrai, dès lors qu'il comporte une seule contradiction ou une idée opposée à lui ?

Notre monde ment, en se présentant fictivement devant nous comme une réalité absolue, comme existant absolument. En réalité, notre monde n'existe que relativement, c'est-à-dire en relation avec notre penser spécifique : en dehors de notre entendement relatif humain, qui le pense, notre monde n'a pas d'existence !

Le mensonge du monde dans ses «croyances au miracle» religieusesmatérialistes, idéalistes, idéologiques et moralistes est colporté par de soi-disant « élites » du monde de l'information, de la politique, de l'intelligentsia et des
associations moralisatrices à sens unique et adeptes du « deux poids, deux mesures », qui n'ont ni l'honnêteté ni le courage intellectuels de confronter leurs points de vue relatifs partisans à LA Vérité éternelle absolue. C'est pourquoi elles sont dénoncées nommément dans le texte, Mensonges et lâcheté des élites, présenté en exergue de la rubrique « Courrier » de ce blog.

 
[Les éventuels défauts de présentation constatés sont indépendants de ma volonté]
 
LIENS :
 
Groupe de discussion MSN Explorer :
 
où figure l'intégralité de la correspondance adressée aux élites dénoncées. 

 

http://www.constantinbrunner.info/blog/blog.htm


Ce lien renvoie à un site canadien dédié à Brunner, qui est l'oeuvre du brunnérien Barrett Pashak 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Le 16 mai 2008

 

 

Objet :

« Ayaan Hirsi Ali, islam, islamisme, islamophobie, "maoïsme" et boycott »

 

 

 Monsieur Bernard-Henri Lévy

 Le Point

 74 avenue du Maine

 75014 PARIS

 Fax : 01 43 21 43 24

 Courriel : support@lepoint.fr


SUITE 

 

[Transition : Pour conclure sur la superstition musulmane en général, j’affirme qu’on ne peut pas parler d’un  « islam des Lumières », déclarer que c’est une « grande religion »  et dire du Coran que c’est un « grand Livre », tout en prétendant comprendre la « vraie » philosophie - sauf à être un « philosopheur », et non un véritable philosophe ! ] 

Monsieur,


C’est pourtant sur cette ambiguïté, en occultant totalement le point capital qui relègue la religion dans le domaine des croyances superstitieuses, que vous distribuez vos bons et vos mauvais points sur les fidèles de l’islam. Vous vous autorisez, en effet, non seulement à distinguer sur un tel fondement superstitieux originel les bons et les mauvais musulmans, en l’occurrence les islamistes, mais surtout à interdire de facto la critique d’une religion au prétexte moralisateur d’islamophobie. Ainsi, aujourd’hui, Voltaire lui-même serait interdit de parler vrai pour ne pas « crisper la communauté des musulmans » (de France) - selon l’expression de Manuel Valls, en son temps.

 

Par le fait de censeurs autoproclamés tels que vous, critiquer cette religion est devenu  le comble de l’abomination moralisatrice dans une république prétendument laïque. Assurément, disposer d’un palais en terre d’islam et en jouir en toute quiétude conduit à faire certaines concessions à l’honnêteté intellectuelle la plus rigoureuse – quitte même à restreindre une liberté d’expression, dont vous vous faisiez pourtant le chantre au cours du « débat de la honte », organisé dans l’émission d’Edwy Plenel, Le monde des idées, diffusée sur LCI le 27 mai 2000 ! ! ! [Cf. lettre du 30 mai 2000, toujours à votre disposition]  

 

J’ai déjà maintes fois dénoncé l’assimilation intellectuellement malhonnête entre la critique légitime d’idées, en l’occurrence les conséquences pratiques d’une religion, et les attaques personnelles contre les musulmans, exactement comme il en va de l’amalgame entre antisionisme et antisémitisme condamné sans ambiguïté par Brunner – lui, assurément, ne volait pas au secours de la superstition religieuse puisqu’en véritable philosophe, il n’avait de cesse d’en dénoncer les dogmes fondateurs – créationnisme et soi-disant libre arbitre d’un créateur, notamment.

 

Pour éviter de me rabâcher, je me limite à reprendre ici un extrait de ma lettre du 4 septembre 2003, dans laquelle, outre mes remarques personnelles sur l’islam et ses pratiques au quotidien, je rapportai les propos de Taslima Nasreen et de Claude Lévi-Strauss sur la superstition musulmane. Vous pourrez ainsi constater que les anathèmes d’islamophobie lancés ici par des « vertueux », tout aussi intellectuellement courageux que vous pour débattre, en l’occurrence Jean-Pierre Raffarin, Noël Mamère et Mouloud Aounit, pourraient également s’appliquer aux déclarations d’une musulmane et d’un juif, puisque, selon vos critères, elles étaient également entachées du même péché islamophobe.

 

En préambule, je m’attachai à montrer la totale incompatibilité de l’islam avec les droits de l’Homme contemporains, en matière de liberté et d’égalité notamment, mais il ne vous était pas interdit, depuis lors, d’établir éventuellement la fausseté des propos suivants :

 

« Tout d'abord, sauf erreur de ma part, l'islam stipule que les lois d'Allah sont au-dessus des lois civiles, si j'en juge d'après des exemples concrets de pays musulmans, tel le "Conseil des gardiens" chargé de veiller en Iran à la conformité des lois civiles à l'islam.

 

Ensuite, la charia, ou loi coranique, bafoue ouvertement le principe d'égalité, si l'on veut bien considérer, sans entrer ici dans les détails, la différence de statut juridique entre l'homme et la femme dans le monde musulman - de quoi faire hurler en principe un régiment de chiennes de garde, pourtant étrangement silencieuses chez nous sur cette question, malgré ce propos de Thérèse Clerc, responsable de la Maison des femmes de Montreuil, déclarant alors sur France Inter : "La burka commence à faire son apparition à Montreuil" ! Quel épanouissement pour la femme, en France, au XXIe siècle ! ! !

 

D'autre part, la fatwa est une atteinte manifeste et incontestable au principe de liberté d'opinion et d'expression, puisque cette pratique terroriste, toujours d'actualité, ne vise rien moins qu'à exterminer quiconque a exprimé des opinions au-delà de la limite "concédée par l'islam". Toutefois, nul ne s'en soucie chez les "politiques" de gauche, tout comme parmi les pseudo-intellectuels et philosophes "droits-de-l'hommiste" médiatisés, anciens communistes, trotskistes, staliniens, maoïstes, etc. - de quoi devenir, en effet, des "spécialistes" en matière d'oppression de la liberté d'expression !

 

Quant à l'appel au djihad lancé encore récemment contre les occupants américains par Saddam Hussein dans une déclaration diffusée par Al Arabiya n'est-il pas le droit revendiqué par l'islam d'éliminer au nom d'Allah les "mécréants", juifs et chrétiens en l’occurrence, en raison de leurs opinions, au mépris des valeurs humanistes, des principes et des lois républicaines ? Cet appel public au meurtre n'est-il pas la preuve de la volonté expansionniste hégémonique de l'islam qui ne recule devant aucun moyen dans ce but (extermination de chrétiens en Indonésie ou au Sud Soudan, par exemple) ?

 

Enfin, que dire de la morale inspirée par l'islam, qui va même jusqu'à interdire à des jeunes filles de certains quartiers de s’habiller à leur guise, sans oublier la pratique des mariages forcés, de la polygamie, des crimes d'honneur, de la lapidation des femmes : autant de procédés, certainement dignes à vos yeux d'une France laïque du 21ème siècle? Ils correspondent sûrement pour vous à une religion pleinement "compatible" avec nos principes républicains de liberté et d'égalité, une religion de paix et de tolérance, comme vous semblez l’admettre, faute de la dénoncer - ou bien, comme je l'affirme, témoignent-ils plutôt de l'obscurantisme d'un autre millénaire (le premier !) ?

  

Sur la prétendue tolérance de cette religion, dont vous nous rebattez les oreilles, Michel Onfray semble en total désaccord avec vous, et je vous rappelle, par exemple, l'interdiction faite à tout non musulman de participer au pèlerinage de La Mecque, ou celle d’édifier des lieux de culte chrétiens dans nombre de pays musulmans, tandis que la France se couvre de mosquées.

 

Toutefois, comme je ne peux pas dire pire pour dénoncer l'islam que Spinoza, Taslima Nasreen et Claude Lévi-Strauss, entre autres, je vous rappelle successivement leurs déclarations sur la superstition islamique :

 

"Je reconnais tout l'avantage de l'ordre politique qu'instaure l'église romaine et que vous louez tant. Je n'en connaîtrais pas de plus apte à duper la foule et à dominer les âmes, s'il n'existait l'église musulmane qui, de ce point de vue, l'emporte de loin sur toutes les autres; depuis l'origine de cette superstition, aucun schisme en effet ne s'est déclaré dans cette église." (Spinoza, Correspondance, Lettre LXXVI à Albert Burgh)

 

"Je ne qualifie pas de civilisé un pays où la liberté d'expression n'est pas respectée. Divers partis politiques utilisent la religion comme un pion pour engranger des votes. La religion est le meilleur outil pour tromper les illettrés, les ignorants et les pauvres.

 

Il faut critiquer l'islam, surtout dans les pays islamiques. Sous l'islam, ni la démocratie, ni les droits de l'homme, ni les droits des femmes, ni la liberté d'expression ne peuvent survivre. Ce dont les pays islamiques ont le plus besoin, c'est d'introduire la laïcité, d'abolir d'urgence les lois islamiques pour sauver les femmes. Sous l'islam, les femmes sont juste considérées comme des esclaves et des objets sexuels, aucune ne peut obtenir le droit de vivre comme un être humain. Si vous voulez réellement du bien aux pays islamiques, vous devez combattre l'islam. Certains Occidentaux font l'apologie de l'islam, expriment leur sympathie envers lui et soutiennent même l'oppression islamique contre les femmes au nom du multiculturalisme. Ce sont eux les véritables ennemis des pays islamiques. En réalité, il n'y a aucune différence entre l'islam et le fondamentalisme islamique. Les fondamentalistes appliquent le véritable islam – propos d'une musulmane qui sait de quoi elle parle..! Les pays islamiques qui utilisent l'islam comme force motrice vont prendre un retard définitif par rapport à l'histoire moderne.

 

On entend beaucoup parler de conflit entre l'Occident et l'Islam. Je ne suis pas de cet avis. En réalité, il y a un conflit entre laïcité et fondamentalisme, entre modernité et anti-modernisme, entre innovation et création, entre esprit logique rationnel et foi aveugle, entre passé et futur -, donc, entre la Culture et l'inculture; et non un choc des incultures - Il y a conflit entre ceux qui aiment la liberté et ceux qui ne l'aiment pas.

 

Dans mes livres, j'ai souvent parlé de la vie scandaleuse du prophète Mahomet, considéré comme un saint par ses fidèles, prêts à mourir pour le suivre. J'ai dû affronter mes amis docteurs qui continuaient à aller prier à la mosquée. Eux qui étudiaient les sciences, comment pouvaient-ils croire une histoire de religion aussi absurde?

 

Je m'étonne qu'il n'y ait personne dans mon pays pour dire: "Je hais vos idées, mais je me ferais tuer pour que vos ayez le droit de les exprimer." Je n'ose rêver d'un Voltaire dans mon pays, mais au moins une petite phrase de quelqu'un, aussi modeste soit-il, ce serait déjà si exceptionnel.

 

Il faut y voir des signes montrant bien que l'islamisation a déjà fait taire ou bloqué tous les esprits." (Taslima Nasreen, le nouvel Observateur, n°1976 du 19 septembre 2002)

 

De son côté, dans un entretien accordé au nouvel Observateur (n°1979 du 10 octobre 2002), Claude Lévi-Strauss a déclaré:

 

"J'ai écrit dans "Tristes tropiques" ce que je pensais de l'islam. Bien que dans un langage plus châtié, ce n'était pas tellement éloigné de ce pour quoi on fait aujourd'hui un procès à Houellebecq. Un tel procès aurait été inconcevable, il y a un demi-siècle; ça ne serait venu à l'esprit de personne. On a le droit de critiquer la religion. On a le droit de dire ce qu'on pense. Nous sommes contaminés par l'intolérance islamique. Il en va de même avec l'idée actuelle qu'il faudrait introduire l'enseignement de l'histoire des religions à l'école. J'ai lu qu'on avait chargé Régis Debray d'une mission sur cette question. Là encore, cela me semble être une concession faite à l'islam : à l'idée que la religion doit pénétrer en dehors de son domaine. Il me semble au contraire que la laïcité pure et dure avait très bien marché jusqu'ici." » [Fin de citation]

 

Ainsi, après ces témoignages sans ambiguïté, déclarer devant Ayaan Hirsi Ali, toujours sous le coup d’une fatwa qui l’oblige à chercher refuge en France, que l’islam est une grande religion, et le Coran, un grand Livre, devrait paraître « indécent » à quiconque, voire d’un ridicule achevé, et vous retirer à jamais l’étiquette usurpée de « philosophe » !

 

Encore un mot sur les islamistes, dont la pensée superstitieuse me semble manifester plus de cohérence que la vôtre. En effet, elle demeure fidèle à une seule ligne directrice, la parole d’Allah en l’occurrence, et de ce fait elle est exempte de contradictions et d’incohérence - hormis celles qui sont inhérentes à la superstition religieuse en général - toutes religions confondues ! Pour éviter quelque méprise de votre part, je tiens à souligner que je ne cautionne nullement pour autant les atrocités et autres méfaits commis au nom d’Allah - bien au contraire !

 

Mais sur le fond, qui pourrait trouver à redire au fait que ces islamistes purs et durs, « croyants » auxquels on a inculqué la parole de Dieu lui-même comme étant la vérité absolue, considèrent que rien n’est au-dessus de cette vérité divine, et qu’ils ne soient donc pas enclins à « relativiser » cette prétendue vérité absolue, c’est-à-dire à renoncer au Verbe originel ?

 

Ainsi, au regard d’Allah, il n’est pas exagéré de prétendre qu’ils seraient jugés comme d’excellents musulmans, sinon les meilleurs – sans entrer ici dans les multiples interprétations de la parole divine, source de contradictions et de conflits inter-musulmans. Attentats exceptés, des croyants d’autres religions se montrent tout aussi intégristes sur le fond, chez les juifs et les chrétiens notamment, et ils s’en tiennent donc fermement à leur Livre tout aussi superstitieux dans ses dogmes.

 

C’est d’ailleurs pourquoi le seul véritable débat en matière de religion ne consiste pas à opposer des points de vue « relatifs partisans » à d’autres tout aussi relatifs et partisans, comme il s’en trouve dans la religion musulmane, chrétienne et juive, mais bien à les confronter, tous sans exception, à LA Vérité absolue exprimée par la mystique authentique et la « vraie » philosophie – celle exposée précisément par Spinoza ! En effet, l’opposition « à l’infini » de points de vue relatifs n’apporte, et n’apportera jamais, aucun arrêt indépassable à notre penser, et encore moins La Vérité absolue, tant que des vérités opposées continuent à s’affronter ! ! !

 

Ainsi en pratique, si je me mets un instant à la place d’un intégriste musulman « archi-convaincu » qu’Allah a apporté au monde la vérité absolue, tout comme le premier fidèle juif ou chrétien le pense aussi de Yahvé ou du bon Dieu, je ne m’imagine pas accepter, de gaîté de cœur, que la parole de mon Dieu, ou prétendue « vérité absolue », ainsi que ses prescriptions au quotidien puissent être remises en cause par de soi-disant réformateurs, « nouveaux penseurs de l’islam » à l’exemple de Rachid Benzine appelant à la rescousse rien moins que Luther et Spinoza pour une possible itchiad, ou réforme de l’islam.

 

Toutefois, je n’entre pas ici dans un débat de fond, qui ne m’intéresse guère en raison de ma position arrêtée - et démontrable ! - sur les religions en général, et sur l’islam en particulier. Je retiens seulement des propos du chef de file de ces nouveaux penseurs qu’il y aurait une « multitude d’interprétations et de significations » dans le Livre musulman, puisque si « le texte est divin, l’interprétation est humaine » : de quoi me conforter, lorsque je dis du Coran qu’il est une véritable « auberge espagnole », même si je n’ai pas eu besoin de les attendre pour ce faire !

 

Pour conclure sur ce point, je ne pense pas que ces nouveaux penseurs de l’islam iront jamais jusqu’à remettre en cause le dogme fondateur, à savoir Allah, en tant que créateur de notre monde. Ceci suffit à laisser l’islam dans le domaine des croyances superstitieuses jusqu’à la fin des temps, et c’est pourquoi Spinoza ne leur sera jamais d’une quelconque utilité.

 

Quant à Luther, il a laissé intact le dogme créationniste de la superstition originelle, et ce ne sont pas les modifications apportées qui ont contribué à unifier la religion protestante. C’est pourquoi, comme je l’ai fait savoir à Bruno Etienne, directeur de l’Observatoire du religieux, les nouveaux penseurs de l’islam n’en ont pas fini d’attendre une réforme dans ce sens unificateur. Elle est, de surcroît, rendue impossible aussi longtemps que n’existe pas une institution musulmane planétaire, semblable à la papauté avec ses conciles, qui prendrait des décisions valant pour l’ensemble des fidèles, et surtout serait en mesure de les faire appliquer dans la communauté mondiale des musulmans – les seuls massacres entre chiites et sunnites au Proche et Moyen-Orient devraient suffire à dissiper pour longtemps cette chimère !

 

Que vous l’admettiez ou non, là aussi, celui qui assistera à la réforme de l’islam n’est pas encore né, puisque l’islam, dans sa diversité, restera incapable de se réformer jusqu’à la fin des temps – sauf à vous ou à quiconque de bien vouloir en préciser la manière ! ! !

 
 A SUIVRE... 



[Les éventuels défauts de présentation constatés après la mise en ligne sont totalement indépendants de ma volonté] 

 

 

 

 

Le 12 mai 2008

 

 Objet :

« Ayaan Hirsi Ali, islam, islamisme, islamophobie, "maoïsme" et boycott »

 

Monsieur Bernard-Henri Lévy

Le Point
74 avenue du Maine

75014 PARIS

Fax : 01 43 21 43 24

Courriel : support@lepoint.fr

 

 Monsieur,


Contraint de monologuer et de me rabâcher, depuis des années, en raison de votre lâcheté et de votre malhonnêteté intellectuelles avérées par une vingtaine de lettres toujours sans réponse à ce jour, je ne peux cependant pas laisser passer sans réagir très vivement, tant vos remarques admiratives sur l’islam et le Coran durant l’entretien accordé par Ayaan Hirsi Ali à Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1, le 11 février dernier, que vos récents bloc-notes publiés dans l'hebdomadaire Le Point [Cf. n°1853 du 20 mars 2008 « Le Tibet, la Chine et l'arme du boycott », et n°1855 du 3 avril 2008 « Boycott, oui, islam et islam »]

Ces interventions, s’ajoutant à beaucoup d’autres déjà dénoncées de longue date, me donnent l’occasion de condamner tout particulièrement, une fois de plus, la teneur « antiphilosophique » générale de votre discours superstitieux, notamment moralisateur, et d’établir l’incohérence d’une pensée qui se caractérise par l’expression de « TOUT et n’importe quoi » – sauf à vous, bien entendu, de démontrer le contraire à l’aune de vos multiples prises de position contradictoires depuis l’époque de vos illusions maoïstes de jeunesse, lorsque le sort du Tibet et des Tibétains était bien le dernier de vos soucis dans vos rêves révolutionnaires ! ! !

J’ai beau chercher dans vos multiples interventions tous azimuts une quelconque cohérence directrice, qualité par excellence de tout véritable penseur, j’en viens même à en trouver davantage chez l’islamiste le plus radical, dès lors qu’il défend la parole de son Dieu - fut-elle une vérité superstitieuse ! Empiler à longueur de temps des affirmations partisanes, notamment communautaristes, ne suffit pas à forger une pensée exempte de contradictions et d’incohérence, susceptible de guider ses contemporains, comme ce devrait être le rôle d’un philosophe digne de ce nom ! ! !

Avant d’en venir au sujet, je me dois, pour la clarté de l’exposé, de vous rappeler - pour la énième fois ! - en quoi la superstition est la conséquence du péché originel de notre entendement pratique. Ce dernier a, non seulement le défaut inné de prédisposer à la généralisation pour la raison déjà exposée par Spinoza, mais surtout d’« absolutiser le relatif » et de renvoyer à l’Idéal le moindre de nos concepts pensés. Absolutiser le relatif consiste à faire passer fictivement pour « absolu », pour certitude absolue, le contenu seulement relatif pensé dans et sur (à propos de) notre monde par notre premier genre de connaissance.

Or cette faculté de notre penser nous sert seulement à vivre, à nous orienter dans notre monde des choses, grâce à sa capacité de penser en concepts génériques des images représentatives, et des abstractions notamment scientifiques (causalité, doctrine du mouvement, atomisme, etc.), respectivement appelées imaginatio et ratio chez Spinoza. En revanche, notre entendement pratique ne nous est d’aucune utilité pour penser « vraiment » sur fondement d’Absolu, comme c’est le cas chez les mystiques authentiques, tels le Bouddha et le Christ dans leur Parole non pervertie par la superstition religieuse qui a fait d’eux les fondateurs d’une religion, et chez les vrais philosophes de l’UN absolu et éternel, parmi lesquels Socrate, Platon, Giordano Bruno, Spinoza et Brunner – sauf à vous, bien entendu, d’établir le contraire !

Seul notre penser superstitieux nous fait prendre des vessies pour des lanternes, le relatif pour l’Absolu. Il s‘exprime dans la religion, toutes religions confondues – monothéistes ou non -, dans la métaphysique [Scientisme matérialiste contemporain - allant même jusqu’à croire au miracle de pouvoir régler « sur mesure » le climat de la planète pour l’éternité ! -, et scolastique idéaliste ou spiritualisme des Descartes, Kant et autres « philosopheurs »], dans l’idéologie, toutes les idéologies sans exception – illusion altermondialiste incluse -, et dans le moralisme [Morale et condamnations moralisatrices des Autres au nom de LA Morale : laquelle ? !], tous catéchismes réunis, y compris le catéchisme soi-disant universel contemporain ou Déclaration universelle des droits de l’homme, dont seule l’inobservation est réellement universelle – sauf à vous ou à quiconque d’établir le contraire à l’aune de l’actualité internationale et du devenir du monde depuis bientôt six décennies !

Ceci étant précisé, votre constante confusion volontaire des facultés de notre entendement, entretenue par un silence obstiné pour servir vos intérêts de toutes sortes, individuels et communautaristes, suffit à vous récuser la qualité de véritable penseur. Un vrai penseur, en effet, distingue radicalement le relatif pensé  - c’est-à-dire le contenu pensé dans et sur notre monde par notre entendement pratique -, de l’Absolu ou Idéal pour la simple raison que ce dernier n’est définitivement pas de ce monde – cf. ce propos du Christ : « Mon royaume n’est pas de ce monde » !

Pourtant, les rêveurs et autres « croyants au miracle » ne désespèrent pas de transposer l’Idéal dans le quotidienDEMAIN certes, toujours DEMAIN, seulement DEMAIN ! -, ainsi qu’il en va avec les promesses de la superstition idéologique. Vous appartenez indiscutablement à cette catégorie, puisque, loin de dénoncer comme étant une aberration intellectuelle et philosophique le soi-disant « ordre juste » de l’ex-candidate socialiste, vous l’avez même soutenue dans cette sornette – vous avez dit « philosophe » ? ! Encore faudrait-il que vous ayez au moins l’honnêteté et le courage intellectuels de défendre vos points de vue  superstitieux pour leur donner un semblant de crédibilité ! ! !

Il en va de même dans les jugements moralisateurs à propos de tout, et particulièrement aujourd’hui en matière de racisme et d’antisémitisme. Là, les censeurs autoproclamés, les gardiens de LA Morale, jugent les Autres au nom de l’Idéal, comme si l’Idéal faisait réellement partie de ce monde et surtout comme si eux-mêmes lui étaient en tout point conformes pour légitimer d’être ses porte-parole ! C’est seulement sur cette aberration intellectuelle et philosophique que se fondent toutes les condamnations moralisatrices en général, et les vôtres en particulier, tandis que les pauvres humains n’en peuvent mais de ne pas être en tout point semblables à l’Idéal dicté par les censeurs et les donneurs de leçons de morale aux Autres - voire imposé par le terrorisme intellectuel de l’époque, qui confond l’Idéal, la théorie, avec la pratique, la réalité de notre nature égoïste humaine, à laquelle n’échappe aucun des six milliards d’humains - hypocrites, censeurs et inconscients compris, ce sont les mêmes individus !

Sur ce dernier point, réduit au silence face à l’Absolu, vous n’en poursuivez pas moins l’œuvre funeste de la superstition moraliste  en colportant ses mensonges et ses « croyances au miracle », notamment les trois fictions sur lesquelles elle se fonde, sans avancer pour autant le moindre argument contraire à mes propos ! Confondre l’Absolu ou Idéal et le relatif, c’est exactement le moyen de tomber dans les divers modes d’expression de la Superstition, ainsi que je pense l’avoir établi à votre encontre dans ma lettre du 11 février 2005, qui avait pour objet « Bernard-Henri Lévy : incarnation de la Superstition », adressée à votre intention aux Editions Grasset - toutefois il ne vous est toujours pas interdit de démontrer le contraire !

Qu’il y ait aujourd’hui comme hier, et assurément demain, pléthore de soi-disant intellectuels et de pseudo-philosophes tels que vous pour colporter des mensonges et des « croyances au miracle » fondés sur le seul penser superstitieux suffit à établir que notre époque, bien qu’elle se croit au comble du modernisme des idées, est en réalité au summum du conformisme superstitieux, tant en matière de religion, que d’idéologie et de moralisme – sauf à vous ou à quiconque de démontrer le contraire, car, personnellement, je pense l’avoir établi, de manière incontestable, dans les centaines de pages répétitives toujours à votre disposition !

Que notre époque soit aussi obscurantiste que ses devancières, ainsi que les siècles suivants en jugeront à l’aune de notre propre examen du passé, ne devrait faire aucun doute pour quiconque au seul vu des prétendues élites d’aujourd’hui dénoncées dans le texte annexé, Mensonges et lâcheté des élites. Assurément, profitant toutes du système médiatique, elles ne vont quand même pas s’entre-dénoncer sur le plan philosophique, et c’est pourquoi leurs débats d’idées se limitent toujours seulement à opposer - « à l’infini » ! - des points de vue relatifs partisans à d’autres, tout aussi relatifs et partisans, mais jamais à les confronter, TOUS sans exception à LA Vérité absolue, qui suffit à les invalider !

Et c’est ainsi que ces soi-disant élites peuvent continuer, tout en se contredisant, à bénéficier d’un immense crédit dans une opinion portée par nature plus à croire qu’à réfléchir - donc incapable de mettre en lumière leurs mensonges et leurs « croyances au miracle » de toutes sortes, en raison de la légitime diversité d’opinions tout aussi mensongères les unes que les autres, car partielles, mutilées et partisanes l

En conséquence, aussi longtemps que vous refuserez d’examiner sur le fond les mensonges et les « croyances au miracle » de la Superstition dans ses divers modes d’expression en exposant vos objections rationnellement et philosophiquement étayées, je serai légitimé à vous accuser, ainsi que tous les faiseurs d’opinion dénoncés, de mentir, de manipuler et de tromper l’opinion.

Les  mensonges de la Superstition sont d’autant plus éhontés qu’ils ont valeur d’éternité par refus de débattre, puisque sans aucune chance d’être démentis publiquement, et ils sont d’autant plus graves qu’ils servent à légitimer vos constantes condamnations moralisatrices partisanes, qui font culpabiliser la France et les Français au nom d’un passé révolu de plusieurs décennies, voire de plusieurs siècles. Assurément, se présenter devant l’opinion en « vertueux », en représentant de l’Idéal sur Terre, est très pratique pour dissuader quiconque de condamner ses propres turpitudes, par exemple les atteintes aux droits de l’homme au Proche-Orient, au Moyen-Orient, sur le continent africain, etc. Ici et là sur la planète, en effet, les congénères des donneurs de leçons antiracistes d’ici s’entretuent à qui mieux-mieux dans d’interminables conflits interethniques, interreligieux ou autres, sans oublier les régimes dictatoriaux et corrompus qui y règnent – alors, vos leçons de morale, merci de les réserver d’abord à votre propre usage !

Seuls votre refus de débattre sur les fictions du moralisme ainsi que le terrorisme intellectuel que vous faites peser sur la France et les Français en vertu de la loi du plus fort – financièrement, médiatiquement et politiquement ! - légitiment vos prises de position. Sinon, la confrontation de vos points de vue relatifs et partisans à LA Vérité absolue suffirait à établir les contradictions et l’incohérence de votre pensée, ainsi qu’il en va de vos propos sur la religion en général, et sur l’islam en particulier, tenus face à Ayaan Hirsi Ali.

Spinoza, en effet, a dû se retourner dans sa tombe, lorsque vous avez déclaré, sur un ton admiratif, à propos de l’islam et du Coran : « C’est une grande religion ; c’est un grand Livre ! » [SIC ! ! !] Vous avez vraiment de la chance de vivre dans un monde de « TARÉS », où la « débilité intellectuelle » de l’époque, a fortiori philosophique, est manifeste, et dans lequel n’importe qui peut affirmer n’importe quoi sans argumenter tout en passant pour un esprit brillant et éclairé.

C’est le cas, par exemple, de vos propos sur un prétendu « islam des Lumières », comme si le Dieu superstitieux des religions n’était pas un gouffre de contradictions, sur la promesse d’établir un ordre juste planétaire, et affirmant qu’une quelconque chose humaine, fut-ce la colonisation, pourrait comporter « exclusivement » du contre, du négatif, des inconvénients ! ! ! [Cf. lettre du 12 décembre 2005, « Vérité coloniale officielle »]

De tels propos inconséquents, tenus publiquement par quelqu’un reconnu officiellement comme un philosophe, devrait conduire l’époque à s’interroger sur le niveau intellectuel et philosophique de ses faiseurs d’opinion. Et ce d’autant plus que ce sont les mêmes qui décident d’un Bien et d’un Mal prétendument absolus, dictant ce qu’il est absolument bien ou mal de penser, de dire et de faire - sans s’encombrer pour autant de leurs contradictions entre les paroles et les actes !

Pour revenir à l’islam, si Ayaan Hirsi Ali, surtout préoccupée par l’oppression des femmes au nom de cette religion, réclamait une analyse critique du Coran, c’est qu’elle ignorait assurément, non seulement les propos de Spinoza dénonçant la superstition musulmane dans sa lettre à Albert Burgh [Cf. Correspondance, Lettre LXXVI], mais surtout sa démonstration more geometrico d’Éthique I, où il établissait que le Dieu-créateur superstitieux est incompatible avec ce qu’il nomme Dieu ou substance, puisque la Vérité absolue est UNE - et pas « deux », forcément !

Qu’Ayaan Hirsi Ali ne connaisse pas la pensée de Spinoza est une chose, mais que Bernard-Henri Lévy, médiatiquement reconnu comme philosophe – fut-ce à tort ! -, n’en tienne aucun compte, c’est une toute autre histoire, car vos louanges sur l’islam vous mettent en porte-à-faux avec la philosophie. Si vous le contestez, je vous mets au défi, en raison de l’incompatibilité dénoncée, de soutenir que l’islam est une grande religion et de démontrer en même temps que vous seriez « réellement » un philosophe !

D’ici-là, en biaisant sur le fond, vous manipulez et trompez l’opinion. Toutefois, je ne développe pas ici l’argumentation philosophique de Spinoza démontrant l’impossibilité absolue par définition de la coexistence de « deux » absolus. Vous ne pouvez prétendre l'ignorer sans vous récuser un statut de philosophe, dont vous jouissez indûment dans une société en rien moins obscurantiste que les précédentes - voire davantage, à en juger par les milliards de fidèles des religions monothéistes, auxquels s’ajoutent aujourd’hui, dans notre époque dite moderne, les milliards de « croyants » en des idéologies promettant de changer le monde et les innombrables tenants du catéchisme des droits de l’Homme, tout aussi crédules ! ! ! C’est à se demander comment un philosophe reconnu peut aussi y croire « vraiment », ou si vous faites seulement semblant, ainsi que j’ai plus que tendance à le penser…

Pour conclure sur la superstition musulmane en général, j’affirme qu’on ne peut pas parler d’un islam des Lumières, déclarer que c’est une grande religion et dire du Coran que c’est un grand Livre, tout en prétendant comprendre la « vraie » philosophie - sauf à être un « philosopheur », et non un véritable philosophe !   

A SUIVRE... 

Le 10 mai 2008

Objet :

« "Garce de vérité" : Philosophie ou Superstition ? »

 

 Monsieur François de Closets

 1, Villa George Sand

 75016 PARIS

 

Monsieur,

 

 

Je vous remercie de votre courrier manuscrit posté le 29 avril dernier, même si, en réalité, il n’exprime qu’une fin de non recevoir à ma lettre du 3 mars 2008 adressée par télécopie aux Editions Arthème Fayard à votre intention.

 

Dans ma lettre, qui avait pour objet « Garce de vérité et bonne conscience », j’avais repris deux expressions de votre livre, Le divorce français, pour attirer votre attention sur les mensonges et les « croyances au miracle » de la Superstition dans ses divers modes d’expression, idéologie et moralisme notamment, afin de les confronter à l’Absolu, à LA Vérité absolue.

 

Sans penser à mal contre vous, d’autant moins que je partage nombre de vos prises de position sociétales – néanmoins, en rien absolues ! -, je ne saurais toutefois accepter, d’un point de vue strictement  philosophique, que vous balayiez d’un revers de plume l’Absolu, LA Vérité éternelle absolue, en procédant par affirmations, non seulement gratuites mais contradictoires, sans le moindre argument d’ordre philosophique contre ce qui est « absolument vrai », autrement dit « vrai de toute éternité ».

 

Ce qui est « absolument vrai » est seulement exprimé par la « vraie » philosophie, au sens où l’entend Spinoza, et par la mystique authentique - celle du Bouddha et du Christ dans leur Parole non pervertie par la foule superstitieuse qui en a fait  les fondateurs d’une religion qu’ils n’ont pas voulu créer. Cet éternellement et absolument vrai est véritablement le seul et unique « invariant » : aujourd’hui comme hier et demain, puisque, même dans des millénaires, il n’aura toujours pas pris une ride – sauf à vous ou à quiconque de démontrer le contraire !

 

Si la totalité de notre « pensé », à savoir tout le contenu pensé par notre entendement pratique dans et sur (à propos de) notre monde, est à jamais relatif, l’Absolu ou Idéal n’est définitivement pas de ce monde et  demeure « en soi » inconnaissable jusqu'à la fin des temps. En conséquence, dans ses innombrables concepts idéalisés, notre penser humain n’a que de pâles reflets du Vrai, du Beau et du Bien absolus, ou idéaux du Vrai, du Beau et du Bien.

 

En effet, si nous ne pouvons pas penser le moindre de nos concepts sans être renvoyés en même temps à l’Idéal du concept pensé (par exemple : homme et homme idéal, femme et femme idéale, bijou et bijou idéal, liberté et liberté idéale ou absolue, égalité et égalité absolue ou idéale, etc., etc.), ces « idéalisations » subjectives, relatives, ne sont, et ne seront jamais, que des copies de l’original « en soi », c’est-à-dire seulement nos représentations « relatives » de l’Idéal ou Absolu - jamais l’Absolu ou Idéal « en soi » !


Il n’en demeure pas moins, cependant, qu'il est impossible d’avoir des représentations, quelles qu’elles soient, d’un « quid » qui n’aurait aucune réalité, aucune existence – d’un « néant » en somme ! Par conséquent, sauf à vous ou à quiconque de démontrer le contraire, nos représentations mêmes subjectives, relatives, attestent que l’Absolu ou Idéal n’est pas seulement une chimère, un quid sans réalité.

 

Pour distinguer celui-ci du Dieu superstitieux des religions et de la scolastique idéaliste, il suffit d’établir les contradictions et les impossibilités de ce dernier conduisant à la croyance en « deux » absolus et en un libre arbitre qui, théoriquement, laissait à ce Dieu le libre choix de créer, ou non, notre monde !  Nous avons donc bien de la chance d'être là  ! ! !

 

Notre penser humain est ainsi fait qu’il nous prédispose à prendre notre monde pour une réalité absolue, c'est-à-dire existant « absolument », alors qu’il n’a d’existence que « relativement » à notre penser spécifique, en dehors duquel il n’a aucune réalité, comme cela peut être démontré - et sauf à vous ou à quiconque d'établir le contraire ! A l'inverse, ce qui existe « absolument », puisque son essence implique nécessairement l’existence, est considéré comme « non existant » par ceux qui le nient – c’est le monde à l’envers !

 

Et ce n’est pas à force de soi-disant « petits pas en avant », comme le croient volontiers les humains, que l’abîme infranchissable entre le relatif, à savoir ce qui n’existe que relativement, et l’Absolu ou Idéal sera comblé. Même pas DEMAIN, à la saint Glin-glin, comme les découvertes successives, et souvent contradictoires, de la Science au cours des millénaires suffisent à l’illustrer. En effet, la vérité officielle scientifique, selon l’expression de Claude Allègre, c’est-à-dire la vérité scientifique absolue, ça n’existe pas – et « ça » n’existera jamais – sauf, encore une fois, à vous ou à quiconque de démontrer le contraire !

 

Nous avons l’illusion de pouvoir connaître, comprendre et expliquer « absolument » notre monde, mais, que vous l’admettiez ou non, dans notre monde humain tout est relatif, rien n’est absolu, à commencer par l'explication scientifique de notre monde – et c'est pourquoi les théories et hypothèses  de la Science ne constitueront jamais un « invariant ». La science est condamnée à la « relativité » jusqu’à la fin des temps, et Albert Einstein, spinoziste convaincu, ne s’y est pas trompé en baptisant ses théories sur l’univers ! ! !

 

Certes, refuser de poursuivre le débat de fond jusqu’à son terme ultime est le meilleur moyen d’avoir toujours raison - dans le « relatif » ! Se contenter seulement d’opposer « à l’infini » des points de vue relatifs partisans, en matière de religion, de métaphysique, d’idéologie et de moralisme, à d’autres tout aussi relatifs et partisans, sans jamais les confronter à l’Absolu, à LA Vérité éternelle absolue, ne leur confèrera jamais aucun caractère d’ « absoluité ». Seule LA Vérité absolue suffit à mettre un terme définitif à notre penser relatif, ou penser du « relatif », en l’invalidant dans sa prétention à exprimer l’Absolu, en dépit d’innombrables contradictions et incohérences. Comment le prétendu « vrai » pourrait-il être « absolument vrai », dès lors qu’il en comporterait une seule, ou que lui ferait face une vérité contraire ? !

 

Seul le penser de l’Esprit véritable, qui n’est pas celui de la superstition religieuse ou idéaliste à la Kant, à savoir le penser spirituel de la vraie philosophie et de la mystique authentique, est totalement exempt d’incohérence, de contradiction, car sa Vérité est UNE, unique - sauf à vous ou à quiconque d’établir le contraire, en commençant par démontrer une quelconque faille dans le raisonnement more geometrico de la première partie de l’Éthique sur ce que Spinoza nomme Dieu ou substance ! Jusqu’ici, en tout cas, aucune des élites dénoncées ne s’y est risquée - pas même un seul de nos prétendus intellectuels et pseudo-philosophes médiatisés, pourtant mis au pied du mur, à maintes reprises ! ! !

 

C’est pourquoi, en raison de leur malhonnêteté et lâcheté intellectuelles,  la Superstition, telle que précisée dans le courrier antérieur, peut continuer à colporter, au fil du temps et des civilisations, les mensonges et les « croyances au miracle » du pensé humain, à savoir le contenu pensé seulement « relatif » de notre entendement pratique [penser d’images représentatives en concepts, et penser des abstractions, notamment scientifiques], que notre penser superstitieux « absolutise fictivement » – mensongèrement, par refus de débattre ! Comme déjà dit, il en va ainsi dans la religion, toutes religions confondues – monothéistes ou non -, dans la métaphysique [Scientisme matérialiste contemporain comme chez Aristote, et pseudo-philosophie theologico-spiritualiste ou scolastique idéaliste des Descartes, Kant et autres « philosopheurs »], dans l’idéologie, toutes les idéologies sans exception – illusion altermondialiste incluse -, et dans le moralisme [Morale et condamnations moralisatrices partisanes des Autres, au nom de LA morale], tous catéchismes réunis, y compris le catéchisme soi-disant universel contemporain ou Déclaration universelle des droits de l’homme.